CANNES 2012
Compétition

BORING THEM SOFTLY

Un braquage lors d’une partie de poker illégale crée un enchaînement de règlements de comptes au coeur desquels le placide Jackie Cogan va être mandaté par les caïds de la mafia pour tirer au clair les tenants et les aboutissants.

Le souvenir encore prégnant de L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford laissait présager le meilleur pour le nouveau film d’Andrew Dominik, Killing Them Softly, nouveau titre américain à entrer dans la Compétition cannoise. Une histoire de petites frappes, de malfrats, de règlements de compte sur fond d’Amérique pré-Obama – l’intrigue se déroule pendant toute la campagne des dernière élections présidentielles américaines fin 2008, elle se termine d’ailleurs le jour du vote le 4 novembre 2008 – Brad Pitt et James Gandolfini au casting. Bref, on piaffait. Et puis pschitt.

On ne peut pas dire que Killing Them Softly soulève avec lui l’originalité de la forme et du scénario. On connaît quelques maîtres en la matière, et non des moindres. Andrew Dominik nous propose un sous-Scorcese, un sous-Coen, un film qui ne parvient pas et ce, malgré le fond politique un tant soit peu nouveau, à susciter l’enthousiasme, quelques rares scènes provoquent l’émoi, la composition de Brad Pitt en Jackie Cogan tueur à gages moderne sans foi ni loi, est classiquement réussie, mais voilà on attend autre chose de ce type de cinéma. Dominik réussit même l’exploit de rendre James Gandolfini ridicule – une prestation qui fera sans nul doute défaillir tous les fans des Sopranos – et ne parlons pas de Ray Liotta, la caution filmo-mafio-gangstérienne, qui semble être à jamais perdu pour le 7è art, comme si le chirurgien esthétique lui avait retiré son talent en plus de ses liftings.

Mais c’est surtout le propos du film qui est simpliste et discutable. Cette peinture de l’Amérique de la fin des années Bush fils, une Amérique qui aurait en quelque sorte recouvré les mêmes caractères et souffrances du (bon) vieux temps Far West, où la loi du plus fort, du mieux armé et du chacun pour soi tient lieu de règle. Ok, mais bon, on ne va pas très loin dans l’analyse. Une vraie déception à la hauteur des attentes.

KILLING THEM SOFTLY (1h44) de Andrew Dominik. US
Sortie France. 17 octobre 2012
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