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100 films pour Cannes 2016 : #60-41

Posted on 19 mars 2016

Si vous arrivez ici, vous avez déjà lu que les prochains Sean Penn, Woody Allen, Jodie Foster et Shane Black seront de la partie. Que du frais dans la suite des 100 films candidats à la Croisette.

3e volet: les 20 films classés de 60 à 41.

#60 L’ORNITHOLOGUE de João Pedro Rodrigues (Por)

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Le portugais est un habitué des grands festivals. Invité régulier de Cannes et Locarno, João Pedro Rodrigues devrait avoir terminé à temps son nouveau film. L’acteur français – et nouvelle icône – Paul Hamy y interprète un ornithologue qui se lance dans une quête spirituelle, « une réinterprétation du mythe et de la vie de Saint Antoine », un sujet obsessionnel pour Rodrigues qui y a déjà consacré un court métrage.
[notre avis: Compétition]

#59 PAYS de Chloé Robichaud (Can)
Pour son deuxième long métrage, la jeune cinéaste québécoise a choisi de créér de toute pièce un pays imaginaire souverain sur une île perdue du côté de Terre-Neuve. « L’idée m’est venue après avoir créé de toutes pièces trois personnages de femmes politiques […] Ces destins m’intéressent ». Après le prometteur Sarah préfère la course (Un Certain Regard 2013), l’heure de la confirmation est venue pour Chloé Robichaud.
[notre avis: Un Certain Regard]

#58 LA DANSEUSE de Stéphanie di Giusto (Fra)
C’est l’un des castings les plus excitants du foisonnant paysage cinématographique français : Soko, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp (fille de x2), Gaspard Ulliel, François Damiens, Louis Garrel et Louis-Do de Lencquesaing. Coécrit avec Thomas Bidegain, Stéphanie di Giusto évoque le destin de Loïe Fuller, jeune étoile de la danse du début du 20e siècle. L’une des grosses promesses du line-up Wild Bunch.
[notre avis: Un Certain Regard – film d’ouverture]

#57 VICTORIA de Justine Triet (Fra)

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La cinéaste passée par les Beaux-Arts et les documentaires a surgi à Cannes par la petite porte de la sélection ACID en 2013 avec La Bataille de Solférino. Après ce succès critique et public, changement de braquet : dans Victoria il y est question du sexe dans une intrigue à tiroirs où Virginie Efira interprète une avocate prise au piège entre deux affaires. Justine Triet espère « prendre le contre-pied des comédies romantiques lourdingues». Melvil Poupaud, Vincent Lacoste et Laurent Poitrenaux complètent la distribution.
[notre avis: Un Certain Regard]

#56 APPRENTICE de Junfeng Boo (Sin)

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Après l’étouffant Sandcastle (Semaine de la critique 2010), le cinéaste singapourien Junfen Boo promet une angoissante plongée dans une prison de haute sécurité à travers le parcours initiatique d’un jeune apprenti officier auprès d’un mentor passé maître dans l’exécution capitale.
[notre avis: Quinzaine des Réalisateurs]

#55 APNÉE de Jean-Christophe Meurisse (Fra)

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Chef de bande et de création du collectif de théâtre Les Chiens de Navarre, et coupable de spectacles complètement « frapadingues », virevoltant sans cesse entre l’univers des débuts du Splendid et les metteurs en scène européens les plus iconoclastes, Jean-Christophe Meurisse passe au grand écran avec une bonne partie de sa troupe : Thomas Scimeca, Céline Fuhrer, Maxence Tual et Thomas de Pourquery en tête.
[notre avis: ACID]

#54 THE SENSE OF AN ENDING de Ritesh Batra (Inde)

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Lancé à la Semaine de la Critique, le premier film de Ritesh Batra The Lunchbox a été salué partout dans le monde. Dans son deuxième long métrage, le cinéaste a réuni un couple de seniors flamboyants : Charlotte Rampling et l’oscarisé Jim Broadbent. Adaptation d’un roman de Julian Barnes.
[notre avis: Un Certain Regard]

#53 M de Sara Forestier (Fra)
« Un jour, vers mes seize ans, j’ai vécu une histoire que j’ai eu envie de raconter. C’était en 2002, cela fait onze ans, et cette histoire ne m’a jamais quittée, ni mon désir pour elle. » La réalisatrice, c’est l’actrice Sara Forestier. L’histoire, c’est celle de Lila, une jeune bègue complexée réfugiée dans le silence qui voir sa vie basculer lorsqu’elle tombe amoureuse d’un pilote kamikaze adepte de courses automobiles clandestines. Sara Forestier et Redouanne Harjane seront le couple à l’écran.
[notre avis: Un Certain Regard]

#52 NERUDA de Pablo Larrain (Chi)

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Après sa trilogie Pinochet (Tony Manero, Post Mortem, No), et El Club, l’un des cinéastes sud-américains les plus intéressants de ces dernières années a mis en route deux biopics intrigants. Le premier, Neruda, sur le prix nobel de littérature chilien avec notamment Gael Garcia Bernal, est un postulant légitime à la Croisette. Le deuxième, Jackie, avec Natalie Portman dans le costume de la première dame, ne devrait pas être prêt pour Cannes.
[notre avis: Quinzaine des Réalisateurs – film d’ouverture]

#51 ÇA IRA MIEUX LÀ-BAS de Petr Vaclav (Tch)

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Au fil de ses films, le cinéaste tchèque Petr Vaclav construit une oeuvre particulière sur les damnés de son pays, les roms. comme dans Zaneta, son excellent troisième long-métrage présenté en sélection ACID en 2014. Curiosité du casting : Karidja Touré de Bande de filles.
[notre avis: Semaine de la Critique – séance spéciale]

#50 ORPHELINE de Arnaud des Pallières (Fra)

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L’histoire d’une femme racontée de la petite enfance à la trentaine révolue, « la lutte d’une orpheline pour sa vie, sa liberté et son identité. » confie l’auteur de Michael Kohlhaas (Compétition 2013). Certaines indiscrétions font état d’un scénario bouleversant. Le rôle-titre sera tenu par la star annoncée de ce Cannes 2016, Adèle Haenel. Avec aussi Adèle Exarchopoulos, Gemma Aterton, Sergi Lopez, Jalil Lespert et Nicolas Duvauchelle. Entrée française certaine.
[notre avis: Compétition]

#49 SWISS ARMY MAN de Dan Kwan & Daniel Scheinert (US)

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Dernier postulant du cru 2016 de Sundance, le bien barré Swiss Army Man des « Daniels » (Kwan et Scheinert) – venus du clip – a des faux airs d’un Seul au monde « suédé » à la sauce Dupieux. Avec le tandem Paul Dano – Daniel Radcliffe, et une folie créative qui n’est pas sans rappeler Michel Gondry, on veut ce film à Cannes. La sortie US a été calée en juillet. .
[notre avis: Quinzaine des Réalisateurs]

#48 ETERNITÉ de Tran Anh Hung (VN)

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Révélé avec L’odeur de la papaye verte caméra d’or en 1993, le cinéaste vietnamien Tran Anh Hung (A la verticale de l’été, Cyclo) a réuni Audrey Tautou, Bérénice Béjo, Mélanie Laurent et Jérémie Rénier pour un film d’époque du début du 19e siècle tiré d’une adaptation du roman d’Alice Ferney L’Elégance des veuves. Alexandre Desplat signe la bande-son.
[notre avis: Hors Compétition]

#47 STORY OF YOUR LIFE de Denis Villeneuve (Can)
Avant de s’embarquer dans le sequel de Blade Runner, le prolifique Denis Villeneuve (Incendies, Prisoners, Enemy), en compétition l’an dernier avec l’efficace Sicario, pourrait viser la passe de deux avec Story of your life, un film de SF avec Amy Adams, Jeremy Renner et Forest Whitaker.
[notre avis: Compétition]

#46 LA LOI DE LA JUNGLE de Antonin Peretjatko (Fra)

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L’histoire d’un mec qui veut monter une station de ski en Guyane, voilà un postulat de départ idéal pour le trio de La Fête du 14 juillet (Antonin Peretjatko-Vincent Macaigne-Vimala Pons) révélé à la Quinzaine des Réalisateurs en 2014. Avec aussi Mathieu Amalric, Pascal Légitimus et Jean-Luc Bideau.
[notre avis: Semaine de la Critique – séance spéciale]

#45 THE LIGHT BETWEEN OCEANS de Derek Cianfrance (US)

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Après Blue Valentine et The Place Beyond the Pines, Derek Cianfrance revient derrière la caméra avec The Light Between Oceans. Adapté du roman éponyme de M.L. Stedman, l’action suit un couple de gardiens de phare sur une île australienne dans les années 1920. Casting de haut vol : Michael Fassbender, Alicia Vikander et Rachel Weisz.
[notre avis: Compétition]

#44 RESTER VERTICAL de Alain Guiraudie (Fra)

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« J’ai conçu Rester vertical comme la plupart de mes films, avec l’idée de rendre l’invraisemblable crédible, l’impossible envisageable. Avec l’idée de faire un grand voyage pas très loin de chez moi […] une diagonale qui va de la Lozère à Brest ». La révélation India Hair fait partie du voyage. Grosse attente pour le nouveau film du réalisateur de L’inconnu du lac, de nouveau produit par Sylvie Pialat.
[notre avis: Compétition]

#43 L’ENNEMI INVISIBLE de Jonathan Littell (Fra)

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Le Pacte mise beaucoup sur le passage derrière la caméra de l’auteur du best-seller « Les Bienveillantes » : au programme, un documentaire sur les groupes extrêmistes en Afrique qui embrigadent les jeunes enfants pour en faire des soldats et des prostituées.
[notre avis: Sélection officielle – séance spéciale]

#42 THE WAILING de Na Hong-jin (Cor)

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Déjà présent dans notre Top 100 l’année dernière, le nouveau thriller du coréen Na Hong-jin (The Chaser, The Murderer) sera à Cannes cette année. On ne voit pas comment il en serait autrement pour cette enquête menée par un flic et un chaman dans un village rongé par une rumeur mystérieuse. La sortie coréenne est calée en mai prochain.
[notre avis: Hors Compétition – séance de minuit]

#41 VOYAGE OF TIME de Terrence Malick (US)

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En mars 2015, Vincent Maraval nous faisait déjà saliver « 1h du film somme de Terrence Malick Voyage of Time…, plus qu’un an à attendre un film demarré il y a 40ans ». Si l’ombre de Malick planera sur Cannes cette année, on fait davantage confiance à ce documentaire fleuve qu’à sa nouvelle oeuvre de fiction Weightless aussi dans les tuyaux. Côté coulisses, Ennio Morricone sera à la baguette et des conteurs de luxe s’appelleront Cate Blanchett et Brad Pitt. Classe.
[notre avis: Hors Compétition]

A (re)lire >> les 20 films classés de 100 à 81.
A (re)lire >> les 20 films classés de 80 à 61.
A (re)lire >> les 20 films classés de 40 à 21.
A (re)lire >> les 20 films classés de 20 à 1.

100 films pour Cannes 2016 : le prologue

Posted on 13 mars 2016

Les comités de sélection cannois dévoileront dans un mois la liste des films qui défileront sur la Croisette en mai prochain. Le temps de notre Top #100filmspourcannes est arrivé !
planetarium

Sélection OfficielleQuinzaine des RéalisateursSemaine de la CritiqueACID, c’est plus de 100 longs métrages qui auront les honneurs d’une sélection en mai prochain. Tapis rouge de gala ou strapontin de sections parallèles, les places au soleil sont précieuses.

Les règles du jeu

Au petit jeu des pronostics qui agite la planète cinéma sitôt le festival terminé, l’on s’est fait une spécialité d’égréner une grande revue d’effectifs des 100 prétendants entre habitués, rookies, et surprises du chef. Depuis le mois de février, le site américain Indiewire a dressé la liste de ses 20 envies avec les grands favoris des bookmakers, et plus proche de nous Télérama, Paris Match, ou le bien informé Cineuropa ont déjà délivré leurs prédictions pour le cru 2016.
Parmi nos belles trouvailles l’an dernier, Lamb du jeune éthiopien Yared Zeleke, El Abrazo de la Serpiente de Ciro Guerra, ou le césarisé Fatima de Philippe Faucon. Cette année, notre top 100 préfigure un cru cannois d’ores et déjà exceptionnel. Certains grands noms semblent même avoir littéralement snobé Berlin cette année pour optimiser leurs chances pour Cannes.

100 films, 34 nationalités, 24 premiers films

Au programme de notre classement, une traversée à travers les cinématographies du monde entier avec 100 oeuvres en première mondiale, ou du moins « non exploitée hors de son pays d’origine ni dans un autre Festival » dixit le règlement pour pouvoir postuler à la Compétition en Sélection Officielle. Un voyage à la croisée de 34 nationalités différentes (pour pas moins de 24 premiers longs métrages).
Et n’en déplaisent à Bolloré et consort, même si la fête s’annonce (un peu) moins folle depuis que Canal+ a annoncé son intention de réduire sa voilure, exit le plateau du Grand Journal sur la plage du Martinez (que va bien pouvoir faire notre arrivage journalier de badauds entre 19h et 21h ? – ndlr) – exit le patio de la pantiero et sa fête du samedi soir, les vraies stars du Festival s’appellent (et continueront de s’appeler) Naomi Kawase, Jeff Nichols ou Andrea Arnold, sans qu’elles ne soient dérangées rue d’Antibes.

Quelques poids lourds avaient surpris leur monde en 2015 en terminant sur le fil leurs films à temps (Jacques Audiard, Hou Hsiao-hsien, Jia Zhangke). En sera-t-il de même cette année pour certains « habitués » encore en tournage ou à peine en production (Michôd, Farhadi, Larrain, Coppola, Gray, Malick, Kechiche, Lapid, Loznitsa…). Rien n’est moins sûr, mais on ne se privera pas de tenter le pari de certains d’entre eux dans notre classement.

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100 candidats | 5 épisodes

5 articles à venir pour patienter encore un peu avant les annonces officielles mi-avril, 20 films par épisode et un décompte hitchcockien dont vous avez maintenant l’habitude. Stay tuned.

A (re)lire >> les 20 films classés de 100 à 81.
A (re)lire >> les 20 films classés de 80 à 61.
A (re)lire >> les 20 films classés de 60 à 41.
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Cannes 2015 : plus que 2 semaines à attendre !

Posted on 2 avril 2015

Dans 2 semaines tout pile, on saura tout ou presque de la Sélection Officielle ! Depuis la publication de notre classement des 100 films pour Cannes 2015, quelques certitudes supplémentaires (et de nombreux doutes aussi).
On fait le point.

Exit les selfies en haut des marches rouges & 2 voix pour les Présidents Coen

Hier 1er avril (sic), le Délégué Général Thierry Frémaux et le Président Pierre Lescure étaient en visite à l’Assemblée Nationale devant la Commission des Affaires Culturelles pour faire un point sur le 68è Festival de Cannes à venir (13-24 mai).
Plusieurs aveux et quelques annonces : seulement un tiers de la Sélection Officielle (une quinzaines de films sur les 50 au total) a été arrêté à ce jour « tout sera décidé dans les 15 prochains jours » et il y aura des compléments de sélection à prévoir après cette date. Les frères Coen, présidents du jury 2015, ont exigé une voix chacun lors des délibérations « avec l’intention de se disputer au besoin ». La direction du Festival a par ailleurs indiqué que pour la première fois – et comme dans la plupart des Festivals – seraient interdits les selfies sur les célèbres marches rouges « Ces horribles selfies provoquent une désorganisation formidable » a grogné Thierry Frémaux. Pas sûr que cela diminuent les nombreuses foires d’empoigne aux abords du bunker mais bon, bien content de ne pas craindre de se prendre une cannes télescopique au coin de l’oeil !

Prochaines annonces : Films d’ouverture et Affiche de la Semaine de Critique

D’ici les annonces de sélection, un point sur les communiqués anticipés que nous devrions avoir : la Semaine de la Critique tarde à dévoiler son visuel 2015, la Sélection Officielle prend un temps inhabituel pour dévoiler le Film d’Ouverture du Festival. Et côté Un Certain Regard, nous connaîtrons aussi d’ici le 16 avril le film d’ouverture et le Président du Jury…

Le Petit Prince tient la corde, Sean Penn out, un duel Malick-Nichols en Compétition ?

Pour en revenir au classement 100 pour Cannes 2015 publié fin mars, vous avez été nombreux (presque 3) à vous inquiéter de l’absence de certains « poids lourds ». Je pense à Michael Haneke, Jacques Audiard, Hou Hsiao-hsien, Jia Zhang-ke, Abdellatif Kechiche, Abbas Kiarostami, Emir Kusturica, Nadav Lapid, Sergei Loznitsa, Cristi Puiu, Quentin Tarantino, Felix Van Groeningen, Lucrecia Martel). Pour beaucoup d’entre eux, les tournages n’ont même pas débuté, pour les autres on peut sans doute rêver de Cannes 2016…. Reste un cas particulier, celui de Jacques Audiard dont les pronostiqueurs les plus optimistes prédisent à son Erran un destin similaire à 2046 de Wong Kar-wai (incertitude le jour-même de la présentation avec projection annulée le matin et montage arrivé in extremis pour la séance de gala le soir). Pour d’autres films, nous assumons nos choix en notre âme et conscience donc point de Bidegain, Diastème, Amenabar, Del Toro, Van Dormael, Podalydès, Nicloux, Kitano ou Brizé.

Si on s’en réfère aux articles les plus sérieux parus ces derniers jours (et pas uniquement parce qu’ils mentionnaient Wask pour beaucoup !), que ce soit Didier Péron dans Libération, Yannick Vély dans Paris Match, Aurélien Ferenczi dans Télérama, ou de l’autre côté de l’Atlantique chez Variety, l’étau se resserre jour après jour et les cotes sont en hausse pour certains titres que nous avions égaré dans notre classement : l’adaptation du Petit Prince par Mark Osbourne, Green Room de Jeremy Saulnier, Amnesia de Barbet Schroeder, ou encore Chronic de Michel Franco.

Alors que nous faisions état des sérieux doutes quant à la finalisation du Midnight Special de Jeff Nichols (par la bouche même du réalisateur à Austin pendant le SxSW), la tendance est à l’optimisme. Nous voilà ravi et l’on rêve d’un duel américain au sommet en Compétition face à Terrence Malick dont on apprenait il y a quelques jours que son nouveau film était prêt, titré (Weightless) et doté d’un casting de dingue, Ryan Gosling, Rooney Mara, Michael Fassbender, Natalie Portman, Cate Blanchett !

« Dau » Ilya Khrzhanovsky

Quand le marronier « Ilya Khrzhanovsky » devient (un peu) lassant

Dernier aparté pour évoquer notre serpent de mer (qui risque de nous occuper l’esprit encore longtemps) : le film-fleuve Dau du russe Ilya Khrzhanovsky, présent à la Cinéfondation en 2007 et dont nous n’avons que très peu de nouvelles, si ce n’est quelques images – déjà un peu datées (v. plus haut) – du tournage … Promis, on en reparle l’an prochain !

100 films pour Cannes 2015 – Liste Complète

100 films pour Cannes 2015 : le compte à rebours a sonné !

Posted on 12 mars 2015

C’est le 16 avril que le Délégué Général Thierry Frémaux dévoilera les films qui composeront la Sélection Officielle du 68è Festival de Cannes. Les supputations et les rumeurs vont bon train. La meute est lancée, et le Top #100pourcannes2015 avec elle !

georgemiller

Le Noël des cinéphiles approche…

Entre la Sélection Officielle et ses différentes sections (Compétition, Hors Compétition, Séances de Minuit, Un Certain Regard, Séances Spéciales), la Quinzaine des Réalisateurs, la Semaine de la Critique, mais aussi la sélection ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), c’est plus d’une centaine de longs métrages qui ont les honneurs du voyage sur la Croisette au mois de mai.

Comme chaque année, nous nous sommes démultipliés pour établir une revue d’effectifs des 100 prétendants les plus plausibles possibles, ne se bornant pas uniquement aux sempiternels « habitués » même s’ils seront encore fort heureusement bien représentés. Un tour du monde qui préfigure d’un cru exceptionnel et des cinématographies d’ores et déjà prometteuses du côté du Portugal, ou de l’Italie, une prédominance toujours plus forte de la France et des Etats-Unis, et des territoires émergents ou confirmés (Belgique, Corée du Sud, Danemark, Grèce).

Audiard-Haneke: la revanche de la revanche en 2016 ?

En préambule, précisons que nous éviterons de lister des titres dont les doutes persistent semaine après semaine quant à leur finalisation avant Cannes (Hou Hsiao Hsien, Jacques Audiard, Kiyoshi Kurosawa) ou qui sont d’emblée hors course (Jia Zhang-ke, Terrence Malick ou Quentin Tarantino). Pour Audiard, petit cas particulier et théorie toute personnelle: on se souvient des deux derniers « échecs » du réalisateur de Sur mes lèvres face à Michael Haneke (en 2009 Le Ruban Blanc vs. Un Prophète // en 2012 Amour vs. De rouille et d’os) : en septembre, apprenant que Flashmob, le prochain Haneke, était décalé de quelques mois, on imagine bien Audiard faire traîner la post-prod d’Erran et prendre une éclatante revanche à Cannes en 2016. Et schlink dans la face de l’autrichien !

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100 candidats | 5 épisodes

5 articles à venir pour patienter encore un peu avant les annonces officielles fin avril et un décompte à l’envers (#100-81, #80-61, #60-41, #40-21, #20-1).

A (re)lire >> les 20 films classés de 100 à 81.
A (re)lire >> les 20 films classés de 80 à 61.
A (re)lire >> les 20 films classés de 60 à 41.
A (re)lire >> les 20 films classés de 40 à 21.
A (re)lire >> les 20 films classés de 20 à 1.

Les 100 films candidats pour Cannes 2014: #20-01

Posted on 16 avril 2014

5è et dernier volet de notre revue des 100 films candidats pour une sélection sur la Croisette lors du 67è Festival de Cannes: fin du suspense demain. Jusqu’à la fin, le suspense reste entier et les projections continuent pour amadouer les comités de sélection.
Deux grands noms viennent de jeter l’éponge, Fatih Akin et Alejandro Gonzalez Inarritu.

#20 LOIN DE LA FOULE DECHAINEE de Thomas Vinterberg (Dan)
Après le très actuel La Chasse, prix d’interprétation à Cannes pour Mads Mikkelsen en 2012, le danois Thomas Vinterberg s’est attaqué à un film en costumes dans l’Angleterre du XIXè siècle, l’adaptation du roman de Thomas Hardy Loin de la Foule Déchaînée avec Carey Mulligan, Michael Sheen, Tom Sturridge et Matthias Schoenaerts.
[notre avis: Compétition]

#19 KNIGHT OF CUPS de Terrence Malick (US)

knight of cups

Terrence Malick l’absent est devenu Malick le stakhanoviste; tout juste fini A la merveille (Venise 2012), le voilà reparti au travail. Malgré l’accueil pour le moins glacial de son dernier film à Venise, une nouvelle venue de Terrence Malick à Cannes après sa Palme d’Or serait un événement. Knight of Cups réunit un trio appétissant, Christian Bale, Natalie Portman et Cate Blanchett, et revêt une note d’intention aussi lapidaire que malickienne « l’histoire d’un homme entre tentations, célébrité et excès ».
[notre avis: Compétition]

#18 AMOUR FOU de Jessica Hausner (Aut)

amour-fou

Les premières images du nouveau film de Jessica Hausner (Lourdes) font partie des plus belles que l’on ait eu à voir durant tout cet exercice de pronostics cannois. En souhaitant raconter l’histoire d’amour à mort de l’écrivain Heinrich von Kleist et de sa compagne Henriette Vogel, la réalisatrice autrichienne pourrait bien connaître à Cannes une consécration méritée.
[notre avis: Un Certain Regard]

#17 DEUX JOURS, UNE NUIT de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Bel)

Deux-jours-une-nuit

Mario Cotillard chez les Dardenne. Que dire de plus sinon que les double-palmés belges sont partis pour remettre leur titre en jeu dans une Compétition cannoise qu’ils ne quittent décidément plus.
[notre avis: Compétition]

#16 EDEN de Mia Hansen-Løve (Fra)
Depuis le début des bruissements sur la préparation du nouveau long métrage de Mia Hansen-Løve, l’attente et l’envie ne font qu’accroître: tanké au beau milieu des années 1990, au cœur de la French Touch versaillo-parisienne, Eden suit le parcours d’un DJ depuis le début des années 1990. Annoncé comme une certaine « Dolce Vita » des années 1990-2000, une chose est sûre, si Eden est prêt à temps pour Cannes, la fête du film sera LA fête du Festival à ne pas rater !
[notre avis: Compétition]

#15 MR TURNER de Mike Leigh (GB)
Ce n’est vraiment pas le film qui fait swinguer les slips à première vue, un biopic du peintre Turner par le conventionnel Mike Leigh. Ouais et alors serait-on tenté de dire. Sauf que le britannique nous a toujours réservé des surprises et que l’entreprise ici est de taille pour le moins !
[notre avis: Compétition]

#14 EVERY THING WILL BE FINE de Wim Wenders (All)
Il avait tendance à s’éparpiller quelque peu ces derniers temps entre ses tributes à Pina Bausch, entre ses documentaires – on l’a vu plus haut dans ce classement aux côtés du fils Salgado – mais Wim Wenders semble bien de retour pour un projet cinématographique d’envergure. Avec James Franco et Rachel McAdams, il tentera même l’aventure de la 3D dans Every Thing Will Be Fine.
[notre avis: Compétition]

#13 THE ROVER de David Michôd (US)

the rover

Deuxième gros film avec Robert Pattinson dans l’anti-chambre de Cannes après le Cronenberg, The Rover de David Michôd avec Guy Pearce se place dans la lignée de There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson sur le papier. Western dans une Australie dans laquelle l’économie occidentale s’est effondrée, les mines sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux.
[notre avis: Compétition]

#12 LA RANÇON DE LA GLOIRE de Xavier Beauvois (Fra)
Quatre ans après la déferlante Des Hommes et des Dieux, Xavier Beauvois aurait terminé son dernier film avec Benoît Poelvoorde et Roschdy Zem. Noel 1977, Chaplin vient de mourir et le monde entier est en deuil. Sur les bords du lac Léman, Eddy, un belge alcoolique, convainc son pote Osman, un immigré algérien, de kidnapper le cercueil du cinéaste et d’en exiger une rançon pour sortir de la misère.
[notre avis: Un Certain Regard]

#11 L’AMOUR ET LA PAIX de Emir Kusturica (Bos)

l'amour et la paix

On aime prendre un peu d’avance. D’ores et déjà repoussé pour (Cannes ?) 2015, le nouveau de l’Emir est sur nos tablettes.  Il devait se retirer définitivement « des crampons »; on l’a vu les rechausser avec Diego Maradona. Le double-palmé (Papa est en voyage d’affaires, Underground) Emir Kusturica sera de retour avec l’incandescente Monica Bellucci, pour ce qui sera une trilogie « C’est une histoire d’amour, de guerre, avec une dimension mythologique, celle du serpent et ce qu’il représente dans la vie des humains depuis avant l’Ancien Testament ». Cannes 2015 donc ! Rendez-vous est pris.
[notre avis: Compétition – Cannes 2015]

#10 FRANCOFONIA – LE LOUVRE SOUS L’OCCUPATION de Alexandre Sokourov (Rus)

francofonia

L’esthète russe avait déjà plongé sa caméra dans l’éblouissant(e) Arche Russe. Pour son nouveau long métrage accompagné par ARTE, Sokourov plante son décor au Louvre pendant l’occupation cinématographique pour un « récit-fiction sur un sujet historique » comme il aime à le définir en se concentrant sur la relation le comte Franziskus Wolff Metternich, représentant officiel de l’administration nazie et Jacques Jaujard, le directeur du Musée pendant cette sombre période.
[notre avis: Compétition]

#09 JIMMY’S HALL de Ken Loach (GB)

Jimmy-s-Hall

On n’ose le croire, mais si : Ken Loach met un terme à une carrière exceptionnelle. Il affirme à qui veut l’entendre que Jimmy’s Hall sera son film-testament. Un film d’époque signant le portrait d’un grand activiste communiste irlandais, James Gralton.
[notre avis: Compétition]

#08 QUEEN AND COUNTRY de John Boorman (GB)
Troisième britannique de cette dernière partie des pronostics, 80 printemps et 17è film pour un monstre sacré du 7è art, John Boorman. Queen and Country sera la suite de Hope and Glory, qui, en 1987, mettait en scène les souvenirs du petit John Boorman, élevé dans un foyer déchiré, sous les bombes allemandes.
[notre avis: Compétition]

#07 DEUX FENÊTRES de Naomi Kawase (Jap)
Nouvelle production ARTE, pour celle qui truste les sélections en Compétition cannoise de films en films, la japonaise Naomi Kawase continue de tracer son sillon sur la l’Homme et la Nature. Dans Deux Fenêtres elle « voudrait que les spectateurs se rendent compte que nous, les êtres humains, ne sommes pas au centre de toutes choses ; nous ne sommes qu’une partie du cycle de la nature. Il me faut construire une histoire qui mène à la conclusion que cet immense cycle dans lequel nous sommes contenus est d’essence divine. Notre âme est complexe, vague et imprévisible. J’espère, par cette histoire, voir mûrir l’homme au contact du dieu que l’on appelle Nature. Que le temps du film puisse enrichir son âme »
[notre avis: Compétition]

#06 FOXCATCHER de Bennett Miller (US)

foxcatcher

Steve Carrell méconnaissable (voir photo) et à contre-emploi, Channing Tatum et Mark Ruffalo; ça donne un des trios les surprenants de la production cinéma américaine cette année sous la direction de Bennett Miller. Foxcatcher c’est l’histoire vraie de John Du Pont, riche philanthrope grand amateur de sport qui avait aider l’équipe de lutte américaine en vue des Jeux Olympiques d’Atlanta. Mais en 1996, il fut accusé du meurtre du champion olympique Dave Schultz.
[notre avis: Compétition]

#05 LEVIATHAN de Andreï Zviaguintsev (Rus)
On connaît notre goût pour le travail du méticuleux russe Andreï Zviaguintsev (Le Retour, Le Bannissement, Elena). Chef de file d’une école de cinéma classique et rude que semble prendre un réalisateur comme Sergeï Loznitsa ou Yury Bykov, Zviaguintsev revient avec un projet encore mystérieux dont le point de départ est l’expulsion arbitraire d’une famille de sa maison, sujet qui n’est pas sans rappeler Sotchi ou la crise en Ukraine.
[notre avis: Compétition]

#04 BIRD PEOPLE de Pascale Ferran (Fra)

Bird People

En tournage en 2012, le nouveau film de Pascale Ferran (Lady Chatterley), Bird People était un candidat naturel au Festival de Cannes déjà l’année dernière. Plusieurs mois plus tard et après un très lours passage en post-production, le film revient sur nos tablettes pour une très probable place en Sélection Officielle. Entre rêve et réalité, entre fantastique et chronique sociale, Bird People raconte des histoires de vie dans une zone de transit dans un hôtel international près de Roissy. Un mix à attendre entre Le Terminal et Lost in Translation ? Avec Anaïs Demoustier pour la confirmation de son talent. L’affiche du film vient d’être dévoilée aujourd’hui en attendant d’y apposer officiellement les lauriers de sélection officielle ?
[notre avis: Compétition]

#03 SOMMEIL D’HIVER de Nuri Bilge Ceylan (Tur)
Au royaume des habitués cannois, Nuri Bilge Ceylan est le roi. Alors que son « compatriote » Fatih Akin vient de jeter l’éponge dans la course à la Croisette avec son nouveau film The Cut, le réalisateur turc de [Les] Climats nous promet une fresque de près de 4h pour son nouveau film Sommeil d’Hiver. Bonne chance aux organisateurs pour planifier une projection au Grand Théâtre Lumière alors même que le Festival se clôturera le samedi 24 mai au lieu du dimanche pour cause d’élections européennes.
[notre avis: Compétition]

#02 A PIGEON SAT ON A BRANCH REFLECTING ON EXISTENCE de Roy Andersson (Suè)

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Quelques années aussi que l’on parle du retour en Compétition du génial suédois Roy Andersson (Chansons du Deuxième Etage). Déjà vainqueur au point du titre le plus long et le plus énigmatique, A Pigeon sat on a branch reflecting, en tournage dans ses studios de Stockholm depuis maintenant près de quatre ans, saura sans nul doute satisfaire aux exigences formelles du réalisateur.
[notre avis: Compétition]

#01 CLOUDS OF SILS MARIA de Olivier Assayas (Fra)

clouds of sils maria

Olivier Assayas + Juliette Binoche ou comment se garantir tranquillou une place bien au chaud sur les bancs d’une sélection au Festival de Cannes. L’un des chouchous de la Croisette et l’une des actrices les plus emblématiques du Festival (on l’a vu dans de nombreux films, en maîtresse de cérémonie et même icône picturale sur l’une des affiches du Festival) se retrouvent sous cette bannière mystérieuse des Clouds of Sils Maria: une intrigue de faux-semblant énigmatique entre auteur, interprète, disparition mystérieuse,… et quand on sait que Chloé Moretz et Kristen Stewart seront aussi de la fête ! Hop 1ère place de notre classement. Petite anecdote de Festival: la sélection à la fois d’Assayas et de Mia Hansen-Løve en Compétition créerait un précédent tout à fait inédit d’un couple à la ville qui se ferait face sur la Croisette.
[notre avis: Compétition]

A (re)lire >> les 20 films classés de 100 à 81.
A (re)lire >> les 20 films classés de 80 à 61.
A (re)lire >> les 20 films classés de 60 à 41.
A (re)lire >> les 20 films classés de 40 à 21.

Cannes 2013: Les absents ont toujours tort

Posted on 6 mai 2013

Les 3 annonces officielles de sélection sont passées (Sélection Officielle, Semaine de la Critique, Quinzaine des Réalisateurs par ordre chronologique). Des ajustements ont déjà été opérés ici ou . Avant de se plonger à corps perdus dans le Festival, un point sur les absences notoires de ce Cannes 2013 (15-26 mai) à 9 petits jours du début des festivités.

godard

On connaît désormais 99,9% des contours de ce que sera la proposition cinématographique du 66è Festival de Cannes. On connaît la liste des quelques 90 longs métrages issus des 3 principaux organes de sélection (augmenté de la sélection ACID). Ne manquait à l’appel que le film de Clôture de la Semaine de la Critique; on le sait depuis mardi dernier c’est le triptyque sur les effets de la 3D 3x3D du trio formé de Jean-Luc Godard, Edgar Pêra et Peter Greenaway qui sera projeté jeudi 23 mai. En attendant de savoir qui aura les honneurs de donner une leçon de cinéma, le casting de ce Cannes cru 2013 est connu.

Une armada française pléthore

Le Festival de Cannes reste – de loin – la plus belle vitrine pour le cinéma d’auteur mondial. A ce titre-là, on peut légitimement penser que la production cinématographique française vit un véritable âge d’or. Ses auteurs, son système de financement, sa distribution,… difficile de ne pas voir dans cette profusion à tous les étages les gages de l’apogée d’un système malgré les affres de polémiques médiatiques connues ces dernières semaines.

On s’en doutait bien avant les annonces de sélection. Les candidats français étaient très nombreux et squattent littéralement tous les bancs de la Croisette 2013. Qu’ils soient réalisés par des cinéastes français, films en langue française tournés par des étrangers, œuvres produites grâce à des fonds français, les films « français » au sens large sont légion: une dizaine (sur 50) en Sélection Officielle, 4 (sur 11) à la Semaine de la Critique, et 6 (sur 21) à la Quinzaine des Réalisateurs. (pour ne pas citer longs métrages retenus par l’ACID où le quota français est littéralement explosé!)

Riad Sattouf et Catherine Breillat, grands absents tricolores

Mais s’il y avait de nombreux candidats, il y a donc de nombreux déçus côté français.

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Comme la rumeur le laissait craindre, le deuxième film du BéDéaste Riad Sattouf (Les Beaux Gosses) Jacky au Royaume des Filles (v. photo) n’a pas convaincu les différents comités de sélection, malgré un casting prometteur (Charlotte Gainsbourg, Vincent Lacoste, Noémie Lvovsky, Valérie Bonneton). Même sort pour Gare du Nord de Claire Simon, L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps du duo Hélène Fattet et Bruno Forzani (auteurs du remarqué Amer), Une Autre Vie d’Emmanuel Mouret avec JoeyStarr et Virginie Ledoyen, Eastern Boys de Robin Campillo, Réalité de Quentin Dupieux, Tirez la langue Mademoiselle d’Axelle Ropert et surtout Faire L’Amour de Djinn Carrénard (Donoma) qui n’était sans doute pas prêt à temps malheureusement.

Rowe, Dolan, Poromboiu, Reichardt, la jeune garde oubliée ?

Outre les primo-désistements (Lars Von Trier, Pascale Ferran, Roy Andersson en tête), une nouvelle génération de réalisateurs déjà rompus aux fastes et funestes écueils cannois ont dû (ou ont été) forcer à rebrousser le chemin de la Croisette cette année. On pense au roumain Corneliu Poromboiu (son compatriote Cristi Puiu, longtemps évoqué en sélection, n’a pas non plus franchi le cut), à l’américaine Kelly Reichardt dont le film Night Moves dans le milieu de terroristes écolos alimentaient une envie certaine chez la plupart des observateurs assidus du parcours de la réalisatrice de Wendy and Lucy, au jeune canadien Xavier Dolan dont Tom à la Ferme n’est pas prêt non plus – plus afféré qu’il fut apparemment avec la réalisation du dernier clip (à scandale) d’Indochine College Boy – et qui, à moins d’une présentation l’an prochain à Cannes 2014, ferait pour la première fois l’impasse sur la Croisette pour un de ses films (ses trois premières réalisations ont eu les honneurs de Cannes: J’ai Tué ma Mère à la Quinzaine des Réalisateurs et Les Amants Imaginaires et Laurence Anyways au Certain Regard). Enfin dernier absence notoire de ce quatuor: Manto Acuifero du mexicain Michael Rowe, caméra d’Or en 2010 avec Année Bissextile, mais dont la cinématographie sera bien représentée puisque son compatriote Amat Escalante sera lui en Compétition avec Heli cette année.

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Pour revenir rapidement sur le cas Lars Von Trier, le réalisateur danois déclaré persona non grata lors du Festival 2011 après des propos nauséabonds en pleine Conférence de Presse pour la présentation de Melancholia – et réhabilité à demi-mot par les instances cannoises qui aurait bien fait de Nymphomaniac un des événements de Cannes 2013 – semble bien vouloir faire la nique à ceux qui ont contribué à la promotion de son travail (palmé d’or pour Dancer in the Dark par le jury de Luc Besson en 2000, LVT a successivement présenté en Sélection Officielle Breaking The Waves, Les Idiots, Dogville, Manderlay et Antichrist depuis 1996). Un pré-site internet officiel a d’ailleurs déjà été mis en ligne et donne même rendez-vous – crime de lèse-majesté – le 16 mai prochain sur le site, pendant le… Festival de Cannes. CQFD.

37/100 au jeu des pronostics

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Quand, au début de l’année, nous nous sommes lancés dans une chevauchée au long cours pour lister les 100 films candidats à une présentation en plus ou moins grande pompe sur la Croisette en 2013, nous n’imaginions pas un tel scénario: 37 des 100 films listés (5 articles 1 à 20, 21 à 40, 41 à 60, 61 à 80 et 81 à 100) se retrouvent bien sur les rangs des sélections cannoises. Malgré la satisfaction personnelle d’un tel résultat, des absences majeures qui nous laissent encore un goût amer dans le fond de la gorge. On pense en premier lieu à Twelve Years a Slave de Steve McQueen qui semble avoir troqué un (trop) incertain triomphe cannois contre une campagne à venir dans la course aux Oscars 2014 à partir de l’Automne; et surtout Le Transperceneige de Bong Joon-ho.

Au rayon des habitués cannois, notons les défections (refus ou renoncement ?) de Tsai Ming-Liang, Alfonso Cuaron, Albert Serra, Terrence Malick, Kornel Mondruczo, Michel (avec Vicky) Franco, Hubert Sauper, Anton Corbijn, Shinji AoyamaRobinson Devor, Raya Martin, Atom Egoyan, Eric Khoo, le regretté Alexeï Guerman, Bent Hamer, Lee Daniels, Johanna Hogg, Götz Spielmann, Diego Luna, Urszula Antoniak, Ben Wheatley, Lance Edmands, Richard Aoyade, les frères Park et Kiyoshi Kurosawa.
Gageons que certains d’entre eux croiseront à nouveau la route de la Croisette, et même pour certains d’entre eux pourquoi pas dès 2014. Who knows ?

Les 100 films candidats pour Cannes 2013: #20-01

Posted on 5 mars 2013

5è et dernier volet de notre revue des 100 films candidats pour une sélection sur la Croisette lors du 66è Festival de Cannes: les 20 films susceptibles d’intégrer la Compétition Officielle.

Sources: Paris Match, Cineuropa, Les Inrocks, Télérama, Premiere, Ioncinema, FilmdeCulte, et bien plus encore…

#20 DIARY OF A YOUNG BOY de Tsai Ming-Liang (Taïwan)

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Il nous avait appâtés ces dernières années avec une série de courts métrages (Beautiful faisait même la Clôture de la dernière Semaine de la Critique), le taïwanais Tsai Ming-Liang renoue avec un projet long et asiatique (son Visage, en compétition cannoise en 2009, était davantage une encartade française) avec Diary of a young boy. Son acteur fétiche Lee Kang-sheng est de retour pour tenir le rôle d’un père desoeuvré, seul avec ses deux fils, une famille mise au ban d’une société excluante et destructrice.
[notre avis: Compétition]

#19 INSIDE LLEWYN DAVIS de Joel & Ethan Coen (US)

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Dès la publication de son premier teaser, les premières impressions sur le nouveau film des frères Coen Inside Llewyn Davis faisaient état d’un consensus assez unanime: le travail sur la photo de Bruno Delbonnel, le chef op’ de Jean-Pierre Jeunet et du récent Faust d’Alexandre Sokourov, s’annonce impressionnant. Ambiance froide et bleutée pour cette plongée dans le new-york folk & bouillonnant des années 1960. Carey Mulligan, John Goodman et Justin Timberlake entourent le prometteur Oscar Isaac.
[notre avis: Compétition]

#18 GRAVITY de Alfonso Cuaron (Mex)
Une station spatiale endommagée, des astronautes en survie, le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron (Y Tu Mama Tambien, Les Fils de l’Homme), un duo d’acteurs George Clooney, Sandra Bullock, n’en jetez plus, Gravity tourné en 3D, est l’une des attractions de l’année cinéma à venir. Initialement daté par la Warner à l’automne 2012, une date de sortie américaine a finalement été fixée en octobre 2013. On rêve à ce que pourrait donné la caméra de l’amateur de plans-séquences interminables et jouissifs Alfonso Cuaron dans cet univers clos.
[notre avis: Compétition]

#17 THE CONGRESS de Ari Folman (Isr)

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Rares sont les réalisateurs qui peuvent se targuer d’avoir contribué à ouvrir la brèche d’un nouveau genre cinématographique. L’israélien Ari Folman en fait partie; il avait brandi en 2008 avec Valse avec Bachir, un film docu-fiction hybride comportant à la fois des scènes de film d’animation mais aussi de live-action. Bachir était l’oeuvre de sa vie, un manifeste politique. Le travail autour de The Congress -dont l’aboutissement en post-production est encore incertain avant Cannes- est quant à lui purement fictionnel, adapté d’une nouvelle d’anticipation de Stanislaw Lem (Solaris).
[notre avis: Compétition]

#16 ABUS DE FAIBLESSE de Catherine Breillat (Fra)
On connaît les problèmes de santé qu’a connu Catherine Breillat. Pour ce qu’on annonce inexorablement comme son testament cinématographique, la réalisatrice s’est une nouvelle fois appuyée sur sa vie pour raconter dans Abus de Faiblesse un nouvel épisode de son travail d’auto-fiction filmée. Sa romance avec l’escroc Christophe Rocancourt, les déboires judiciaires qui en ont suivis, Breillat n’élude rien et s’est adjoint les services d’un couple détonnant, Isabelle Huppert et Kool Shen.
[notre avis: Compétition]

#15 L’AGE DU TATOUAGE de Jia Zhang-ke (Chine)
1966 – 1976 « les 10 années de la grande catastrophe ». Jia Zhang-ke, l’un des plus grands cinéastes de notre temps, qui est l’un des représentants de ceux que l’on appelle la « 5è génération » nés pendant la « Révolution Culturelle » chinoise, estime que la chine n’a pas fait correctement son devoir de mémoire sur cette période. Dans la ville de Suzhou, au sud de Shanghaï, Jia Zhang-ke veut dépeindre cette lutte des classes par la violence qui sévissait à l’époque entre bandes rivales qui affichaient fièrement leur slogan sur des tatouages, et qui lui rappelle la Chine d’aujourd’hui. Pour raconter cette histoire récente dans l’Age du Tatouage, Jia Zhang-ke a lancé au début de son projet un grand appel sur internet pour recueillir les témoignages les plus nombreux.
[notre avis: Compétition]

#14 LE BLEU EST UNE COULEUR CHAUDE de Abdellatif Kechiche (Fra)

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La réputée glaçante et impénétrable nouvelle icône du cinéma français Léa Seydoux a voulu se confronter au regard intransigeant d’Abdellatif Kechiche (La Faute à voltaire, L’Esquive, Venus Noire). 5è film du réalisateur de La Graine et le Mulet, Le Bleu est une couleur chaude est l’adaptation d’une Bande Dessinée de Julie Maroh, l’histoire d’amour entre deux filles. Prévue au casting de L’Ecume des jours de Michel Gondry, elle avait dû décliner pour pouvoir se mettre à nue devant la caméra de Kechiche. Avec Grand Central de Rebecca Zlotowski (déjà évoqué dans le classement) et ce dernier film d’Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux pourrait bien être une des reines de Cannes 2013.
[notre avis: Compétition]

#13 LA GRANDE BELLEZZA de Paolo Sorrentino (Ita)

sorrentino

Paolo Sorrentino est l’un des symboles de la gouvernance Frémaux à la tête de la Sélection Officielle cannoise. Du très bon (Il Divo, 2008) aux plus contestables (This Must be the Place, 2011), tous les longs métrages de Paolo Sorrentino ont trouvé place dans la catégorie reine de la Compétition. La Grande Bellezza ne devrait pas faire exception à la règle pour le retour de Paolo Sorrentino à Rome aux côtés de l’immense Toni Servillo. Ambiance Dolce Vita et douceur romaine attendues dans ce portrait d’un écrivain à succès en panne d’inspiration.
[notre avis: Compétition]

#12 TOM A LA FERME de Xavier Dolan (Can)
4 films à Cannes en quatre ans, c’est ce qu’ambitionne le jeune réalisateur québequois Xavier Dolan en présentant Tom à la Ferme, son 4è film consécutif à Cannes après J’ai Tué Ma Mère (Quinzaine des Réalisateurs, 2009), Les Amours Imaginaires (Un Certain Regard, 2010), et Laurence Anyways (Un Certain Regard, 2011). Echaudé par la « non-titularisation » de Laurence Anyways en Compétition Officielle l’an dernier, il espère bien faire de cette adaptation d’un succès théâtral canadien sa première montée des marches. Entre homosexualité rangée, amours impossibles, deuil et conflits familiaux, le synopsis de Tom à la Ferme est très dolanien: « Tom perd son amant dans un accident de moto. En rendant visite à sa belle-famille dans l’arrière-pays montréalais, il se rend compte que personne ne le connaissait tel qu’il était ».
[notre avis: Compétition]

#11 ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmush (US)

jarmush

La romance d’un couple de vampires séculaires est troublée par l’irruption dans leur vie de la jeune Ava. Quand la figure de proue du cinéma indépendant Jim Jarmush s’attaque à un film de genre tel que le vampire movie, on se souvient de Ghost Dog et on se met à rêver. Quand on rajoute à cela que Tilda Swinton, Tom Hiddleston, John Hurt et Mia Wasikowska accompagne Jarmush dans cette aventure, on crève d’envie de voir Only Lovers Left Alive à Cannes.
[notre avis: Compétition]

#10 LES SALAUDS de Claire Denis (Fra)
Lancée dans un projet d’inspiration KUROSAWAienne, sur fond de combat sur l’honneur et de vengeance, Claire Denis qui filme pour la première fois en numérique s’est entourée de son cercle familié, Agnès Godard à la photo, Vincent Lindon (avec Chiara Mastroianni) devant la caméra et Vincent Maraval avec Wild Bunch

en protecteur/producteur. Pour les heureux lecteurs du scénario co-signé avec Jean-Paul Fargeau, les premiers échos font état d’une histoire bouleversante, une puissance rare à la tension érotique palpable; Les Salauds ou les prémices d’un des films noirs de l’année.
[notre avis: Compétition]

#09 LE TRANSPERCENEIGE de Bong Joon-ho (Cor)

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C’est sans doute l’une des images les plus prometteuses de ce début d’année cinéma 2013: la star coréenne Song Kang-ho, hagard dans un wagon-fantôme. Le cinéaste Bong Joon-ho s’attaque à l’un des classiques de la bande dessinée d’anticipation franco-belge des années 1980 Le Transperceneige de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette. Dans un monde post-apocalyptique, tout ce qui reste d’humanité est enfermé dans un train qui roule éternellement. Un pitch à la hauteur de notre impatience. Le scénario a été co-écrit par Bong Joon-ho et Park Chan-Wook. Le film en langue anglaise aura pour cast international Chris Evans, Octavia Spencer, Tilda Swinton, Jamie Bell et John Hurt et donc Song Kang-ho sus-cité.
[notre avis: Compétition]

#08 ONLY GOD FORGIVES de Nicolas Winding Refn (Dan)
Quand nous étions sortis l’an dernier à Cannes 2012 d’une séance surprise concoctée par Thierry Frémaux avec différents bouts de montage directement envoyés par des réalisateurs en cours de tournage, le plus impressionnant d’entre eux avait sans doute été celui de Only God Forgives, le nouvel épisode des aventures de Ryan Gosling au pays du danois Nicolas Winding Refn. Un épisode thaîlandais cette fois pour le duo de Drive. L’extrait en question était teinté d’hémoglobine et de bastons dans les bas-fonds de Bangkok et annonçait comme une évidence que Only God Forgives promettait d’être aussi violent que Drive.
[notre avis: Compétition]

#07 DAU de Ilya Khrzhanovsky (Rus)
A force d’évoquer l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux du début du XXIè siècle, on va finir par croire que tout cela n’était qu’une imposture. Il faut dire que Dau du jeune russe Ilya Khrzhanovsky faisait déjà partie des projets retenus par l’Atelier de la Cinefondation du Festival de Cannes en… 2006 ! Toutes les rumeurs les plus folles ont été évoquées sur ce rêve de « peinture cinématographique » de la société soviétique depuis le début de sa préparation: perfectionnisme à l’extrême de Khrzhanovsky, reconstitution entière d’une ville ukrainienne du milieu du XXè siècle, audition de centaines de milliers de personnes pour que les figurants collent au plus près des physiques de l’époque (fin 2011, le magazine GQ évoquait ce tournage historique dans une article surréaliste),… Dau à Cannes cette année ? Espérons-le.
[notre avis: Compétition]

#06 UN INDIEN DES PLAINES de Arnaud Desplechin (Fra)

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Arnaud Desplechin (Esther Kahn, Rois et Reine), l’un de nos auteurs les plus intéressants, s’est lancé dans l’adaptation de l’oeuvre de Georges Devereux, pionnier de l’ethnopsychologie « Psychothérapie d’un indien des plaines », oeuvre qui hante Desplechin « depuis une vingtaine d’années ». Pour cela, il est parti aux Etats-Unis tourner cette rencontre entre Jimmy Picard (le film a longtemps eu pour nom de code Portrait de Jimmy Picard), un indien névrosé, et son psy (Benicio Del Toro face à Mathieu Amalric).
[notre avis: Compétition]

#05 HISTORIA DE LA MEVA MORT de Albert Serra (Esp)

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On ne cache plus ici notre passion pour le travail du catalan fou Albert Serra. Depuis Honor de Cavalleria et en passant par l’inénarrable Chant des Oiseaux, Serra a su se faire une place à part dans l’univers des soldats de l’étrange, des artisans d’un cinéma de l’ailleurs qui permet au spectateur, sans jamais l’exclure, de se forger son propre imaginaire. C’est surtout Olivier Père qui le premier, à la tête de la Quinzaine des Réalisateurs, a fait d’Albert Serra un de ses chouchous dans les années 2000. Pour cette Historia de la Meva Mort, Albert Serra convoque sur sa toile une rencontre atypique entre Casanova et Dracula dans la France fin XVIIIè et début du XIXè siècle. Du Serra dans le texte.
[notre avis: Compétition]

#04 TWELVE YEARS A SLAVE de Steve McQueen (GB)

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Le Festival de Cannes ne peut pas se passer de sa visite annuelle du couple varois Brad Pitt – Angelina Jolie. Tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre, chaque année un de leurs films y  est présenté. Cette fois-ci, Brad Pitt a mis toutes les chances de son côté en s’affichant dans le nouveau film de l’artiste britannique Steve McQueen (Hunger, Shame). Michael Fassbender, la muse de McQueen, est de nouveau là dans Twelve Years a Slave, partition très attendue autour de l’esclavage dans l’Amérique du XIXè siècle, avec Chiwetel Ejiofor et la jeune baby-star des Bêtes du Sud Sauvages Quvenzhané Wallis.
[notre avis: Compétition]

#03 LOW LIFE de James Gray (US)

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Une seule incertitude subsiste pour l’un des films les plus certains de son entrée en Compétition sur la Croisette en mai prochain: son titre. Low Life puis Nightingale, puis finalement le réalisateur américain James Gray semblait revenir au titre initial finalement pour raconter la vie et les tourments d’une immigrée européenne fraîchement débarquée à Ellis Island dans l’Amérique des années 1920. Marion Cotillard poursuit son parcours américain exceptionnellement gâté: Michael Mann, Chris Nolan, Woody Allen, Steven Soderbergh, et maintenant James Gray à son tableau de chasse des réals US de tout premier plan ! Elle aura dans Low Life Joaquin Phoenix et Jeremie Renner comme partenaires.
[notre avis: Compétition]

#02 KNIGHT OF CUPS de Terrence Malick (US)
Difficile de croire que celui que l’on targuait de rester des années sans tourner, puis une fois en production de ne céder qu’après des centaines d’heures de post-production avant de laisser ses films au public, est en passe de signer 4 films en 4 ans. Depuis sa Palme d’Or en 2011 (The Tree of Life), Terrence Malick enchaîne les projets; tout juste fini de dévoiler A la merveille (Venise 2012 et sortie France demain le 6 mars), la société de production Film Nation a déjà dans son line-up deux autres films: ce Knight of Cups annoncé sur la Croisette et un autre projet [sans titre]. Malgré l’accueil pour le moins glacial de A la merveille à Venise, une nouvelle venue de Terrence Malick à Cannes serait un événement. Knight of Cups réunit un trio appétissant, Christian Bale, Natalie Portman et Cate Blanchett, et revêt une note d’intention aussi lapidaire que malickienne « l’histoire d’un homme entre tentations, célébrité et excès ».
[notre avis: Compétition]

#01 LA VENUS A LA FOURRURE de Roman Polanski (Fra)
On sait le projet parti sans doute un poil trop tard dans la course à la Sélection Cannoise – la production a démarré fin novembre 2012 – il est de notre devoir d’évoquer au sommet de cette revue des potentiels films sélectionnables pour Cannes 2013, l’excitante adaptation de l’oeuvre érotique de Leopold Sacher-Masoch (le « masochisme », c’est lui) La Venus à la Fourrure par le maître Roman Polanski avec Emmanuelle Seignier et Louis Garrel. Les derniers échos de timing cannois seraient plutôt optimistes. Wait and see.
[notre avis: Compétition]

A (re)lire >> les 20 films classés de 100 à 81.
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Cannes 2011, mon Palmarès

Posted on 22 mai 2011

Avant de revenir en détail sur les coups de coeur de cette 64è édition du Festival – d’une rare densité – il est temps de dévoiler mon palmarès Cannes 2011, à quelques heures des annonces officielles du Président de Niro…

Malick or not Malick ?La seule et unique question que l’on se pose à l’orée de cette journée de Palmarès est quelle emprise fantomatique aura Terrence Malick et son Tree of Life au moment des délibérations du jury. On voit mal comment Robert de Niro et ses jurés pourraient mentionner le réalisateur de Badlands à leur Palmarès à une autre place que celle de la Palme d’or. Ce sera soit le trophée suprême, soit une élégante absence, ce qui aura l’avantage de ne pas dévier de l’attitude de Malick depuis le début du Festival, lui, l’éternel ombre tutélaire du 64è Festival de Cannes.

Absolument convaincu que l’ambition outrancière de Terrence Malick lui a empêché de soumettre une oeuvre pleine et aboutie aux festivaliers, je choisirai délibérément de laisser The Tree of Life sur le bas-côté cannois (le film saura à n’en pas douter mûrir à l’esprit de tous au fil des ans… attendons un peu) en privilégiant des films de réalisateurs au sommet de leur art et souvent à un tournant de leur oeuvre.

Mon Palmarès 2011 ou « Pedro et les frenchies »

PALME D’OR
La Piel Que Habito de Pedro Almodovar

GRAND PRIX
L’Appollonide – Souvenirs de la Maison Close
de Bertrand Bonello

PRIX DE LA MISE EN SCENE
Melancholia
de Lars Von Trier

PRIX DU SCENARIO ex aequo
Le Gamin au Vélo
de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Polisse de Maïwenn

PRIX D’INTERPRETATION FEMININE
Tilda Swinton
We Need to Talk About Kevin
(Lynne Ramsay)

PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE
Michel PiccoliHabemus Papam
(Nanni Moretti)

PRIX DU JURY
The Artist de Michel Hazanivicius

PRIX DU 64è FESTIVAL DE CANNES
Pater de Alain Cavalier

CAMERA D’OR
Michael
de Markus Schleinzer

Mention Spéciale – CAMERA D’OR
Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin

 

Cannes 2011: 19 candidats en course pour la Palme d’Or

Posted on 14 avril 2011

La Sélection Officielle de la 64e édition du Festival de Cannes (du 11 au 22 mai) était dévoilée ce midi à Paris par le président Gilles Jacob et le délégué général Thierry Frémaux.

En compétition figurent (pour le moment) 19 titres, même si un rajout de sélection n’est pas à exclure dans les prochains jours. Si cela se confirme, c’est une sélection très resserrée qui concourera pour la Palme d’Or au matin du 11 mai. Quatre réalisatrices (un record) font partie de la catégorie reine.

Un Ogre nommé Malick

Il y sera ET en compétition s’il vous plaît. The Tree of Life de Terrence Malick prend place dans la liste annoncée ce midi. Avec un tel film annoncé c’est un mélange explosif (et presque déséquilibré tant le film avec Brad Pitt et Sean Penn fait figure d’épouvantail) qui compose donc la Compétition 2011.

Trois Palmés de retour en compétition

A côté de ce (seul) film américain, de grands noms du cinéma mondial (les « habitués » comme on dit) viennent concourrir cette année: trois palmés (les frères Dardenne, Nanni Moretti et Lars Von Trier), et des déjà primés comme Pedro Almodovar, Nuri Bilge Ceylan, Aki Kaurismäki, Naomi Kawase, Paolo Sorrentino.
Deux premiers films tenteront de se frayer une place à côté de ces monstres: Sleeping Beauty de l’australienne Julia Leigh et Michael de Markus Schleinzer (dans un film librement inspiré de l’hisoire de ‘Natascha Kampusch).

Bonello, Maïwenn et Cavalier sous la bannière tricolore

Ils étaient très nombreux en lice (exit Dominik Moll, Matthieu Kassovitz, Christophe Honoré, Chantal Akerman, Marjane Satrapi / Vincent Paronnaud, Virginie Despentes, Mia Hansen-Løve,… pour ne citer qu’eux), ils seront donc trois à représenter le cinéma français en compétition: Bertrand Bonello, Maïwenn et Alain Cavalier avec Pater (« EXTREMEMENT singulier » dixit Thierry Frémaux ce matin en conférence de Presse). Grand habitué de la compétition, Bruno Dumont fait, lui, la bascule du côté de la sélection Un Certain Regard.
Et malgré les révélations des sélections parallèles la semaine prochaine – la Semaine de la Critique sera annoncée lundi, la Quizaine des Réalisateurs mardi – beaucoup de réalisateurs français seront absents de Cannes 2011. Et de gros clients.

Lynn Ramsay, Joseph CedarNicolas Winding Refn, et Takashi Miike avec ce qui sera le premier film en 3D en compétition Ichimei, complètent la Compétition 2011.

En Compétition

• Melancholia, de Lars Von Trier – DAN
La Piel Que Habito, de Pedro Almodovar – ESP
• Polisse, de Maïwenn – FR
• Le Gamin au Vélo, de Jean-Pierre et Luc Dardenne – BEL
• Habemus Papam, de Nanni Moretti – ITA
This Must be The Place, de Paolo Sorrentino – ITA
• Le Havre, de Aki Kaurismäki – FIN
Once Upon a Time in Anatolia, de Nuri Bilge Ceylan – TUR
• L’Apollonide – Souvenirs de la Maison Close, de Bertrand Bonello – FR
• Sleeping Beauty, de Julia Leigh – AUS – 1er film
• Pater, de Alain Cavalier – FR
• Hearat Shulayim, de Joseph Cedar – ISR
• Hanezu No Tsuki, de Naomi Kawase – JAP
• The Tree of Life, de Terrence Malick – US
• We Need to Talk about Kevin, de Lynn Ramsay – GB
• Michael, de Markus Schleinzer – AUT – 1er film
• La Source des Femmes, de Radu Mihaileanu – ROU
• Ichimei, de Takashi Miike – JAP
• Drive, de Nicolas Winding Refn – DAN

The Tree of Life: une sublime mosaïque en guise d’affiche

Posted on 29 mars 2011

Au petit jeu du pré-buzz cannois, à 43 jours du début des festivités, le très attendu film de Terrence Malick The Tree of Life tire toujours toute la couverture à lui (ou presque).

Au rayon des dernières nouvelles, Variety affirme que le film sera à Cannes, mais plus certainement Hors Compétition. Cette éventualité semble encore un peu plus confirmée par une rumeur relayée par Empire qui annonce une première du film en Angleterre (le 4 mai) avant l’ouverture du Festival de Cannes. (rappelons qu’une telle éventualité n’empêcherait en aucune façon le film de concourir à la Palme d’or; un film peut sortir dans son pays d’origine avant le Festival – ce qui devrait être le cas par exemple pour le nouveau film de l’italien Nanni Morretti Habemus Papam)

[Update 29-03-11] La très bien informée Anne Thompson indique, dans un billet publié dans la nuit sur son blog indieWIRE, que cette sortie anticipée en Angleterre « n’aurait finalement pas lieu »

Une nouvelle affiche vient d’ailleurs de filtrer sur le web: une mosaïque émaillée de photos du film où l’on peut même apercevoir un… dinosaure. Etourdissant.