Après Fukada, Pawlikowski et Hamaguchi, la compétition prend encore de l’épaisseur avec le nouveau film de Marie Kreutzer
GENTLE MONSTER
Marie Kreutzer (Aut) Compétition
cannes 2026 // compétition // ad vitam // prochainement au cinéma
Après le corset étouffant de « Corsage » déjà à Cannes, l’Autrichienne Marie Kreutzer revient par la grande porte et frappe un grand coup pour sa première fois en Compétition.
Dans « Gentle Monster » on y suit Lucy Weiss, incarnée par une Léa Seydoux impériale, dont la vie idyllique dans une maison de campagne près de Munich vole en éclats un matin lorsque la police se présente à son domicile pour arrêter son mari Philip et saisir l’intégralité de ses ordinateurs. Une déflagration aussi subite qu’imprévisible dans cette vie de notables et d’artistes que rien ne semblait pouvoir troubler avec leur petit Johnny. À partir de cette rupture de confiance originelle — et c’est bien peu de le dire tant le gouffre s’ouvre sous ses pieds —, le film s’installe dans une zone d’inconfort permanent.
Sous tension, pris au piège d’un récit trilingue et mouvant où l’on ne sait jamais à quoi s’attendre. Dérouté comme Lucy (qui cherchera en vain le réconfort auprès de Cathoche Deneuve sa mère), on navigue à vue au cœur d’une confusion linguistique permanente, l’intrigue oscillant sans prévenir et d’une réplique à l’autre entre l’allemand, le français et l’anglais, comme pour mieux brouiller les pistes de la vérité sous le crâne de Lucy.
Qui est réellement cet homme ? Qui partage son lit ? Kreutzer filme la dislocation du couple et le poison du soupçon avec une froideur tranchante, pour mieux traquer l’horreur ordinaire dissimulée derrière les paravents de la respectabilité de ces gens bien nés.