L'actualité du Festival de Cannes depuis 2010

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Cannes 2016 : Après l’Officielle, que doit-on attendre des Parallèles ?

Posted on 17 avril 2016

Jeudi 14 avril. Thierry Frémaux égrène la quasi-intégralité des (49) films qui composeront la Sélection Officielle du 69e Festival de Cannes. À la veille du dévoilement de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des Réalisateurs, bilan et perspectives dans les sections parallèles.

L’écueil 2015 était semble-t-il dans toutes les têtes de l’équipe de sélectionneurs autour de Thierry Frémaux. Finies les récupérations en chaîne du côté de la Quinzaine des Réalisateurs comme l’an dernier, Arnaud Desplechin et Philippe Garrel en tête, « grâce » à la tentative infructueuse de « renouvellement » des têtes en Compétition – Valérie Donzelli, Guillaume Nicloux. Comme un symbole 2016, Bruno Dumont : la récup à l’envers vers la Sélection Officielle pour l’une des premières réussites du mandat du Délégué Général de la Quinzaine Edouard Waintrop en 2014 avec la saga P’tit Quinquin.

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Des miettes pour les sélections parallèles ?

La Sélection Officielle a frappé fort. Il n’y a qu’à voir le niveau atteint par les relatives mineures Séances spéciales projetées en Salle du Soixantième, même là le programme est plus qu’alléchant : Rithy Panh, Paul Vecchiali et même Jean-Pierre Léaud en Louis XIV chez le fantasque ibérique Albert Serra. Excusez du peu.

Alors, à quelques heures du dévoilement des sélections parallèles (la Semaine de la Critique lundi 18, la Quinzaine des Réalisateurs mardi 19), il est facile de piocher dans la liste des absents de l’Officielle pour en esquisser des sélections hypothétiques. Dans cette catégorie, trois types de films : 1/ les potentiels compléments gardés sous le coude visionnés ou en passe de l’être, 2/ les déçus de se voir proposer un strapontin au Certain Regard par exemple, 3/ les sélectionnés d’office à la Quinzaine et à la Semaine.
Dans la 1ère catégorie, trois poids lourds candidats au 21e hypothétique fauteuil en Compétition : Asghar Farhadi, Emir Kusturica et la française Katell Quillévéré. Si on ne voit pas les deux premiers accepter un lot de consolation à la Quinzaine des Réalisateurs en cas de non sélection dans la catégorie reine, on imagine bien Réparer les vivants pourquoi pas ouvrir la Quinzaine le 12 mai prochain.
Dans la 2e catégorie selon nos informations, Amat Escalante et Kiyoshi Kurosawa ont tous les deux refusé un basculement à Debussy au Certain Regard et se retrouveront en Compétition à Venise en septembre prochain. Le même sort est à craindre pour Marco Bellocchio.

Une Quinzaine « italienne »

Dans la 3e catégorie, seraient bookés à la Quinzaine des Réalisateurs, Kim Nguyen, Wayne Roberts, Alejandro Jodorowsky, Morgan Simon, Julia Ducournau, Antonin Peretjatko, Claude Barras, Rachid Djaïdani et le film posthume de Solveig Anspach. Les journalistes transalpins, qui s’étaient émus le 14 avril de l’absence de témoins de la « renaissance » du cinéma italien (comme l’a très justement signalé une journaliste lors des Q/R en conférence de presse), devraient pouvoir goûté au Palais Croisette cette année avec les nouveaux films de leurs compatriotes, Paolo Virzi, Alessandro Comodin et Andrea Molaioli. Et comme évoqué plus haut, Edouard Waintrop et son équipe de sélectionneurs ne seraient pas contre attirer dans leurs filets les grands perdants de la conférence de presse de Thierry Frémaux, Katell Quillévéré, Arnaud des Pallières et Pablo Larrain. Seule certitude côté français, on ne retrouvera à la Quinzaine ni Bertrand Bonello (en route vers Locarno) ni Stéphane Brizé.

Plus guère de doute par contre du côté de la Semaine de la Critique qui devrait ouvrir ses hostilités avec Victoria le nouveau film de Justine Triet, et dans laquelle on devrait découvrir les films de Sébastien Marnier, Mehmet Can Mertoglu et un film collectif dont un segment serait l’oeuvre de Laëtitia Casta.

Fin du suspense cette semaine…

100 films pour Cannes 2016 : le prologue

Posted on 13 mars 2016

Les comités de sélection cannois dévoileront dans un mois la liste des films qui défileront sur la Croisette en mai prochain. Le temps de notre Top #100filmspourcannes est arrivé !
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Sélection OfficielleQuinzaine des RéalisateursSemaine de la CritiqueACID, c’est plus de 100 longs métrages qui auront les honneurs d’une sélection en mai prochain. Tapis rouge de gala ou strapontin de sections parallèles, les places au soleil sont précieuses.

Les règles du jeu

Au petit jeu des pronostics qui agite la planète cinéma sitôt le festival terminé, l’on s’est fait une spécialité d’égréner une grande revue d’effectifs des 100 prétendants entre habitués, rookies, et surprises du chef. Depuis le mois de février, le site américain Indiewire a dressé la liste de ses 20 envies avec les grands favoris des bookmakers, et plus proche de nous Télérama, Paris Match, ou le bien informé Cineuropa ont déjà délivré leurs prédictions pour le cru 2016.
Parmi nos belles trouvailles l’an dernier, Lamb du jeune éthiopien Yared Zeleke, El Abrazo de la Serpiente de Ciro Guerra, ou le césarisé Fatima de Philippe Faucon. Cette année, notre top 100 préfigure un cru cannois d’ores et déjà exceptionnel. Certains grands noms semblent même avoir littéralement snobé Berlin cette année pour optimiser leurs chances pour Cannes.

100 films, 34 nationalités, 24 premiers films

Au programme de notre classement, une traversée à travers les cinématographies du monde entier avec 100 oeuvres en première mondiale, ou du moins « non exploitée hors de son pays d’origine ni dans un autre Festival » dixit le règlement pour pouvoir postuler à la Compétition en Sélection Officielle. Un voyage à la croisée de 34 nationalités différentes (pour pas moins de 24 premiers longs métrages).
Et n’en déplaisent à Bolloré et consort, même si la fête s’annonce (un peu) moins folle depuis que Canal+ a annoncé son intention de réduire sa voilure, exit le plateau du Grand Journal sur la plage du Martinez (que va bien pouvoir faire notre arrivage journalier de badauds entre 19h et 21h ? – ndlr) – exit le patio de la pantiero et sa fête du samedi soir, les vraies stars du Festival s’appellent (et continueront de s’appeler) Naomi Kawase, Jeff Nichols ou Andrea Arnold, sans qu’elles ne soient dérangées rue d’Antibes.

Quelques poids lourds avaient surpris leur monde en 2015 en terminant sur le fil leurs films à temps (Jacques Audiard, Hou Hsiao-hsien, Jia Zhangke). En sera-t-il de même cette année pour certains « habitués » encore en tournage ou à peine en production (Michôd, Farhadi, Larrain, Coppola, Gray, Malick, Kechiche, Lapid, Loznitsa…). Rien n’est moins sûr, mais on ne se privera pas de tenter le pari de certains d’entre eux dans notre classement.

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100 candidats | 5 épisodes

5 articles à venir pour patienter encore un peu avant les annonces officielles mi-avril, 20 films par épisode et un décompte hitchcockien dont vous avez maintenant l’habitude. Stay tuned.

A (re)lire >> les 20 films classés de 100 à 81.
A (re)lire >> les 20 films classés de 80 à 61.
A (re)lire >> les 20 films classés de 60 à 41.
A (re)lire >> les 20 films classés de 40 à 21.
A (re)lire >> les 20 films classés de 20 à 1.

Donzelli, la vacuité est déclarée

Posted on 20 mai 2015

Chronique à Cannes #6 // La Croisette se remet petit à petit du Weerasethakul. Depuis, quelques belles surprises à signaler, – colombienne, suisse et mexicaine -, un exercice de style réussi (Villeneuve) et des sifflets pour Donzelli.

Mardi 19 mai. Tout le jury nous est passé devant à la sortie du Valérie Donzelli dans la Grande Salle du Palais : les présidents Coen et leurs moitiés (Frances McDormand en tête), Guillermo Del Toro et sa femme dont on pouvait voir poindre une larme au coin de l’oeil, une conjonctivite sans doute, (les divines) Sophie Marceau, Sienna Miller et Rossy De Palma, puis le ténébreux Jake Gyllenhaal. On ne peut pas dire que l’enthousiasme débordait de leurs mines. On y revient dans les lignes qui suivent.

Famille décomposée. Valérie Donzelli s’est attaquée à une histoire chère aux bas-normands du Contentin, l’histoire de Marguerite et Julien de Ravalet, coupable de vivre une histoire d’amour entre frère et soeur dans leur château de Tourlaville au XVe siècle. Donzelli la joue en famille, encore avec Jérémie Elkaïm son ex-futur compagnon, leur aîné Gabriel qui incarne Julien de Ravalet enfant. Et tout ce petit monde se prend pour Sofia Coppola revisitant Versailles, Le Petit Trianon et Marie-Antoinette. Ici point de Air mais des retouches signées Warren Ellis (la BO de The Assassination of Jesse James tourne à plein), les anachronismes font loi, hélicoptères, radios, vinyles… En conférence de presse, la réalisatrice de La Guerre est déclarée a confié avoir tourné le film comme un clip. On veut bien le croire. On savait la production très tardive pour les délais cannois mais le rush des dernières semaines n’a pas dû aidé à rendre une copie convenable. Tiré d’une histoire très forte, le film nous laisse de marbre, frisant le ridicule parfois – les déguisements de la fuite et les balades en âne-nain feront date – pas une seconde on ne se prend à croire à cette idylle incestueuse. Dommage, on aurait bien aimé soutenir le Contentin par procuration. A bon entendeur…

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Undercover. Denis Villeneuve n’était pas venu à Cannes depuis Polytechnique, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Le canadien (Incendies), valeur sûre du cinéma d’auteur d’action à Hollywood depuis quelques années (Prisoners), connaît les joies de la Compétition pour la premières fois avec Sicario. Au casting, un trio de choix, Emily Blunt, Josh Brolin et surtout Benicio Del Toro, magnétique tout le long du film, aussi mystérieux et dangereux que Javier Bardem dans No Country For Old Men. Sicario lorgne vers de nombreux genres, le film de frontière se baladant entre les Etats-Unis et le Mexique, les film de vengeance, le film de cartels et même les les films d’assaut au regard vert grâces aux séquences de missions embarquées en séance nocturne remise au goût du jour par Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow. Même si le scénario n’est pas l’atout majeur du film, Villeneuve et le chef op’ Roger Deakins (photo dingue) ont signé une mise en scène chirurgicale. Deux scènes qui feront date : les deux traversées de frontières : sur le pont et dans le tunnel. Des modèles du genre.

villeneuve

On a vu aussi. Un premier long métrage magistralement mis en scène La tierra y la sombra du colombien César Augusto Acevedo présenté à la Semaine de la Critique, dans le lequel un vieil homme revient dans la maison familiale de son fils très malade pour aider la famille. De nombreux non-dits ressurgissent dans un environnement pour le moins exceptionnel, une maison isolée et gagnée par d’immenses plantations de cannes à sucre. Un candidat sérieux à la Caméra d’or. Lionel Baier est suisse, et présentait en sélection ACID La Vanité, son deuxième long métrage, avec Patrick Lapp et Carmen Maura. Un vieil architecte hautain et orgueilleux prend une chambre dans un motel quasi désert. Une femme le rejoint. Un jeune homme se prostitue dans la chambre mitoyenne. Un mystérieux dialogue s’installe dans ce ménage à trois. Motel hitchcockien, situations loufoques et hors du temps à la Pascal Thomas, Baier manie les décalages et se joue avec amusement des faux-semblants. Le Mexique est désormais l’un des pourvoyeurs principaux des grands Festival de cinéma à travers le globe : Reygadas, Inarritu, Cuaron, Escalante, Rowe, il faudra aussi compter avec David Pablos. Las Elegidas, ces élues dont on parle ce sont ces jeunes femmes prostituées de force appâtées qu’elles sont par leurs petits amis; ce film dit de frontière basé à Tijuana compile les thèmes forts et omni-présents du cinéma mexicain moderne, hyper-violence, corruption, bordels, cartels, le cocktail est réussi (le film est en deçà de ses prédécesseurs, Reygadas ou Escalante par ex., en terme de provocation), la mise en scène brillante. Une vraie bonne surprise.

Dans le prochain épisode : Brillante Mendoza, Patrick Wang, Paolo Sorrentino et Jia Zhang-ke…

Cannes 2015 : la grille de projections signée Wask

Posted on 9 mai 2015

L’édition 2015 de la grille de projections signée Wask est disponible : toutes les sélections, toutes les séances projetées dans les huit salles principales de la Croisette. Ne me remerciez pas, imprimez et en avant les noeuds à la tête !

Cliquez ici // La grille wask cannes 2015
Reprise de la Compétition – dimanche 24 mai

Maintenant que toutes les sélections ont publié leur programme, place aux choix et aux dilemmes.

Il n’existait pas jusqu’à présent de document générique simple et clair regroupant pour une journée une vue d’ensemble des différentes projections. On ne peut plus le dire depuis quelques années. Retrouvez chaque année sur Wask la grille-maison avec la Sélection Officielle – Compétition, Un Certain Regard, Hors Compétition, Séances Spéciales, Cannes Classics, et les séances de presse -, la Quinzaine des Réalisateurs, la Semaine de la Critique et la sélection ACID.

Cette année, 325 projections répertoriées sur les 8 salles de la Croisette à 1km à la ronde autour du Palais des Festivals: 5 dans le bunker – Grand Théâtre Lumière, salle Debussy, salle du Soixantième, salle Buñuel et salle Bazin – et à l’extérieur sur la Croisette le Théâtre Croisette JW Marriott, l’Espace Miramar et le cinéma Les Arcades.

grille

Mais si vous préférez (encore) vous empoissonner la vie, les programmes officiels des différentes sélections sont en ligne…

Sélection Officielle
Sélection Officielle – séances de presse (code presse)
Quinzaine des Réalisateurs
Semaine de la Critique
Sélection ACID

A vos stabilos et vos ratures et très bon Festival 2015 !

Cannes 2015 : les dates des Conférences de presse connues

Posted on 24 mars 2015

Passée l’annonce de l’affiche 2015 célébrant Ingrid Bergman, place aux Conférences de presse des différentes sélections. Elles auront lieu du 16 au 22 avril.

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jeudi 16 avril. Conférence de presse de la Sélection Officielle menée par Thierry Frémaux et le nouveau Président Pierre Lescure au cours de laquelle seront révélés une cinquantaine de films : Compétition, Un Certain Regard, Hors Compétition, Séances de Minuit, Séances Spéciales. Pour la composition du Jury des frères Coen, rien n’est moins sûr pour une annonce à cette date.

lundi 20 avril. Conférence de presse de la Semaine de la Critique avec le Délégué Général Charles Tesson : la sélection de la 54è Semaine de la Critique sera dévoilée (7 longs métrages en compétition, 4 ou 5 en séances spéciales, et une dizaine de courts métrages en compétition)

mardi 21 avril. Conférence de presse de la Quinzaine des Réalisateurs avec le Délégué Général Edouard Waintrop : la sélection de la 47è Quinzaine des Réalisateurs sera dévoilée (une vingtaine de longs métrages en compétition, 2 ou 3 en séances spéciales, et une dizaine de courts métrages en compétition)

mercredi 22 avril. Conférence de presse de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) : sélection d’une dizaine de longs métrages.

Jury de la 54è Semaine de la Critique : Ronit Elkabetz présidente

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Entourée de quatre personnalités internationales, chacune représentative des métiers du cinéma : Katell Quillévéré (cinéaste), Peter Suschitzky (directeur de la photographie), Andréa Picard (programmatrice au Festival International du Film de Toronto) et Boyd van Hoeij (journaliste), l’israélienne remettra trois prix : le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4 pour les longs métrages, le Prix Découverte Sony CineAlta pour les courts métrages.

On se souvient que Ronit Elkabetz avait ouvert la Semaine de la Critique en 2008 avec le deuxième volet de sa trilogie, Les Sept Jours. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, son troisième long métrage, Le Procès de Viviane Amsalem, lui a valu en janvier dernier une nomination aux Golden Globes 2015 dans la catégorie Meilleur film étranger.

 

 

Le retour de l’étalon mancunien chez Yann Gonzalez

Posted on 21 mai 2013

C’était sur la papier LA curiosité du Festival de Cannes 2013. Qu’allait donner le premier essai au long métrage du français Yann Gonzalez, Les Rencontres d’Après-Minuit au casting le plus improbable toutes sections confondues: Eric Cantona, le fils Delon (Alain-Fabien), Béatrice Dalle,…

CANNES 2013
Semaine de la Critique | 20 mai

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Les Rencontres d’Après-Minuit fait partie de ces films qui, à la seule lecture de LA ligne de pitch, chatouille déjà les sens: « Au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie. Sont attendus La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent. »

Si l’on rajoute à cela que Yann Gonzalez fait partie de ces jeunes réalisateurs à l’univers peu commun, inventif et osé, qui a annoncé la couleur (prometteuse) avec ses courts métrages, et qu’il s’est entouré pour ce premier long d’une équipe de dingue…! Au casting, Eric le king Cantona as L’étalon, Nicolas Maury frapadingue et grandiose as la gouvernante, Niels Schneider (révélé chez Xavier Dolan dans Les Amours Imaginaires) et Kate Moran as le jeune couple, Fabienne Babe as la star, Alain-Fabien Delon as l’adolescent, Julie Brémond as la chienne, et Béatrice Dalle dominatrice as la commissaire SM. Pour être vraiment exhaustif, Rebecca Zlotowski a aidé Yann Gonzalez à l’écriture du scénario et des dialogues, et M83 a délaissé les plateaux hollywoodiens d’Oblivion pour signer la bande-son ultra soignée des Rencontres… (Anthony Gonzalez de M83 n’est autre que le frère de Yann).

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Certains y trouveront des contours ultra-branchouilles à la limite de l’entre-soi, on n’en est effectivement pas très loin, mais c’est contre-balancé constamment par une intelligence rare, où l’on oscille toujours entre le grotesque et le sublime sans jamais tomber dans le travers de la caricature. Quand on est capable de laisser parler l’étalon Cantona dans un monologue en passe de devenir culte, de sa difficulté depuis l’enfance à se mouvoir avec un attribut sur-dimensionné, « ma bîte a une existence propre » en marseillais dans le texte. Juste épique. Son arrivée d’ailleurs, annoncé par l’aboyeuse gouvernante « C’est l’étalon » avec sa gouaille bien connue à la Castellane de la cité phocéenne est une des choses les plus drôles que l’on ait vu depuis longtemps sur un écran de cinéma.

Le plus jouissif dans tout cela reste la liberté et la confiance que tous ces acteurs ont eu l’air d’avoir donné à Yann Gonzalez. A l’économie la plus stricte en terme d’artifice, Gonzalez complète cela par une formidable direction d’acteurs, une sorte de meneuse de revue façon Line Renaud au Casino de Paris, rôle dont le prolongement à l’écran semble être tenu par Nicolas Maury qui s’affirme décidément comme l’un des acteurs les plus prometteurs de sa génération.

On pourrait en dire encore et encore, tant le film fourmille de pépites de situation et de dialogues savoureux mais on ne voudrait pas trop en déflorer tant Les Rencontres d’Après Minuit est un film qui se goûte savoureusement et se découvre seul. Un univers à part à appréhender ab-so-lu-ment.


SEMAINE DE LA CRITIQUE
LES RENCONTRES D’APRÈS MINUIT de Yann Gonzalez
Sortie (date indéterminée)
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Ain’T Them Bodies Saints: Bonnie & Clyde en pays texan

Posted on 21 mai 2013

Présenté et remarqué lors de sa présentation dans la Mecque du Ciné US indépendant au Festival de Sundance en janvier dernier, Ain’t Them Bodies Saints (Les Amants du Texas) de l’américain David Lowery, avec Casey Affleck et Rooney Mara, était projeté en Séance Spéciale à la Semaine de la Critique samedi.

CANNES 2013
Semaine de la Critique | 18 mai

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Il est arrivé sur la scène affublé d’une coiffure sans cheveu et d’une bien grosse moustache – à la Bronson – et accompagné de son duo so glamour Casey Affleck et Rooney Mara. Le réalisateur américain David Lowery n’est pas passé inaperçu à l’Espace Miramar pour sa projection en séance spéciale à la Semaine de la Critique samedi 18 mai.

Repéré par Harvey Weinstein à Sundance (Weinstein avait aussi fait le déplacement pour défendre le film sur la Croisette), et affublé d’une rumeur très positive (il était reparti de Park City avec le prix de la meilleure photo), Ain’t Them Bodies Saints, 1er film de l’américain David Lowery était très attendu. Un Bonnie & Clyde en pays texan.

Bob et Ruth s’aiment envers et contre tout et tous. Mais lorsque leur casse tourne mal, leur amour va être forcément mis à mal.

Ultra-référencé – on pense à Terrence Malick époque Les Moissons du Ciel et évidemment le mythique Bonnie & Clyde déjà cité avec Warren Beatty et Faye Dunaway – Ain’t Them Bodies Saints a su soigner son enveloppe. Photo hyper chiadée, casting 4 étoiles, bande-son soignée comme il faut, David Lowery réussit un film poignant, un petit exercice malickien qui fait mouche avec notamment l’une des actrices les plus douées – décidément – de sa génération, Rooney Mara (Lizbeth dans Millenium – l’homme qui n’aimait pas les femmes de David Fincher avec Daniel Craig) sublime et bouleversante dans la peau de Ruth, sorte de Penelope grecque perdue dans le grand sud américain en attente de son cher et tendre Bob (Casey Affleck).

Un vent de romantisme et d’émotion a soufflé sur la Semaine de la Critique. Ca fait du bien par les temps qui courent.


SEMAINE DE LA CRITIQUE
AIN’T THEM BODIES SAINTS (LES AMANTS DU TEXAS) de David Lowery
Sortie (date indéterminée)
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Hommage à Alain Delon le 25 mai

Posted on 7 mai 2013

Le Festival de Cannes rendra un hommage à l’acteur français Alain Delon le samedi 25 mai, veille du Palmarès de sa 66è édition, indique-t-il par un communiqué.

FESTIVAL DE CANNES 2007

Deux ans après un vibrant hommage rendu à Jean-Paul Belmondo, le Festival de Cannes va honorer l’un des derniers tigres du cinéma français, Alain Delon.

L’acteur sera présent samedi 25 mai, veille du Palmarès du 66è Festival de Cannes pour la projection – très certainement en salle Debussy – de la version restaurée de Plein soleil de René Clément. Sorti en 1960, Plein Soleil a marqué un tournant majeur dans la filmographie d’Alain Delon qui a enchaîné avec Rocco et ses frères. La restauration de Plein Soleil, financée par Studio Canal, a été réalisée en Italie, au laboratoire Immagine Ritrovata. Le film sera à nouveau en salles en France l’été prochain.

Alain Delon était revenu sur la Croisette en 2010 avec Claudia Cardinale pour la projection du Guépard de Visconti.
Le Festival de Cannes rendra officiellement hommage à l’ensemble de la carrière cinématographique de l’acteur qui aura 78 ans en novembre, dans le cadre de Cannes Classics.

Ironie de l’histoire, ce ne sera pas le seul Delon présent officiellement sur la Croisette cette année puisque son fils Alain-Fabien présentera Les Rencontres d’Après-Minuit de Yann Gonzalez à la Semaine de la Critique le lundi 20 mai.

La Grille de Projections de la 52è Semaine de la Critique disponible

Posted on 1 mai 2013

Première à dégainer son programme complet, la Semaine de la Critique vient de dévoiler la GRILLE DE PROJECTIONS de sa 52è édition. Du 16 au 24 mai, des projections tous les jours à l’Espace Miramar mais aussi au Palais des Festivals, salle Buñuel (5è étage).

En attendant celle de la Quinzaine des Réalisateurs puis celle de la Sélection Officielle (sans doute le 8 ou 9 mai prochain), rappelons ici que Wask vous délivrera – comme à son habitude – une grille de projections exclusive qui regroupera l’ensemble des sélections (Sélection Officielle, Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique et ACID) sur les 7 principales salles de la Croisette (Grand Théâtre Lumière, Salle Debussy, Salle Buñuel, Salle Bazin, Théâtre Croisette Marriott, Espace Miramar et Arcades 1).

A vos agendas…

Jean-Luc Godard en Clôture de la Semaine de la Critique

Posted on 30 avril 2013

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La soirée de Clôture de la 52è Semaine de la Critique avec 3X3D, de Jean-Luc Godard, Peter Greenaway & Edgar Pêra (Sui-GB-Por) le jeudi 23 mai.

Si l’on avait des doutes (légitimes) sur l’état d’avancement du Jean-Luc Godard nouveau Adieu au langage, le vieux loup de lac suisse sera bien présent à Cannes pour y présenter 3X3D un film à sketchs sur l’image et les effets de la 3D.

Le film collectif sera présenté en clôture de la 52è Semaine de la Critique, jeudi 23 mai à l’Espace Miramar.

Les trois films (The Three Disasters de Godard, Just in Time du britannique Greenaway et Cinesapiens du portugais Pêra) ont tous trois été tournés à Guimaraes au Portugal.

Avec ce dernier titre annoncé, on connaît sans doute l’intégralité des sélections cannoises 2013.