Les deux co-directeurs, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, renouvelés à la tête du Festival d’Avignon jusqu’en 2013, ont donné les grandes lignes de l’édition 2011, dans une conférence de Presse donnée à Avignon ce vendredi.
L’artiste associé du Festival sera le chorégraphe Boris Charmatz (il posait ce vendredi devant l’affiche du Festival 2011, v. photo). Et force est de constater que la danse sera au coeur du 65è Festival d’Avignon.
La question de “l’enfant dans notre monde” fil rouge du Festival 2011
Boris Charmatz, présentera sa nouvelle création “Enfant”, spécialement conçue pour la Cour d’honneur du Palais des Papes. Dans cette oeuvre, le directeur du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne posera la question de l’enfant dans notre monde, “à la fois sacrifié et sacralisé”. Cette chorégraphie sera suivie par “Levée des Conflits” avec 24 danseurs qui évolueront sur un terrain de football.
La Cour d’Honneur – lieu phare et emblématique du Festival -
sera littéralement squattée par la danse cette année puisque l’événement de cette édition devrait être sans conteste la nouvelle proposition de la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker. Elle offrira un moment exceptionnel avec un spectacle donné à l’aube sur une musique polyphonique du XIVème siècle, avec pour seule lumière celle du lever du jour.
L’enfance sera aussi présente dans les spectacles d’Anne-Karine Lescop, qui présentera “Petit projet de la matière” d’après une chorégraphie d’Odile Duboc et Françoise Michel, un spectacle dansé par des enfants d’une école maternelle d’Avignon. Enfin Rachid Ouramdane viendra compléter le programme de danse de ce 65è Festival d’Avignon.
Le Théâtre ne sera pas en reste
Patrick Pineau qui présentera, dans ce qui sera la première soirée du Festival, sa nouvelle création “Le suicidé” de Nicolaï Erdman, avec à en tête d’affiche son traditionnel compère Eric Elmosnino, une comédie russe écrite sous Staline et longtemps censurée, présentée dans la “Carrière de Boulbon”, qui refait donc son retour (la Carrière n’avait pas été utilisée l’an dernier).
Et du côté des grands habitués: Romeo Castellucci, Arthur Nauzyciel dans une pièce sur Jan Karski – d’après le roman éponyme de Yannick Haenel - résistant polonais pendant le ghetto de Varsovie, Patrice Chéreau avec Je suis le Vent de Jon Fosse – en langue anglaise co-mis en scène avec Thierry Thieû Niang, Wajdi Mouawad avec trois pièces de Sophocle “Les Trachiniennes” “Antigone” et “Electre”, et Guy Cassiers avec une création “Sang et Roses. Le chant de Jeanne et Gilles” sur les destins croisés de Jeanne d’Arc et Gilles de Rais.
Un des chocs annoncés de ce Festival sera à n’en pas douter “Au moins j’aurai laissé un beau cadavre” de Vincent Macaigne, “un artiste “en colère, écorché”, qui proposera sa version de l’Hamlet de Shakespeare. Macaigne vient d’ailleurs de mettre les Bouffes du Nord sens dessus dessous avec “Requiem 3″.
Enfin, côté anecdote, un spectacle musical autour de Jean Genet investira la Cour d’Honneur; “Le condamné à mort” avec Jeanne Moreau et Etienne Daho.
Et tant d’autres choses – la réapparition de Juliette Binoche qui sera “Mademoiselle Julie “sous la direction de Fréderic Fisbach avec Nicolas Bouchaud au Gymnase Aubanel – à découvrir dans l’avant-programme d’ores et déjà disponible sur le site du Festival d’Avignon.
Thomas Gastaldi