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Cannes 2026 : « Minotaure » de Andrei Zviaguintsev, chercheur d’or

Le cinéaste russe revient aux affaires à son meilleur ou presque en gros candidat à la palme.

MINOTAURE
Andrei Zviaguintsev (Rus) Compétition

cannes 2026 // compétition // les films du losange // prochainement au cinéma

On le croyait donné pour mort, le revoilà presque à son apogée. la présentation de « Minotaire », le premier film d’Andrei Zviaguintsev depuis 9 ans, l’un des réalisateurs en activité les plus respectés au monde, est un miracle cinématographique en soi. Après avoir frôlé la mort à l’été 2021 suite à de graves complications liées au Covid-19 et s’être exilé à Paris à la suite de l’invasion de l’Ukraine, le cinéaste signe un retour retentissant avec « Minotaure » en Compétition cannoise. Le second miracle qui se profile est qu’il n’a absolument rien perdu de son niveau et se pose en redoutable potentiel palmable.

Librement inspiré de « La Femme infidèle » de Claude Chabrol, « Minotaure » s’attache avant tout à la dislocation lente et étouffante d’un couple au bord de la crise de nerfs, presque sans mots. Le film dissèque l’effondrement de la relation entre Gleb (Dmitri Mazourov), un directeur d’entreprise dont l’autorité vacille, et sa femme Galina (Iris Lebedeva) cantonnée dans son rôle de maîtresse de maison dorée.

Ici, la tragédie ne hurle pas ; elle s’installe dans les non-dits, les regards fuyants et une économie de dialogues qui rend l’atmosphère d’autant plus pesante. Zviaguintsev filme la rupture de la communication, la distance géométrique qui s’installe entre les corps dans la maison familiale, et cette solitude partagée à deux où le silence devient une arme ou un aveu. C’est par petites touches cliniques, sans éclats de voix mais avec une tension souterraine permanente, que l’on observe la fin d’un amour, à la faveur d’un jeu d’orfèvre du cadre et de la mise en scène. Alors que l’empire professionnel de Gleb s’écroule sous le coup de licenciements massifs, sa vie privée implose en sourdine lorsqu’il découvre la liaison de sa femme, faisant basculer cette froide léthargie dans une spirale de violence incontrôlable.

Cette tragédie intime se déploie dans un contexte politique et social tout aussi lourd. Transposant l’intrigue dans la Russie de 2022 au moment de la mobilisation militaire générale. Le cinéaste a posé ses caméras en Lettonie pour filmer les névroses de l’âme slave en exil dans une architecture toute soviétique. L’effondrement du couple fait ainsi écho à celui d’un monde instable, menaçant et glaçant, à l’image d’une Russie contemporaine apathique, étouffée par les crises, la corruption et les faux-semblants.

On aura certes connu un scénario plus complexe et alambiqué chez le maître Zviaguintsev (« Leviathan » et « Faute d’amour » étaient d’un tout autre niveau), il n’en demeure pas moins que l’art de la mise en scène reste son atout-maître absolu, idéal pour servir ce drame du mutisme. Tout y est pesé, cadré, envisagé, montré ou caché exactement à la place qui doit être la sienne.

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