L'actualité du Festival de Cannes [et bien plus encore] depuis 2010

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Reprise de la 44è Quinzaine des Réalisateurs à Marseille

Posted on 29 mai 2012

Les cendres de l’édition 2012 du Festival de Cannes sont encore chaudes, mais les reprises des films des différentes sélections débutent déjà.

quinzaine2012

Alors que le Reflet Médicis reprendra la sélection Un Certain Regard à partir de demain mercredi 30 mai, le cinéma marseillais l’Alhambra offrira une rétrospective partielle de la 44è Quinzaine des Réalisateurs de ce mardi 29 mai au mardi 5 juin prochain.

Niché dans les quartiers nords de la Cité Phocéenne, louons ici le travail besogneux et militant de ce cinéma attachant, où les cinéphiles de la région peuvent venir voir à moindre frais (la place en plein tarif n’excède pas 4,50€) des films souvent peu ou pas assez projetés ailleurs (on se souvient que le cinéma a permis il y a quelques semaines de voir ou revoir Le Cheval de Turin de Bela Tarr par exemple). L’Alhambra, associée à la Quinzaine des Réalisateurs depuis des années, participe également activement au Festival Télérama au mois de janvier.

Au programme 13 des 21 films de la sélection 2012 de la Quinzaine avec notamment l’occasion de profiter du réjouissant nouveau film de Michel Gondry The We and The I, Camille Redouble de Noémie Lvovsky - l’une des plus belles comédies “douce-amère” de l’année 2012 à n’en pas douter, ou encore le surprenant premier film de Rachid Djaïdani Rengaine. Pour ne citer que les films vus cette année à Cannes par votre serviteur.

Trois autres films ont soulevé l’enthousiasme des festivaliers et seront au programme de l’Alhambra: le film-fleuve indien Gangs of Wasseypur de Anurag Kashyap (une plongée ambitieuse et réussie de plus de 5h pour une saga proche de celle du Parrain), le nouveau film de Pablo Larrain No, lauréat vendredi dernier du prix Art Cinema Award, et le film d’animation Ernest et Célestine du trio belge Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar, dont on avait adoré Panique au Village en 2007.

Cette reprise débutera ce soir avec la projection d’Adieu Berthe, l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès en présence du réalisateur et du nouveau Délégué Général de la Quinzaine des Réalisateurs Edouard Waintrop (sous réserves).

REPRISE PARTIELLE DE LA 44è QUINZAINE DES REALISATEURS A l’ALHAMBRA
[Programme complet]

Adieu Berthe, l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès (Fra)
mardi 29 mai à 20h30
jeudi 31 mai à 14h
dimanche 3 mai à 16h

The We and The I de Michel Gondry (US)
mercredi 30 mai à 14h
samedi 2 à 20h

Une Famille Respectable de Massoud Bakhshi (Iran)
mercredi 30 mai à 18h30
lundi 4 juin à 18h30

No de Pablo Larrain (Chili)
jeudi 31 mai à 16h
lundi 4 juin à 20h30

Enfance Clandestine de Benjamin Avila (Arg)
jeudi 31 mai à 21h
dimanche 3 juin à 18h30

La Sirga de William Vega (Col)
vendredi 1er juin à 19h
mardi 5 juin à 18h30

Gangs of Wasseypur de Anurag Kashyap (Inde)
samedi 2 juin à 14h (2è partie à 17h)

Rengaine de Rachid Djaïdani (Fra)
mercredi 30 mai 16h30
mardi 5 juin à 20h30

Le Repenti de Merzak Allouache (Alg)
mercredi 30 mai à 20h30 en présence de Merzak Allouache
vendredi 1er juin à 14h

Touristes de Ben Wheatley (GB)
jeudi 31 mai à 19h
samedi 2 juin à 22h

Les Liaisons Dangereuses de Jin-ho Hur (Chine)
vendredi 1er juin à 16h
dimanche 3 juin à 21h

Camille Redouble de Noémie Lvovsky (Fra)
vendredi 1er juin à 21h
dimanche 3 juin à 11h

Ernest et Célestine de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar (Bel)
dimanche 3 juin à 14h

CANNES 2012: Top 5 des émotions de cinéma

Posted on 28 mai 2012

A peine un peu moins de 24 heures après le clap de fin de ce 65è Festival de Cannes, la phase de désintoxication a subitement gagné la plupart des festivaliers; déjà en manque de ces “Quoi, t’as loupé le film kazakh ?” ou encore “Non monsieur, les presse rose d’abord” encore tout frais dans les oreilles, certaines images/moments/émotions de cinéma claquent encore à mon esprit.

L’idée donc d’établir un TOP 5 des familles (c’est un exercice que le docteur m’a prescrit pour ne pas déprimer davantage…).

Inutile donc indispensable.

1. Le regard de Matthew McConaughey lancé à Reese Whiterspoon dans Mud de Jeff Nichols.

2. Jean-Louis Trintigant. Tout simplement.

3. La mise en scène de Cristian Mungiu.

4. La Samaritaine filmée par Leos Carax.

5. Niels Arestrup chez Joachim Lafosse.

CANNES 2012: Bilan et Palmarès

Posted on 27 mai 2012

Les craintes étaient donc bel et bien fondées à l’orée de ce 65è Festival de Cannes. Une année pour le moins creuse, un cru sans éclat malgré quelques pépites, une Quinzaine des Réalisateurs en renouveau.

Mud

Quelques heures avant le Palmarès 2012 rendu par Nanni Moretti et ses jurés, des images nous reviennent et nous hantent. Evidemment, les Beasts of the Southern Wild, un miracle de premier film, un vent nouveau sous le ciel hexagonal avec Rengaine de Rachid Djaïdini, et bien d’autres.

La Compétition, car c’est le nerf de la guerre, est la sélection qui laisse ce goût d’inachevé dans la bouche, une alternative succession de quelques bons films et de films moyens ou inégaux, certains grands talents de metteurs en scène venus avec des projets un cran en-dessous de leur oeuvre. Néanmoins, nous avons pu tout de même nous mettre à la place du Président Moretti et ses jurés pour rendre notre Palmarès. Cannes 2012 est presque mort, vive Cannes 2013.

PALME D’OR
Mud de Jeff Nichols

GRAND PRIX
Amour
de Michael Haneke

PRIX DE LA MISE EN SCENE ex-aequo
Au-Delà des collines
de Cristian Mungiu
Holy Motors
de Leos Carax

PRIX DU SCENARIO
Cosmopolis
de David Cronenberg

PRIX D’INTERPRETATION FEMININE
Marion Cotillard
De Rouille et d’os
(Jacques Audiard)

PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE
Mads MikkelsenLa Chasse
(Thomas Vinterberg)

PRIX DU JURY
Moonrise Kingdom de Wes Anderson

CAMERA D’OR
Beasts of the Southern Wild
de Benh Zeitlin

Mention Spéciale – CAMERA D’OR
Rengaine de Rachid Djaïdini

 

HOLY MOTORS de Leos Carax

Posted on 27 mai 2012

CANNES 2012
Compétition

24H DE LA VIE D’UN POÈTE

Quelque part, une journée dans l’existence de Monsieur Oscar, un voyageur de vie en vie. Il est seul, en limousine, uniquement accompagné par Céline, son fidèle chauffeur. De mission en mission, Oscar se joue de sa propre vérité à la recherche de… à la recherche, un point c’est tout.

Leos is back. Le poète tourmenté et tourmentant, le fils prodigue, mal-aîmé du cinéma français, est de retour avec une oeuvre totale. Dans Holy Motors, il ose tout. Quand bien des créateurs se laissent aller à la facilité, Carax pousse ses limites et emmène avec lui son fidèle écuyer Denis Lavant. L’acteur emblématique du cinéma de Carax connaît, avec Oscar, le personnage de sa vie, ou plutôt les personnages de ses vies.

L’ingéniosité du scénario et l’audace prodigieuse avec laquelle Carax déploie tout son talent, font de Holy Motors un acte d’amour absolu envers le cinéma et le 7è art en général. Grâce à un préambule astucieux, où le metteur en scène des Amants du Pont-Neuf se met en scène lui-même, enfermé puis délivré d’obscurs murs étroits, Leos Carax s’engouffre et s’emploie à raconter une histoire tantôt d’amour, tantôt d’espionnage, tantôt burlesque, tantôt cinéma de genre. Tout y passe, tous les attraits, mais aussi les faiblesses formelles du cinéma sont évoquées. Carax ne se refuse rien, du ridicule jusqu’au sublime – la Samaritaine filmée par Carax me hante encore d’émotion, ou le surgissement de Gérard Manset et de son “revivre” – il fait preuve d’une poésie délicate.

Ironie du sort, Eric Packer, le personnage principal de Cosmopolis interprété par Robert Pattinson se demandait “Où s’en vont les limousines la nuit ?”, il pourra y trouver une réponse dans Holy Motors ou quand les films de la compétition s’interpellent et se répondent. Les apparitions fantomatiques de figures comme Kylie Minogue, Eva Mendes ou Michel Piccoli rajoutent encore un peu à la magie d’Holy Motors.

HOLY MOTORS (1h55) de Leos Carax. Fra
Sortie France. 4 juillet 2012
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MUD de Jeff Nichols

Posted on 27 mai 2012

CANNES 2012
Compétition

ITINÉRAIRE D’UN ENFANT GÂTÉ. OU PAS.

Arkansas. Ellis et Neckbone, 2 copains inséparables de 14 ans, découvrent, lors d’une de leurs navigations quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est le mystérieux Mud : une dent en moins, un serpent tatoué sur le bras, un flingue, une chemise porte-bonheur, et une bateau perché dans les arbres !

Mud, c’était d’abord la grosse surprise lors de la révélation de la sélection cannoise le 19 avril dernier. A peine un an après la tempête Take Shelter, grand triomphateur du 64è Festival de Cannes rétrospectivement depuis le strapontin de la compétition à la Semaine de la Critique, le jeune américain Jeff Nichols, était donc déjà prêt à montrer son nouveau film. Et Mud confirme ô combien le talent du réalisateur.

Quel soulagement de voir un film comme Mud à Cannes ! De l’esprit, de la modestie, une certaine idée de l’humanité aux confins de ce Sud de l’Amérique et du Mississipi, Nichols nous embarque comme des enfants. Pour un script écrit il y a quelques années, il est étonnant de voir combien la jeune génération américaine épouse les mêmes thèmes, les mêmes territoires. Deux des meilleurs films de Cannes 2012 sont très proches dans le caractère: Beasts of the Southern Wild de Benh Zeitlin abordait déjà du côté Un Certain Regard cette terre initiatique aride, ce passage de l’enfance à l’âge adulte, la prise en main directe de son propre destin.

Dans les 2 films, les Beasts… comme Mud, les jeunes acteurs sont stupéfiants. On se met même à rêver qu’une Terre apocalyptique se laisserait repeupler par un couple Ellis (Mud) et Hushpuppy (Beasts…), la rencontre serait électrique mais la Terre sauvée. C’est sûr.

Mud, c’est aussi la résurrection d’un acteur, Matthew McConaughey. Pathétiquement perdu chez Lee Daniels dans The Paperboy, McConaughey est juste, énigmatique, puéril et gauche mais tout simplement coupable de l’une des plus belles scènes du Festival lors de ses retrouvailles fortuites avec Reese Whiterspoon.

Mud est un chef d’oeuvre tranquillle, un film qui coule de source et qui marche sur l’eau, pétri d’onde positive. Et cela ne fait pas de mal après ces 10 jours des fête cinéphilique, qui ne nous garantit pas tous les jours, loin s’en faut, de tels moments de poésie pure.

MUD (2h10) de Jeff Nichols. US
Sortie France. 01/05/13
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LE GRAND SOIR de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Posted on 27 mai 2012

CANNES 2012
Un Certain Regard

PUNK PATATE

Les Bonzini tiennent le restaurant “La Pataterie” dans ue zone commerciale. Leur fils aîné Not est le plus vieux punk à chien d’Europe. Son frère, Jean-Pierre, est vendeur dans un magasin de literie. Quand Jean-Pierre est licencié, les deux frères se retrouvent.

Le Grand Soir c’est d’abord et avant tout une histoire de famille.
Une famille peu ordinaire qui a décidé de faire la révolution à sa manière. Une famille dans laquelle la maman s’appelle Brigitte Fontaine ne peut pas être de toute façon ordinaire et tant mieux. Rajouter à cela les déglingués Poelvoorde et Dupontel en fils perdus, vous obtenez le nouveau cocktail détonnant du duo grolandais Benoît Delépine et Gustave Kervern.
Le film est aussi celui de cette famille artistique de l’absurde et du sans-grade. Il était naturel en somme quand on voit les parcours tortueux de Benoît Poelvoorde depuis C’est arrivé près de chez vous, et d’Albert Dupontel depuis Bernie, que ce duo d’acteurs intègrent cette troupe-là.

Quand Avida lorgnait vers Aki Kaurismäki, ce nouveau film des Delépine/Kervern manque de souffle. Il ose, oui,  mais dans des rails bien droits, un cadre dans lequel le spectateur se sent vite à l’étroit. Malgré un talent évident de dialoguiste et de direction d’acteurs et des scènes qui marqueront la comédie française en 2012, les grolandais signe peut-être leur film le moins punk. Un comble.

LE GRAND SOIR (1h32) de Benoît Delépine, Gustave Kervern. Fra
Sortie France. 6 juin 2012
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COSMOPOLIS de David Cronenberg

Posted on 27 mai 2012

CANNES 2012
Compétition

THE SOCIAL NETWORK redux

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme est chancelant. Eric Packer, golden boy multi-milliardaire s’engouffre dans sa limousine blanche. Une visite du Président des Etats-Unis paralyse tout Manhattan. Rien n’y fait, Packer n’a qu’une idée en tête, traverser la grosse pomme pour aller… chez le coiffeur. Sur ce long chemin, Packer va errer dans sa limousine au gré des rencontres avec ses proches et collaborateurs. Une journée toute particulière.

Tiré du best-seller de Don De Lillo, Cosmopolis était réputé inadaptable depuis sa sortie il y a 10 ans. C’est le maître canadien David Cronenberg qui s’y est attelé. Depuis 2 ans que le projet est lancé – à Cannes en mai 2010 – l’attente était grande: le sujet, par lui-même, rattrapé depuis par l’actualité contemporaine, et la perspective de découvrir la star de Twilight Robert Pattinson dans les chaussons de ce personnage d’Eric Packer. Curieux et impatient, nous l’étions.

Cosmopolis ne laisse pas de marbre. Sous ses abords bavards, tourbillonnants et perturbants, le nouveau film de David Cronenberg ne supporte pas le spectateur passif. Cosmopolis est (très) exigeant. Une sorte de suite morbide et dark de The Social Network de David Fincher dont le film n’est pas sans rappeler la forme. Cosmopolis est dense, complexe, intelligent, un film dont on supportera allègrement une 2è vision rapprochée pour en apprécier le moindre détail.

Robert Pattinson est étonnant. Il signe une partition très sobre, et fait face sans rougir à une galerie de personnages remarquablement interprétés. Juliette Binoche, Mathieu Amalric, et surtout l’immense Paul Giamatti – si le palmarès comportait un prix du meilleur second rôle son récipiendaire serait tout trouvé – ponctuent les rencontres d’un Pattinson omni-présent à l’écran.

Ce voyage “de Pollock à Rothko” n’est pas à mettre entre toutes les mains, mais à conseiller pour des âmes curieuses et audacieuses.

COSMOPOLIS (1h48) de David Cronenberg. Can
Sortie France. 25 mai 2012
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CANNES 2012: du côté des sélections parallèles – 2è partie

Posted on 27 mai 2012

RENGAINE (1h15) de Rachid Djaïdini. Fra
Sortie France. Indéterminée

CANNES 2012
Quinzaine des Réalisateurs

Paris, de nos jours. Dorcy et Sabrina sont amoureux depuis 1 an et sont bien décidés à se marier. Sauf que les quelques 39 (!) grands frères de Sabrina ne l’entendent pas de cette oreille. Leur petite soeur, leur SEULE petite soeur, se marier avec un black et chrétien de surcroît !

Un premier film d’une fraîcheur folle. C’est le sentiment qui l’emporte quand on sort de Rengaine. “C’est frais”. Une histoire des plus simples, comme quoi les moyens ne sont pas tout tant la simplicité de la production du film est criante. Et c’est sans soute ce qui frappe en premier lieu, l’attachement que dégage ce tout petit film en apparence.

En apparence seulement, car le jeune réalisateur Rachid Djaïdini sait y faire, l’animal; des sitautions cocasses qui s’imbriquent bien comme il faut, des dialogues justes et très souvent hilarants. Rengaine ne peut pas davantage s’inscrire dans ce monde actuel, cette France des mélanges, des identités, des incompréhensions et des contraires.

Une sorte de Métisse humble avec une révélation qui crève(ra) l’écran, le subtil Stéphane Soo Mongo.

THE CENTRAL PARK FIVE (1h59) de Ken Burns, Sarah Burns, David McMahon. US
Sortie France. Indéterminée

CANNES 2012
Séance Spéciale – Hors Compétition

CHRONIQUE D’UNE ERREUR JUDICIAIRE

En 1989, 5 jeunes noirs et hispaniques de Harlem furent arrêtés et condamnés pour le viol d’une femme blanche dans Central Park. Ils passèrent six et treize ans de prison avant qu’un violeur en série ne confesse être le seul auteur du crime, conduisant l’exonération des charges qui pesaient contre eux.

Avec en toile de fond, une ville en déclin, dans un climat de violence et de tension raciale, le célèbre documentariste américain Ken Burns revient sur l’histoire de ce crime horrible, de l’empressement des conclusions de la police, des médias en quête de sensationnel, du public outragé, et des cinq vies brisées par cette erreur judiciaire.

Habitué des oeuvres fleuves de dizaine d’heures, on se souvient de son travail sur la Guerre de Sécession ou The War sur la Seconde Guerre Mondiale, présentée à Cannes en son temps, Ken Burns co-signe avec The Central Park Five un film plus mesuré, très bien documenté mais qui manque d’ampleur et d’originalité. Le sujet est fort mais nous préférons Burns dans ses entreprises au long cours.

CAMILLE REDOUBLE (2h00) de Noémie Lvovsky. Fra
Sortie France. 17 octobre 2012

CANNES 2012
Quinzaine des Réalisateurs – Clôture

LES BEAUX GOSSES meet RETOUR VERS LE FUTUR

Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Éric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille…
25 ans plus tard : Éric quitte Camille pour une femme plus jeune.
Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Éric.

Voilà qui pourrait bien ressembler à la bonne surprise française de l’automne ! Camille redouble accumule les qualités comme un bébé des piles de cubes musicaux. Noémie Lvovsky est derrière et devant la caméra dans un sujet casse-gueule: le retour dans le passé, beaucoup s’y sont déjà frottés. On pense surtout avec ce Camille Redouble à Peggy Sue s’est déjà mariée. Lvovsky est bouleversante en quarantenaire tourmentée et désabusée. Le retour à ses 16 ans ne sera que plus cocasse et l’objet de situations inattendues. L’occasion surtout de se replonger avec délice au milieu des années 1980, ses meubles et pulls oranges, ses R5,… et de se délecter d’une galerie de personnages et d’acteurs délicieux, des parents Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, aux profs Mathieu Amalric et Denis Podalydès en passant par l’horloger Jean-Pierre Léaud.

On pense aussi aux Beaux Gosses de Riad SattoufLvovsky et lui c’est un peu la même famille d’ailleurs avec une apparition de l’un et l’autre dans leurs films respectifs et un casting cousin – à cette même faculté d’installer un univers singulier mais auquel on s’identifie tout de suite.

MANIAC (1h30) de Franck Khalfoun. Fra
Sortie France. Indéterminée

CANNES 2012
Séance de minuit

POV REMAKE

Dans les rues de New York, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse.
Frank est le timide propriétaire d’une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l’aide pour sa nouvelle exposition.

Derrière ce projet ambitieux de remake de Maniac, une équipe française: Thomas Langmann et Alexandre Aja, le fils d’Arcady nouveau roi du cinéma de genre aux Etats-Unis depuis quelques années. Ajouter à cela une star comme Elijah Wood à l’affiche et vous obtiendrez une séance de minuit survoltée sur la Croisette.

Passée cette présentation flatteuse, le retour au cinéma est plus rude: une première arnaque, celle de choisir grossièrement la caméra subjective pour épouser le regard de Frank, ce scalpeur fou, mais surtout pour éviter des jours de tournage supplémentaires à Elijah Wood. Montre en main, le légendaire Frodon doit être à l’écran pas plus de 10mn – sur les 1h30 du film on est limite limite dans l’arnaque au générique. Mais bon passons, ce Maniac est gore comme il faut, les filles sont aussi jolies que bien scalpées. On ne pourrait en demander pas moins. Nous oui, la dose de frisson ne suffit pas.

THE WE AND THE I de Michel Gondry

Posted on 27 mai 2012

CANNES 2012
Quinzaine des Réalisateurs – Ouverture

SPEED 3

Dernier de jour de classe. Les élèves d’un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d’adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux… évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité…

Michel Gondry nous a habitué à ne pas jamais trop être là où on l’attend. Lui qui mène actuellement l’épineux et audacieux tournage de l’Ecume des Jours (Cannes 2013 ?) avec un casting français de haut vol (Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy), il en a même profité de son passage sur la Croisette pour y tourner quelques scènes… il ouvrait donc cette sélection de la Quinzaine des Réalisateurs avec The We and The I.

Depuis le Speed de Jan de Bont, les films de bus s’étaient faits plutôt rares… ! Bien en a pris à Gondry de poser sa caméra dans ce bus, tant la vitalité de cette chronique urbaine galvanise le spectateur. Sur des dialogues forcément travaillés avec tous ces jeunes acteurs criant de vérité, Gondry ne nous ennuie pas une seule seconde dans cette heure et demie filmée en quasi temps réel.

Aucun tabou, aucune indulgence non plus n’est éludé par cette bande de lycéens complètement survoltés. La cruauté fait passe à la tendresse et la délicatesse, les blagues potaches font suite aux situations plus graves et lourdes. Un condensé de vie 1000 à l’heure à voir d’urgence dès sa sortie (pas encore déterminée en France).

THE WE AND THE I (1h43) de Michel Gondry. US
Sortie France. Indéterminée
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CANNES 2012: tous les prix déjà remis avant le palmarès

Posted on 27 mai 2012

Bien avant le grand palmarès tant attendu de ce soir, de nombreux prix sont déjà venus récompensés les films de cette année cannoise.

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Sections parallèles, Un Certain Regard, prix de la presse internationale et même queer palm, voici un point sur ces palmarès avant le palmarès.

UN CERTAIN REGARD

Prix Un Certain Regard
Despues de lucia de Michel Franco (Mex)

Prix spécial du jury
Le Grand Soir de Benoît Delépine, Gustave Kervern (Fra)

Prix d’interprétation féminine ex aequo
Emilie Dequenne (Aimer à perdre la raison de Joachim Lafosse)
Suzanne Clément (Laurence Anyways de Xavier Dolan)

Mention Spéciale
Les Enfants de Sarajevo de Aida Begic (Bos)

SEMAINE DE LA CRITIQUE

Grand Prix Nespresso
Aqui y alla de Antonio Mendez Esparza (Mex)

Prix Révélation France 4
Sofia’s last ambulance de Ilian Metev (Bul)

Prix SACD
Les Voisins de Dieu de Meni Yaesh (Isr)

Soutien ACID/CCAS à la distribution
Los Salvajes de Alejandro Fadel (Arg)

QUINZAINE DES RÉALISATEURS

Art Cinema Award
No de Pablo Larrain (Chi)

Label Europa Cinemas
Le repenti de Merzak Allouache

Prix SACD
Camille Redouble de Noémie Lvovsky

PRIX FIPRESCI (presse internationale)

Compétition
Dans la brume de Sergeï Loznitsa (Ukr)

Un Certain Regard
Beasts of the Southern Wild de Benh Zeitlin (US)

Quinzaine des Réalisateurs
Rengaine de Rachid Djaïdini (Fra)

PRIX OECUMÉNIQUE
La Chasse de Thomas Vinterberg (Dan)

Mention spéciale
Beasts of the Southern Wild de Benh Zeitlin (US)

QUEER PALM (prix LGBT)
Laurence Anyways de Xavier Dolan