Synthèse animée irrévérencieuse, pop et hilarante, « Jim Queen » est une réussite totale. Le film sortira en salle le 17 juin.
JIM QUEEN
Marco Nguyen, Nicolas Athané (Fra) Séance de minuit
cannes 2026 // hors compétition – séances de minuit // the jokers // le 17 juin au cinéma
C’est la déflagration pop et irrévérencieuse que l’on n’attendait plus. Avec « Jim Queen », le studio Bobbypills injecte une dose massive de chaos jubilatoire dans la sélection officielle. Viscéral, jouissif et profondément trash, ce long-métrage d’animation s’impose d’emblée la boule de drôlerie sous acide de la Croisette. Fort d’un stock de punchlines absolu et sans aucun équivalent cette année, l’on y suit Jim, icône sexy de la nuit gay parisienne, dont l’existence vole en éclats lorsqu’il contracte l’Hétérose — un virus des plus étranges qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels. Lâché par les siens, il ne peut compter que sur Lucien, son ultime follower encore un peu coincé, pour partir en quête d’un remède mystique.
Derrière l’efficacité redoutable de son humour décapant, les deux réalisateurs, Marco Nguyen et Nicolas Athané, choisissent le ton de la satire politique pour gratter là où ça fait mal. Bolloré, les tribus communautaires, le culte du corps, tout y passe. Le film réussit le tour de force de montrer avec autant d’intelligence que d’émotion que l’on peut être radicalement différents, même au sein d’une communauté en lutte constante pour ses droits. Loin de la bienveillance tiède, « Jim Queen » s’arroge tous les droit même celui de confier à Philippe Katerine le rôle absolument génial et lunaire… d’une prostate géante. Un sommet de tragi-comédie baroque et pop. Que demander de plus.