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Festival de C…..ouilles chez Guiraudie

Posted on 18 mai 2013

La sélection Un Certain Regard a connu une certaine déflagration ce vendredi lors de la projection de l’incroyable nouveau film d’Alain Guiraudie, L’Inconnu du Lac. Un polar-comédie porno-gay.

CANNES 2013
Un Certain Regard | 17 mai

guiraudie

Disons-le tout de suite. C’est le meilleur film vu à Cannes depuis le début du Festival.
Audacieux, provocateur et libre en tout point, Alain Guiraudie s’exonère de toute limite. Paradoxalement, c’est avec son film le plus transgressif a priori – scènes de sexe explicite, fellation, tourniquet d’Istamboul, homme dans homme, homme sous homme, hommes à cheval, homme à quatre pattes,… rien n’est épargné pour les yeux les plus prudes – que Guiraudie signe sans doute son film le plus grand public.

L’objet-film, L’Inconnu du Lac – est un petit miracle de construction. Le sens du rythme – montage et dialogues (ils sont d’une folle justesse). Aucun ennui à l’horizon pour les spectateurs les plus impatients, si ça peut en rassurer quelques-uns, pas de prise de tête auteurante à la française.

Un été dans le midi de la France. Un lac, repaire de mâles en recherche de rencontres masculines et plus si affinités sous buissons. Alain Guiraudie livre tout à la fois, comédie, polar, mélo, sans jamais nous perdre en circonvolutions excessives. Et quand on parle de comédie, L’Inconnu du Lac est souvent extrêmement drôle, alors oui, les bîtes fusent et certaines situations créent l’hilarité par nature, mais on l’a déjà signalé, les dialogues sont d’une précision d’horloger, et la galerie d’acteurs dénichés par Guiraudie font mouche et notamment Patrick D’Assumçao (Henri) dont le phrasé et la placidité ne sont pas sans rappeler un dénommé Jean-Pierre Bacri.

Alors, gardons les réserves d’usage. Les réserves des projections à la chaîne sur la Croisette qui font parfois descendre en flèche les appréciations d’un film pour mieux le réhausser lors de sa sortie en salle. Et vice versa. Laissons redescendre un peu cet engouement général à Cannes pour faire le bilan, d’une part à la fin du Festival, et puis quand le film se frottera au grand public (avec une inévitable limitation de l’âge des spectateurs) lors de sa sortie. On le saura vite, L’Inconnu du Lac sort le 12 juin prochain.


UN CERTAIN REGARD
L’INCONNU DU LAC de Alain Guiraudie
Sortie le 12 juin
3,5

Farhadi: Joue-la comme Sautet

Posted on 18 mai 2013

L’iranien Asghar Farhadi présente son premier film en langue française directement en Compétition trois après le succès planétaire Une Séparation. Un film tourné à Paris avec Bérénice Béjo et Tahar Rahim.

CANNES 2013
Compétition | 17 mai

lepasse

Deux bébés-cannes retrouvent l’air pluvieux de la Compétition cannoise: Tahar Rahim, étoile surgissante d’Un Prophète de Jacques Audiard en 2009, et la délicieuse muette de The Artist aux côtés de Jean Dujardin, Bérénice Béjo, font cause commune et s’affrontent devant la caméra de l’iranien oscarisé Asghar Farhadi.

Polar sans armes, thriller sentimental tranquille et austère (pas une once de musique ne vient ponctuer les 2 heures de film), Le Passé n’utilise aucun artifice pour exposer les méandres deux histoires de couple(s) qui se chevauchent temporellement. Un pivot, Marie (Bérénice Béjo), une histoire qui se termine et une autre qui tente de s’affirmer. Après 4 ans de séparation (sic), Ahmad, qui revient d’Iran pour régulariser sa rupture avec Marie, se retrouvera impliqué malgré lui dans la nouvelle relation de celle qu’il aime toujours.

Asghar Farhadi tient son sujet comme une intrigue policière, sans meurtre ni investigation. Il laisse les personnages s’affronter; en silence (souvent). Des personnages denses, pesants et lourds (trop certainement). Car s’il y a bien une chose que Farhadi sait faire, c’est raconter une histoire. Son histoire, avec un passé, un présent, un futur (qui reste à caution). Le tout à grand renfort de signaux un peu forts, la lourdeur des non-dits, le poids du passé (encore une fois). Le réalisateur iranien nous montre sans cesse combien son scénario est bien écrit, qu’il sait d’où il vient et où il va (ce n’est déjà pas mal, me direz-vous). Farhadi a beaucoup vu les films de Sautet, ça se sent, ça se voit, il y a pire référence, mais n’est pas Sautet qui veut.

Une histoire au service d’une direction d’acteurs comprimée. Ils sont bons, tous les trois, et les jeunes acteurs aussi (mention spéciale pour Jeanne Jestin) mais tellement englués dans une posture écrite à l’avance qu’il ne les laisse en rien montrer autre chose: Tahar Rahim ne se départ pas d’une humeur de chat échaudé les yeux brumeux de tristesse et de pesanteur; alors que Bérénice Béjo la joue dans l’outrance parfois au détriment de nuance souvent. Quand on sait qu’au début du projet Farhadi avait attiré dans ses filets Marion Cotillard pour jouer le rôle principal, mais la Piaf avait dû décliner sa participation assez tardivement, on ne peut s’empêcher de penser que la femme de Michel Hazanavicius à la ville a souffert inconsciemment de la comparaison pour accentuer le trait plus qu’il ne fallait.

Même si l’emotion est au rendez-vous, une émotion douce qui sert le cheminement de l’histoire, même si Asghar Farhadi a une patte, c’est indéniable, et maîtrise à peu près tous les postes du film (mise en scène, scénario, montage,..), c’est un travail presque trop bien fait, un exposé exhaustif mais un peu lassant sur lequel on ne sait pas trop quoi dire. Certes le résultat final est de haut niveau, on aimerait ressentir un peu d’aspérité. Un défaut qui pourrait bien devenir une qualité majeure à l’heure des délibérations du jury cannois.

Un choix de consensus ? On n’est pas à l’abri de le penser. Le film est sorti en salles hier, le jour de sa présentation cannoise, chacun peut donc se faire un avis.


COMPETITION
LE PASSÉ de Asghar Farhadi
Sortie le 17 mai
2

Le Mexique, l’autre pays du cinéma et de la banane flambée

Posted on 16 mai 2013

Premier choc formel du 66è Festival de Cannes, Heli du mexicain Amat Escalante est présenté ce jeudi en Compétition.

CANNES 2013
Compétition | 16 mai

heli2

Le Mexique est un pays bizarre. Trait d’union entre 2 continents, ombre menaçante d’une Amérique apeurée et constructrice de mur mitoyen, mais surtout terre d’une vitalité cinématographique rare. Alfonso Cuaron, Rodriguo Pla, Carlos Reygadas, Michael Rowe, et j’en passe. Amat Escalante s’inscrit dans la lignée directe du chef de file Reygadas (Japon, Post Tenebras Lux), lui qui était assistant réalisateur sur le tournage de La Bataille dans le ciel. Son cinéma percute autant que celui de Reygadas, il invoque, choque mais maîtrise, toujours.

Cartels de drogue, corruption de la flicaille locale à grande échelle, règlements de compte, Escalante filme ce que son pays est devenu et y insuffle la crainte dans tous les plans, la crainte d’être embarqué malgré soi, la crainte de se réveiller une nuit un torchon imbibé d’alcool dans la bouche et prêt à se faire explosé la tronche, la crainte et l’horreur que vont connaître la petite Estela, 12 ans, son frère Heli et son copain .

Maîtrise clinique et sévices insoutenables

Amat Escalante n’est pas un novice de Cannes: ses deux précédents films Sangre (2005) et Los Bastardos (2008) ont connu les honneurs de la Sélection Officielle (Un Certain Regard). Il atteint la Compétition pour la première fois avec Heli. Si la violence fait partie de l’ADN de sa filmographie – l’horreur atteint dans Heli des niveaux jamais atteints chez Escalante: sévices corporels insoutenables, banane flambée (mais pas le fruit), torticolis de chiot à 360°,… - la maîtrise de la mise en scène est encore poussée plus loin. Mais Escalante est avant tout un formidable filmeur; à bonne école avec Reygadas, ses cadres ne laissent absolument rien au hasard, et sont d’une précision diabolique associés à un montage parfaitement huilé.

Amat Escalante est un premier candidat (sérieux) au Prix de la Mise en Scène du 66è Festival de Cannes. Un Prix qui resterait du coup dans l’escarcelle mexicaine; c’est Carlos Reygadas qui l’avait emporté l’an dernier pour Post Tenebras Lux, dans une certaine incrédulité générale sur la Croisette à l’époque (pour le film le plus discuté de la Compétition 2012), avouons-le…


COMPETITION
HELI de Amat Escalante
Sortie (date indéterminée)
2

La Grille de Projections de la 52è Semaine de la Critique disponible

Posted on 1 mai 2013

Première à dégainer son programme complet, la Semaine de la Critique vient de dévoiler la GRILLE DE PROJECTIONS de sa 52è édition. Du 16 au 24 mai, des projections tous les jours à l’Espace Miramar mais aussi au Palais des Festivals, salle Buñuel (5è étage).

En attendant celle de la Quinzaine des Réalisateurs puis celle de la Sélection Officielle (sans doute le 8 ou 9 mai prochain), rappelons ici que Wask vous délivrera – comme à son habitude – une grille de projections exclusive qui regroupera l’ensemble des sélections (Sélection Officielle, Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique et ACID) sur les 7 principales salles de la Croisette (Grand Théâtre Lumière, Salle Debussy, Salle Buñuel, Salle Bazin, Théâtre Croisette Marriott, Espace Miramar et Arcades 1).

A vos agendas…

Hiner Saleem, Lucia Puenzo et Claude Lanzmann complètent la Sélection Officielle

Posted on 26 avril 2013

8 jours après la Conférence de Presse de la Sélection Officielle, l’équipe de Thierry Frémaux vient d’officialiser l’entrée de 5 nouveaux films en Sélection Officielle.

aga

 

Thierry Frémaux avait clairement annoncé la couleur. Il y aurait sous peu quelques ajustements dans la Sélection Officielle, essentiellement pour compléter la sélection Un Certain Regard mais aussi certaines entrées Hors Compétition.

Mais O surprise, nous avons déjà vu que ces ajouts touchaient aussi la Compétition avec Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch.

3 nouveaux films viennent compléter la sélection Un Certain Regard. 2 films dont on avait beaucoup parlé avant les annonces de sélection la semaine dernière et dont l’absence nous avait (un peu) surpris: il s’agit de My Sweet Pepperland (Aga) de Hiner Saleem (qui aurait d’ailleurs été retoqué à la Quinzaine des Réalisateurs) et surtout Wakolda par la réalisatrice argentine d’XXY Lucia Puenzo. Un 19è film vient compléter cette très excitante sélection Un Certain Regard: un premier film allemand Tore Tanzt de Katrin Gebbe.

Enfin, et ce n’est pas vraiment une surprise, Claude Lanzmann présentera Hors Compétition sa dernière oeuvre Le Dernier des Injustes.

Cannes 2013: Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, un 20è film en Compétition

Posted on 26 avril 2013

Un 20è film vient s’ajouter à la liste des films en Compétition: le film de vampires, Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch concourra finalement à la Palme d’Or.

jarmush

 

A la surprise (un peu générale), Thierry Frémaux et son équipe ont décidé d’inclure à la Compétition un 20è film, le très attendu film de vampires du prince de la hype US Jim Jarmusch, Only Lovers Left Alive, avec Tilda Swinton, sera aussi de la course à la Palme d’Or.

Le Délégué Général avait pourtant bien stipulé en Conférence de Presse que les ajouts de sélection ne concernerait que les sections Un Certain Regard et Hors Compétition. Force est de constater qu’un petit caillou s’est glissé dans la chaussure: est-ce que Frémaux envisageait le Jarmush au Certain Regard ou, plus prosaïquement, avait-il des doutes quant aux délais de post-production du film ?

Ce n’est que la première des annonces de compléments de sélection qui devraient intervenir sous peu.

Cannes 2013: Que faut-il attendre des Sélections Parallèles ?

Posted on 21 avril 2013

Après la Conférence de Presse de la Sélection Officielle de Gilles Jacob et Thierry Frémaux, quels enseignements peut-on en tirer à la veille de la révélation des sélections de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des Réalisateurs ? On fait le point.

quinzaine et Semaine

Même si la Quinzaine des Réalisateurs a révélé vendredi le nom de son film d’ouverture avec Le Congrès d’Ari Folman, on ne sait pratiquement rien des 2 sections parallèles cannoises qui ne révèleront qu’en début de semaine leurs sélections respectives (lundi la Semaine de la Critique, mardi pour la Quinzaine).

Si Thierry Frémaux et son équipe de sélection ont tranché dans le vif pour établir une Sélection Officielle plus resserrée qu’à l’habitude, elle a aussi permis en creux de lister les absents dont certains d’entre eux sont de sérieux prétendants aux deux sections parallèles de la Croisette.

Steve McQueen, Bong Joon-ho, les deux grands regrets de Thierry Frémaux

A ce titre, commençons par les absents faute de temps qui n’ont aucune chance de se retrouver reversés au Théâtre Croisette ou à l’Espace Miramar.

Dans cette première liste de (très) grands noms espérés jusqu’au bout du suspense pour certains: Roy Andersson (d’ores et déjà annoncé pour le printemps… 2014), Xavier Dolan, Pascale Ferran, Jean-Luc Godard, Terrence Malick ou encore Bertrand Tavernier. Et surtout, les “deux grands regrets” du Délégué Général du Festival de Cannes et de nombreux festivaliers: Twelve Years a Slave de Steve McQueen, et Le Transperceneige de Bong Joon-ho. Pas de Cannes 2013 pour ces films-là.

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Du côté des pressentis en Sélection Officielle ces dernières semaines mais qui, faute d’ajouts de dernière minutes dans la GRANDE sélection, pourraient se retrouver à la Quinzaine des Réalisateurs ou à la Semaine de la Critique (pour les premiers et deuxièmes longs métrages) on pense notamment à Catherine Breillat (son Abus de Faiblesse avec Isabelle Huppert et le novice Kool Shen ferait son petit effet médiatique à la Quinzaine), Only Lovers left Alive de Jim Jarmush, A Los Ojos de Michel & Vicky Franco, 1001 Grams de Bent Hamer, The Charming Rose d’Eric Khoo, Real de Kiyoshi Kurosawa, Chavez de Diego Luna, les roumains (grands absents de la Sélection Officielle) Corneliu Porumboiu et Cristi Puiu, Suzanne de Katel Quillévéré, le fou catalan Albert Serra, We Come as Friends le nouveau documentaire de Hubert Sauper (après Le Cauchemar de Darwin), Götz Spielmann, A Field in England de Ben Wheatley (v. photo plus haut) et surtout les nouveaux films de Tsai Ming-Liang et du mexicain Michael Rowe, surprenants absents de la liste de Thierry Frémaux.

Salvo et La Fille du 14 juillet in, Hiner Saleem et Riad Sattouf out ?

Plus en rapport avec de potentielles entrées dans les sélections parallèles, certains titres ont déjà (ou presque) validé leur billet. On vous le révélait la semaine dernière, le premier film du duo sicilien Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, Salvo, est annoncé à 99% en sélection de la Semaine de la Critique. De même que La Fille du 14 juillet d’Antonin Perejatko (avec Vincent Macaigne) sélectionné à la Quinzaine 2013 (lu sur le forum du site FilmdeCulte et confirmée par Shellac sur leur Page Facebook).

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Dans les films fortement pressentis à la Quinzaine, on pense à The Dances of Reality d’Alejandro Jodorowsky, Gare du Nord de Claire Simon, L’Etrange Couleur des larmes de ton Corps d’Hélène Cattet et Bruno Forzani (v. photo ci-dessus), et Wakolda de Lucia Puenzo (Grand Prix de la Semaine de la Critique en 2007 avec XXY).
On ne serait pas non plus surpris de retrouver Nude Area d’Urszula Antoniak, le nouveau film du japonais Shinji Aoyama, The Double du britannique Richard Ayoade avec Jesse Eisenberg, Tip Top de Serge Bozon, Eastern Boys de Robin Campillo, La Crème de la Crème de Kim Chapiron, You Can’t Win de Robinson Devor, The Gambler de Szabolcs Hajdu, Réalité de Quentin Dupieux, Hier de Balint Kenyeres, Gerontophilia de l’artiste underground canadien Bruce LaBruce, Berlina’s Chakras de Faruk Loncarevic, Tirez-la langue Mademoiselle d’Axelle Ropert, et Archipelago de Joanna Hogg.

Par contre de grosses incertitudes subsistent sur les films d’Hiner Saleem et Riad Sattouf (Les Beaux Gosses) qui auraient reçu tous deux un accueil pour le moins glacial par les comités de sélection cannois avec leurs nouveaux projets, Aga et Jacky au Royaume des Filles.

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En attendant les premières réponses dès demain, on formule nos 4 souhaits, 4 souhaits aux deux Délégués Généraux, Edouard Waintrop (Quinzaine des Réalisateurs) et Charles Tesson (Semaine de la Crtitique).
Pouvoir voir les nouveaux films de Kelly Reichardt (Night Moves annoncé comme un thriller sur fond d’éco-terroristes), Djinn Carrénard (Faire L’amour après Donoma), Ain’t Them Bodies Saints de David Lowery (v. photo ci-dessus) sensation du dernier Festival de Sundance présenté comme un film à inspiration toute malickienne avec Rooney Mara et Casey Affleck, et Under The Skin de Jonathan Glazer (avec la divine Scarlett Johansson).

Les sélections de la 52è Semaine de la Critique et de la 45è Quinzaine des Réalisateurs seront dévoilées respectivement demain lundi 22 et mardi 23 avril.

Cannes 2013: Sélection Officielle, le jour d’après

Posted on 19 avril 2013

Au lendemain de la Conférence de Presse tenue à l’UGC Normandie, ce qu’il faut retenir des annonces de Thierry Frémaux.

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On l’a assez commenté. Une fois n’est pas coutume, la grand’ messe annuelle des duettistes cannois, le Président espiègle Gilles Jacob – qui a ouvert l’Assemblée en indiquant sa tension artérielle (“un bon 13.7″) – et le Délégué Général Thierry Frémaux grand manitou sélectionneur devant l’éternel qui ne perd jamais l’occasion de démontrer son amour des films qu’il présente et de leurs réalisateur(trice)s, s’est tenue dans un cinéma (fini le faste en temps de crise des salons de palaces parisiens), l’UGC Normandie en l’occurence sur les Champs-Elysées.

Le petit monde de la presse cinéphile s’était donc donné rendez-vous à 11h hier pour écouter une introduction – plus courte que d’habitude – de Gilles Jacob et surtout l’énoncé par Thierry Frémaux des quelques 46 films qui composeront la Sélection Officielle “parmi un total de 1858 films soumis au Comité de sélection”. Le twitto-président s’est même amusé à publier une photo de la salle façon dernier plan de Caché de Michael Haneke sur laquelle on pourrait s’amuser à trouver le coupable, on n’a bien notre petite idée mais on ne soufflera pas le trio en bas à droite composé des twittos de Vodkaster et Accreds, David Honnorat, Christophe Beney et Hendy Bicaise.

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Commençons par la fin en indiquant par avance que “des ajustements seront opérés dans les jours à venir” dans les sélections Un Certain Regard, Hors Compétition et Séances Spéciales. Ajustements qui ne devraient pas concerner la Compétition fixée à 19 films.
Une Compétition sur laquelle nous sommes revenus en détail dès hier et sur lesquels les différents commentateurs ont déjà souligner la prégnance de la production cinématographique dans son sens large: 5 réalisateurs français de nationalité, Valeria Bruni-TedeschiArnaud des Pallières, Arnaud Desplechin, Abdellatif Kechiche et François Ozon, et deux “étrangers” avec 2 œuvres très françaises, le polonais Roman Polanski et l’iranien Asghar Farhadi. 7 films sur les 19 à connotation très hexagonale. Une particularité assez remarquable qui donne déjà le ton de la proposition du cinéma d’auteur mondial cette année. A l’heure, où les débats et polémiques fleurissent par presse interposée, c’est assez cocace.

Si l’on rajoute à cela, un line-up nord-américain qui aura assez peu souvent eu autant d’allure que cette année: 4 poids lourds américains que sont les frères Coen, James Gray, Alexander Payne et Steven Soderbergh, et l’étoile montante de l’une des cinématographies les plus bouillonnantes de la planète, le mexicain Amat Escalante. Vous le voyez comme moi le duel continental se profiler ? 11 films parmi les 19 en compétition. Une domination sans partage, qui sera quoi qu’il en soit, scruté pendant le Festival et surtout le 26 mai prochain lors de l’annonce du Palmarès par le Président américain Steven Spielberg.

Pour les 8 dernières places, des univers très différents, le continent africain rescapé de l’habitué tchadien Mahamat Saleh-Haroun, l’Asie sans coréen cette fois-ci avec le maître chinois Jia Zhang-ke, et les deux japonais, Hirokazu Kore-Eda et Takashi Miike, et une timide Europe avec l’abonné italien de la Croisette Paolo Sorrentino, le danois Nicolas Winding Refn et LA surprise de cette liste en Compétition, le néérlandais Alex Van Warmerdam.

Revenons un instant sur ces 2 dernier titres.
Nicolas Winding Refn revient 2 ans après Drive, de nouveau avec Ryan Gosling en tête d’affiche dans Only God Forgives, dont certains faisaient courir le bruit hier que Thierry Frémaux souhaitait présenter plutôt en Séance de Minuit. Au vu de ce que le Délégué Général présentait hier comme un film “thaï, radical et punk”, on a tendance à croire cette rumeur, Frémaux ayant privilégié une certaine protection vis-à-vis de l’accueil cannois, un écueil à craindre pour l’un des films les plus attendus de la Croisette.
L’autre focus est mis ici sur Borgman de Alex Van Warmerdam, film qu’aucun pronostiquer n’avait vu venir ces dernières semaines mais qui pourrait bien devenir dans un mois l’un des chocs du 66è Festival de Cannes sur une histoire dérangeante par l’un grands artistes formels du cinéma européens.

Borgman

Du côté Un Certain Regard, on a déjà rappelé plus haut, que des ajouts sont à prévoir et que les 15 films annoncés hier seront tout de même à mettre en perspective une fois la totalité de la sélection connue. Néanmoins on peut déjà souligner une présence notable des réalisatrices (6 sur 15 pour une seule en Compétition) – même si l’on n’aime pas trop ici nourrir ce type de débat – et des films longtemps imaginés par beaucoup comme de vraies prétendants à la Compétition. On pense surtout aux films des 2 françaises Rebecca Zlotowski et Claire Denis, dont les scénarios sont annoncés, par ceux qui ont eu la chance de les lire, comme des merveilles. Un Certain Regard a en a pris aussi l’habitude, le dernier Grand Prix en date du Festival de Sundance sera aussi de la partie, Fruitvale de Ryan Coogler. On lui souhaite le même succès qu’aux Bêtes du Sud Sauvages de Benh Zeitlin, révélation incontesté de Cannes 2012 et succès planétaire jusqu’aux Oscars.

5 premiers films dans cette sélection mais aussi les nouveaux longs métrages de Rithy Panh, James Franco, et Sophia Coppola qui, on le savait déjà, fera l’Ouverture d’Un Certain Regard en Salle Debussy le 16 mai avec The Bling Ring.

Enfin, 4 films très prometteurs seront présentés Hors Compétition.
2 grosses productions en projection de gala dans le Grand Théâtre Lumière, le nouveau film de J.C Chandor (Margin Call) All is Lost avec Robert Redford, et le film américain de Guillaume Canet Blood Ties avec Clive Owen et Marion Cotillard.
2 séances de minuit à dominante asiatique sont pour le moment programmées: Blind Detective du hong-kongais Johnnie To et Monsoon Shootout premer film d’Amit Kumar présenté par Thierry Frémaux comme un “film policier, pluvieux, indien, nocturne, et urbain”. Ouf.

Retrouvez l’intégralité de la Sélection Officielle 2013

Cannes 2013: 20 candidats à la Palme d’Or

Posted on 18 avril 2013

Ils sont 20, 20 films qui concourront en mai prochain pour la Palme d’Or. 20 films en Compétition pour un total de 37 heures et 22 minutes de projection pour le jury de Steven Spielberg et les plus courageux des festivaliers. Retour en détail sur ces 20 longs métrages.

UN CHATEAU EN ITALIE de Valeria Bruni-Tedeschi (1h44)
Au coeur d’une famille italienne de la bourgeoisie industielle – qui n’est pas sans rappeler la sienne – les liens se disloquent, un monde s’efface, un amour commence. Valeria Bruni-Tedeschi, pour sa 3è réalisation (Il est plus facile pour un chameau…, Actrices), s’est adjoint les services de Noémie Lvovsky et Agnès de Sacy pour co-écrire avec elle le scénario. Au casting la réalisatrice (encore), Louis Garrel, Xavier Beauvois, le trop rare André Wilms et la mère de Bruni-Tedeschi, Marisa Borini.

INSIDE LLEWYN DAVIS de Joel & Ethan Coen (1h45)

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Dès la publication de son premier teaser, les premières impressions sur le nouveau film des frères Coen Inside Llewyn Davis faisaient état d’un consensus assez unanime: le travail sur la photo de Bruno Delbonnel, le chef op’ de Jean-Pierre Jeunet et du récent Faust d’Alexandre Sokourov, s’annonce impressionnant. Ambiance froide et bleutée pour cette plongée dans le new-york folk & bouillonnant des années 1960. Carey Mulligan, John Goodman et Justin Timberlake entourent le prometteur Oscar Isaac.

MICHAEL KOHLHAAS de Arnaud des Pallières (2h05)
Mads Mikkelsen chez l’orginal et talentueux Arnaud des Pallières (Parc), la rencontre évoquée depuis près de deux ans maintenant a de la gueule. Michael Kohlhaas, d’après l’oeuvre de Heinrich Von Kleist, a pour cadre les Cévennes, au XVIème siècle où un prospère marchand de chevaux mène une vie familiale aisée et heureuse, mais victime d’une injustice, il décide de lever une armée pour rétablir son droit. Un casting européen impressionnant pour épauler la star danoise avec Bruno Ganz, Sergi Lopez, Amira Casar, Denis Lavant et la jeune garde représentée par Paul Bartel et Swann Arlaud pour ne citer qu’eux.

JIMMY P. (PSYCHOTERAPY OF A PLAINS INDIAN) de Arnaud Desplechin (2h)

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Arnaud Desplechin (Esther Kahn, Rois et Reine), l’un de nos auteurs les plus intéressants, s’est lancé dans l’adaptation de l’oeuvre de Georges Devereux, pionnier de l’ethnopsychologie “Psychothérapie d’un indien des plaines”, oeuvre qui hante Desplechin “depuis une vingtaine d’années”. Pour cela, il est parti aux Etats-Unis tourner cette rencontre entre Jimmy Picard (le film a longtemps eu pour nom de code Portrait de Jimmy Picard), un indien névrosé, et son psy (Benicio Del Toro face à Mathieu Amalric).

HELI de Amat Escalante (1h45)
Inárritu, Cuaron, Reygadas, Pla… la nouvelle vague mexicaine est visuellement sans doute ce qui est arrivée de mieux au cinéma mondial depuis une quinzaine d’années. Amat Escalante est l’un des derniers fleurons de cette lignée de créateurs bien habitué déjà de la Croisette: doublement sélectionné Un Certain Regard pour Sangre puis Los Bastardos, Escalante présente Heli comme un savant-mélange de ses 2 premiers films, dans une histoire mêlant cartels, police corrompue, trafic de drogues, et exploitation sexuelle. La comédie à la mexicaine quoi…

LE PASSE de Asghar Farhadi (Fra-Iran)

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Après le succès mondial d’Une Séparation, l’iranien Asghar Farhadi a tourné à Paris son premier film français. Script top secret signé Fahadi pour un casting mêlant Bérénice Béjo, Tahar Rahim, Sabrina Ouazani et des acteurs iraniens.

THE IMMIGRANT de James Gray (2h)

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Vie et tourments d’une immigrée européenne fraîchement débarquée à Ellis Island dans l’Amérique des années 1920. Marion Cotillard poursuit son parcours américain exceptionnellement gâté: Michael Mann, Chris Nolan, Woody Allen, Steven Soderbergh, et maintenant James Gray à son tableau de chasse des réals US de tout premier plan ! Elle aura dans The ImmigrantJoaquin Phoenix et Jeremie Renner comme partenaires.

GRISGRIS de Mahamat-Saleh Haroun (1h40)

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Déjà présent en Compétition en 2010 (prix du Jury) avec Un Homme qui crie, le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun représentera une nouvelle fois le trop rare cinéma africain sur la Croisette avec Grisgris, nom de son personnage principal qui se rêve danseur alors même qu’il a une jambe paralysée. Mais son rêve se brise lorsque son oncle tombe gravement malade, et qu’il doit côtoyer le milieu des trafiquants pour le sauver.

TIAN ZHU DING (A TOUCH OF SIN) de Jia Zhang-ke (2h15)
1966 – 1976 “les 10 années de la grande catastrophe”. Jia Zhang-ke, l’un des plus grands cinéastes de notre temps, qui est l’un des représentants de ceux que l’on appelle la “5è génération” nés pendant la “Révolution Culturelle” chinoise, estime que la chine n’a pas fait correctement son devoir de mémoire sur cette période. Dans la ville de Suzhou, au sud de Shanghaï, Jia Zhang-ke veut dépeindre cette lutte des classes par la violence qui sévissait à l’époque entre bandes rivales qui affichaient fièrement leur slogan sur des tatouages, et qui lui rappelle la Chine d’aujourd’hui. Pour raconter cette histoire récente, Jia Zhang-ke a lancé au début de son projet un grand appel sur internet pour recueillir les témoignages les plus nombreux. Le réalisateur chinois aime à présenter son film comme un “road-movie saupoudré de scènes d’arts martiaux”. On veut bien le croire.

ONLY GOD FORGIVES de Nicolas Winding Refn (1h30)

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Quand nous étions sortis l’an dernier à Cannes 2012 d’une séance surprise concoctée par Thierry Frémaux avec différents bouts de montage directement envoyés par des réalisateurs en cours de tournage, le plus impressionnant d’entre eux avait sans doute été celui de Only God Forgives, le nouvel épisode des aventures de Ryan Gosling au pays du danois Nicolas Winding Refn. Un épisode thaïlandais cette fois pour le duo de Drive. L’extrait en question était teinté d’hémoglobine et de bastons dans les bas-fonds de Bangkok et annonçait comme une évidence que Only God Forgives promettait d’être aussi violent que Drive.  Certaines mauvaises langues racontent que Thierry Frémaux souhaitait projeter Only God Forgives en séance de minuit mais qu’il se serait ravisé par la suite. Quand on entend sa présentation “très prudente” ce matin lors de la conférence de presse, on a tendance à croire cette anecdote.

SOSHITE CHICHI NI NARU (LIKE FATHER, LIKE SON) de Hirokazu Kore-Eda (2h)

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Rares sont les déceptions quand on parle des films du japonais Hirokazu Kore-Eda. Très attaché au sujet de la famille, il approfondit  ce travail passionnant dans Like Father, Like Son, histoire d’une famille bouleversée quand elle apprend que son fils a été accidentellement échangé à la naissance.

LA VIE D’ADÈLE de Abdellatif Kechiche (3h07)

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La réputée glaçante et impénétrable nouvelle icône du cinéma français Léa Seydoux a voulu se confronter au regard intransigeant d’Abdellatif Kechiche (La Faute à voltaire, L’Esquive, Venus Noire). 5è film du réalisateur de La Graine et le Mulet, Le Bleu est une couleur chaude est l’adaptation d’une Bande Dessinée de Julie Maroh, l’histoire d’amour entre deux filles. Prévue au casting de L’Ecume des jours de Michel Gondry, elle avait dû décliner pour pouvoir se mettre à nue devant la caméra de Kechiche. Avec Grand Central de Rebecca Zlotowski (Un Certain Regard 2013) et ce dernier film d’Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux est déjà une des reines de Cannes 2013.

WARA NO TATE (SHIELD OF STRAW) de Takashi Miike (2h05)
Stakhanoviste en chef depuis les années 1990, Takashi Miike habitué à réaliser tout type de format à la chaîne – théâtre, télévision, cinéma – il a puisé dans le V-Cinema (en direction du marché vidéo) ce goût pour l’expérimentation et l’audace. Le Festival de Cannes a déjà honoré Miike en présentant l’an dernier en Séance de Minuit Ai To Makoto, et en faisant même de Ichimei en 2011 le premier film en 3D concourrant en Compétition. Avec Straw Field, Miike semble renouer avec le thriller classique: un serial-killer à gueule d’ange fait l’erreur d’assassiner la petite-fille d’un ponte de la finance. Celui-ci veut se venger en offrant un milliard de yens à qui parviendra à liquider le tueur. Miike devient définitivement un grand habitué du Festival. Le cinéma de genre en Compétition, c’est la Frémaux touch et on apprécie ici. C’est dit.

JEUNE ET JOLIE de François Ozon (1h30)

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L’éveil à la sexualité d’une adolescente de 17 ans qui se prostitue pour le plaisir. François Ozon a trouvé sa muse en la personne de la très belle Marine Vacth. A peine sorti de l’aventure Dans la maison, le stakhanoviste français, qui était déjà en cours de montage de Jeune et Jolie pendant la promo de Dans la Maison, range ce dernier film comme il aime à le faire dans ses “films-portraits béhavioristes et flaubertiens, centrés sur les actes des personnages, leur intériorité” comme Sous le Sable ou Le Refuge. Géraldine Pailhas et Frédéric Pierrot complètent la distribution.

ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmush (US)

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La romance d’un couple de vampires séculaires est troublée par l’irruption dans leur vie de la jeune Ava. Quand la figure de proue du cinéma indépendant Jim Jarmush s’attaque à un film de genre tel que le vampire movie, on se souvient de Ghost Dog et on se met à rêver. Quand on rajoute à cela que Tilda Swinton, Tom Hiddleston, John Hurt et Mia Wasikowska accompagne Jarmush dans cette aventure…

NEBRASKA de Alexander Payne (1h50)
Après Sideways et surtout The Descendants, le réalisateur américain Alexander Payne a apparemment fait une pause sur des projets à dimension oscarisable avec Nebraska. Un père et son fils partis sur les routes entre le Montana et le Nebraska. Road-movie filmé en scope et en noir et blanc avec le légendaire (qui, ironie de l’histoire de ce 66è Festival faisait partie du Gatsby le Magnifique de Tom Buchanan avec Robert Redford en 74), Nebraska a une vraie gueule de (très) bonne surprise.

LA VENUS A LA FOURRURE de Roman Polanski (1h30)
Il était parti pourtant un poil tard dans la course à la Sélection Cannoise – la production a démarré fin novembre 2012 – c’est LA bonne surprise de cette Compétition 2013 (Cette Venus de Polanski trônait d’ailleurs en tête de notre Top 100 des candidats pour le Festival 2013 en février dernier), l’excitante adaptation de l’oeuvre érotique de Leopold Sacher-Masoch (le “masochisme”, c’est lui) La Venus à la Fourrure par le maître Roman Polanski avec Emmanuelle Seignier et Mathieu Amalric (remplaçant au pied levé de Louis Garrel).

BEHIND THE CANDELABRA (MA VIE AVEC LIBERACE) de Steven Soderbergh (1h58)

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Estampillé HBO Films, Behind the Candelabra du stakhanoviste Soderbergh (Side Effects est présenté à la Berlinale 2013 en février) a déjà défrayé la chronique avant même sa sortie américaine. Soderbergh ne souhaitait – pour ce qu’il présente comme son “dernier film” – qu’une présentation Hors Compétition, Thierry Frémaux a insisté et Steven a accepté. Jugé “trop gay” pour être distribué dans les salles outre-atlantique – alors même que les premiers échos font état d’une atmosphère très sombre -, le film qui raconte la longue et tempétueuse relation du pianiste Liberace (Michael Douglas) avec son jeune amant, Scott Thorson (Matt Damon) sera directement diffusé sur HBO aux Etats-Unis (sans passer par la case sortie en salles outre-atlantique). La sortie mondiale est déjà amorcée, ARP a déjà prévue sa sortie France en septembre.

LA GRANDE BELLEZZA (THE GREAT BEAUTY) de Paolo Sorrentino (2h30)

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Paolo Sorrentino est l’un des symboles de la gouvernance Frémaux à la tête de la Sélection Officielle cannoise. Du très bon (Il Divo, 2008) aux plus contestables (This Must be the Place, 2011), tous les longs métrages de Paolo Sorrentino ont trouvé place dans la catégorie reine de la Compétition. La Grande Bellezza ne devrait pas faire exception à la règle pour le retour de Paolo Sorrentino à Rome aux côtés de l’immense Toni Servillo. Ambiance Dolce Vita et douceur romaine attendues dans ce portrait d’un écrivain à succès en panne d’inspiration.

BORGMAN de Alex van Warmerdam (1h58)
S’il y a bien un film que personne n’avait vu venir c’est bien celui-là. Et encore moins dans la reine des sélections de la Croisette. Le néerlandais Alex van Warmerdam, cinéaste exigeant hanté par la peinture et diplômé de graphisme, est un formaliste. Auteur du culte Les Habitants (1992), van Warmerdam présente ce Borgman comme un “thriller horrifique teinté d’humour noir” dans lequel un vagabond vient déglinguer la vie tranquille d’un couple de bourgeois bien installée. L’acteur principal de Borgman est une des grandes figures du théâtre flamand, Jan Bijvoet.

Cannes 2013: la Sélection Officielle dévoilée

Posted on 18 avril 2013

Le monde du cinéma s’est réuni ce matin à Paris à l’UGC Normandie pour assister à la Conférence de Presse du 66è Festival de Cannes (15-26 mai). Avant d’y revenir plus longuement, voici les 46 films en Sélection Officielle (Compétition, Un Certain Regard, Hors Compétition et Séances Spéciales) annoncés par le Délégué Général, Thierry Frémaux.

(19 films en Compétition et des ajustements seront annoncés dans les jours à venir dans les sections Un Certain Regard, Hors Compétition et Séances Spéciales).

Jacob, president of the 64th Cannes Film Festival, and Fremaux, general delegate of the festival, pose in front of the official poster in Paris

66è FESTIVAL DE CANNES. SELECTION OFFICIELLE.

Compétition

Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann (film d’ouverture. hors compétition)

Only God Forgives de Nicolas Winding Refn
Borgman de Alex Van Warmerdam
La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino
Behind The Candelabra de Steven Soderbergh
La Venus à la fourrure de Roman Polanski
Nebraska de Alexander Payne
Jeune et jolie de François Ozon
Wara No Tate de Takashi Miike
La vie d’Adèle de Abdellatif Kechiche
Loke Father, Like Son de Hirokazu Kore-eda
L’Age des Tatouages de Jia Zhang-ke
Grisgris de Mahamat-Saleh Haroun
The Immigrant de James Gray
Le Passé de Asghar Farhadi
Heli de Amat Escalante
Jimmy Picard de Arnaud Desplechin
Only Lovers Left Alive de Jim Jarmush
Michael Kohlhaas de Arnaud Despallières
Inside Llewyn Davis de Joel & Ethan Coen
Un Château en Italie de Valeria Bruni-Tedeschi

Zulu de Jérôme Salle (film de clôture. hors compétition)

Un Certain Regard

The Bling Ring de Sophia Coppola (film d’ouverture)
Grand Central de Rebecca Zlotowski
Sarah préfère la course de Chloé Robichaud
Anonymous de Mohammad Rasoulof
La jaula de oro de Diego Quemada-Díez
L’image manquante de Rithy Panh
Bends de Flora Lau
L’inconnu du lac de Alain Guiraudie
Miele de Valeria Golino
As I lay dying de James Franco
Norte, Hangganan ng kasaysayan de Lav Diaz
Les salauds de Claire Denis
Fruitvale de Ryan Coogler
Wakolda de Lucia Puenzo
My Sweet Pepperland de Hiner Saleem
Fruitvale Station de Ryan Coogler
Tore Tanzt de Katrin Gebbe
Death March de Adolfo Alix Jr.
Omar de Hany Abu-Assad

Hors Compétition

All Is Lost de J.C Chandor
Blood Ties de Guillaume Canet
Le Dernier des Injustes de Claude Lanzmann
Blind Detective de Johnnie To (Séance de Minuit)
Monsoon Shootout de Amit Kumar (Séance de Minuit)

Séances Spéciales

Otdat Konci de Taisia Igumentseva
Seduced and Abandoned de James Toback
Week of a Champion de Roman Polanski
Stop the Pounding Heart de Roberto Minervini
Muhammad Ali’s Greatest Fight de Stephen Frears
Max Rose de Daniel Noa