100 films pour Cannes 2026 : classement de 1 à 20

Dernier volet de la liste Wask des 100 films pour Cannes 2026

20
AMARGA NAVIDAD
Pedro Almodóvar (espagne)

potentiel // compétition

Après un intermède vénitien qui lui a valu de glaner un Lion d’Or (« La Chambre à côté »), Pedro Almodóvar prépare son retour à Cannes. Déjà sorti en salles en Espagne, « Amarga Navidad » réunit deux des plus grandes actrices espagnoles du moment : Bárbara Lennie (éblouissante et consacrée chez Vermut, Sorogoyen et Trueba) et Victoria Luengo dont on n’a pas fini d’entendre parler à Cannes cette année (elle fera face à Javier Bardem dans « El ser querido »). Elsa, directrice de publicité survoltée à Madrid, perd sa mère en plein week-end de fête en décembre. Plutôt que de s’effondrer, elle s’enferme dans une course effrénée au travail, niant le vide qui se creuse en elle. Jusqu’au point de rupture : une crise de panique brutale qui l’oblige à tout arrêter. Soutenue par son compagnon Bonifacio (incarné par Quim Gutiérrez), Elsa fuit la capitale pour les paysages lunaires de Lanzarote. Elle y part avec son amie Patricia, elle aussi en quête d’exil. Mais sur l’île, la réalité et la fiction commencent à s’entremêler de façon indissociable, transformant ce « Noël amer » en une quête de renaissance.

19
THE MELTDOWN
Manuela Martelli (chili)

potentiel // un certain regard

Révélée par le succès international de « 1976 » (projetée à la Quinzaine en 2022), l’actrice et cinéaste Manuela Martelli semble avoir sécurisé sa place à l’Officielle avec « The Meltdown » son deuxième film pour lequel elle quitte le cœur de la dictature chilienne pour explorer les décombres moraux de l’après-Pinochet dans un thriller hivernal aux confins des Andes. Chili, 1992. La démocratie renaît à peine. La petite Inés séjourne chez ses grands-parents dans un hôtel isolé, au pied d’une station de ski andine. Elle s’y lie d’amitié avec une ado allemande qui disparaît alors sans laisser de traces en partant skier. L’insouciance des vacances s’évapore. Les recherches pour la retrouver ne font pas que remuer la neige : elles déterrent des vérités enfouies sur le passé de l’hôtel et de ceux qui l’occupent, révélant que sous le « dégel » politique, les vieux démons sont loin d’avoir fondu.

18
BUTTERFLY JAM
Kantemir Balagov (russie)

potentiel // compétition

Après avoir été l’un des plus jeunes prodiges de l’école d’Alexandre Sokourov et avoir bouleversé Cannes avec « Tesnota » puis « Une grande fille » (Prix de la mise en scène Un Certain Regard), Kantemir Balagov revient d’un exil mouvementé. Désormais installé entre la France et les États-Unis, il prépare un troisième film qui déplace son obsession pour les liens familiaux traumatiques du Caucase vers le New Jersey. Pyteh, 15 ans, vit au sein de la communauté circassienne de Newark, dans le New Jersey. Entre les entraînements de lutte et les heures passées à aider son père et sa tante dans le modeste restaurant familial, l’adolescent voue une admiration sans borne à son géniteur. Mais lorsque les combines douteuses de ce dernier tournent au drame, menaçant la survie du diner, Pyteh est confronté à la violence brute de la réalité. Pour le jeune homme, le passage à l’âge adulte se fera dans le fracas des désillusions, l’obligeant à regarder en face l’homme que son père est — et surtout celui qu’il n’est pas. Produit par les équipes de Pascal Caucheteux chez Why Not, « Butterfly Jam » s’offre un casting anglo-saxon magnétique : Barry Keoghan, Riley Keough et Harry Melling, tous rejoints par Monica Bellucci.

L’ÂGE D’OR © GoGoGo Films

17
L’ÂGE D’OR
Bérenger Thouin (france) — 1er film

potentiel // quinzaine des cinéastes

C’est sans doute le projet qui présente le procédé de fabrication le plus intrigant des 100 films cette année. Conçu à partir des archives Pathé/Gaumont, le premier film de Béranger Thouin va utiliser ces images d’époque comme des décors vivants dans lesquels évoluent les comédiens. Dans « L’Âge d’or », ne se contentant pas de filmer le passé, mais de réinventer le film d’époque en intégrant les acteurs dans la matière même de l’Histoire. Un « pari » de cinéma total qui lui vaut sa présence dans mes « vingt » 2026. 1944, la comtesse Jeanne de Barante est conduite vers son exécution. Durant ce trajet ultime, elle rembobine le film de sa vie, une épopée picaresque qui traverse la première moitié du XXe siècle. De la boucherie parentale aux errances parisiennes, de sa rencontre électrique avec l’insaisissable Céleste à son exil au Brésil pendant la fièvre du café, Jeanne a défié son destin de classe pour s’unir au comte Guillaume. Un voyage au bout de l’ambition où la petite histoire se cogne sans cesse à la Grande. Avec Souheila Yacoub, Vassili Schneider et la jeune italienne Yile Vianello révélée chez Alice Rohrwacher.

16
DORA
July Jung (corée du sud)

potentiel // compétition

Après avoir exploré les failles de la société coréenne à travers le harcèlement et le travail précaire dans ses deux premiers films qui ont tous deux connu les honneurs cannois (« A Girl at My Door », « Next Sohee »), la cinéaste July Jung adapte le célèbre « cas Dora » passé à la postérité dans l’histoire de la psychalanalyse freudienne. Pour ce faire, elle transpose dans la Corée contemporaine l’histoire de cette jeune fille en isolement et mal-être physique profonds qui avait mis fin brutalement à la thérapie proposée par Freud lui-même. Dans le rôle de Dora, le plaisir de retrouver l’immense Sakura Ando fidèle du cinéma de Hirokazu Kore-eda (« Une affaire de famille », « Monster »). Dans « Dora », une jeune femme dont le corps et l’esprit semblent s’être ligués contre elle. Atteinte d’un mal mystérieux qui la paralyse physiquement et l’isole mentalement, elle vit dans une forme de retrait du monde. Tout bascule lorsqu’elle tombe amoureuse : ce sentiment, aussi violent que salvateur, déclenche un processus de guérison imprévisible.

15
LA VIE D’UNE FEMME
Charline Bourgeois-Tacquet (france)

potentiel // compétition

Pour son deuxième long-métrage (« Les Amours d’Anaïs » avait emballé la belle Semaine 2021), Charline Bourgeois-Tacquet s’associe à nouveau au producteur David Thion pour Les Films Pelléas confirmant une collaboration synonyme d’élégance et de justesse pour déployer un script qui semble caper pour postuler à une place française en compétition. À cinquante ans, Gabrielle mène une vie au rythme effréné de son bloc opératoire. Cheffe de service en chirurgie à Paris, elle assiste impuissante à l’effondrement de l’hôpital public. Sa vie intime est un équilibre fragile : elle aime son mari, se lasse de son amant, tandis que l’Alzheimer de sa mère s’aggrave et que son meilleur ami vacille. Au milieu de ce chaos, une romancière, venue l’observer pour les besoins d’un livre, s’immisce de plus en plus dans son quotidien. Entre amour, désir et vieillissement, Gabrielle refuse de subir. Malgré les fissures qui apparaissent de toutes parts, elle a pris une décision radicale : elle sera heureuse. Le film, mis en lumière, par Noé Bach s’appuiera sur un duo Léa Drucker-Mélanie Thierry autour desquelles graviteront Charles Berling, Laurent Capelluto et Marie-Christine Barrault.

JUPITER © Chi-Fou-Mi Productions

14
JUPITER
Alexandre Smia (france) — 1er film

potentiel // hors compétition

En haut de la pyramide des premiers films français, le passage derrière la caméra pour Alexandre Smia, scénariste aguerri (les séries « Tapie » ou « Kaboul », et plus récemment « 13 jours, 13 nuits »), avec un thriller géopolitique sous haute tension. Produit par Hugo Sélignac chez Chi-Fou-Mi, dont on espère le même choc qu’à la livraison du film de Julien Colonna « Le Royaume », « Jupiter » s’installe dans les entrailles de l’Élysée, au cœur du poste de commandement nucléaire éponyme. Denis Ménochet y incarne un Président fraîchement élu, propulsé dans une crise totale : un ultimatum atomique lancé par Moscou après un attentat contre le dirigeant russe. Le film réunit André Dussollier, Reda Kateb, Dominique Blanc, Céline Sallette et Elia Rumpf pour graviter autour d’un Ménochet annoncé déjà impérial et « césarisable ». Coécrit avec Thomas Finkielkraut et mis en musique par Olivier Marguerit (« La Nuit du 12 »), on aurait tendance à penser que ce huis clos politique, au parfum de fin du monde, a tout pour rattraper l’atroce réalité des temps présents.

13
HISTOIRES PARALLÈLES
Asghar Farhadi (iran)

potentiel // compétition

Dans les annonces du Marché l’an dernier, le casting du film « Histoires parallèles » n’est pas passé inaperçu. Réunir Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel et Pierre Niney dans un même projet, seul Asghar Farhadi conjugué aux efforts du fidèle Alexandre Mallet-Guy chez Memento pouvait sans doute se le permettre. La trame précise du film dans un Paris contentemporain cultive un secret bien « farhadien ».

12
CARMEN, L’OISEAU REBELLE
Sébastien Laudenbach (france)

potentiel // hors compétition

Après le triomphe de « Linda veut du poulet ! » (Cristal d’Annecy, César du meilleur film d’animation et cannois à la faveur de sa sélection à l’ACID), Sébastien Laudenbach s’attaque à un monument de la culture mondiale, le personnage de « Carmen ». Loin d’une adaptation littérale de Mérimée ou de l’opéra de Bizet, il propose une relecture buissonnière, politique et vibrante, portée par un collectif d’artistes au sommet de leur art avec une dream team de l’image et du son : Cyril Pedrosa (l’auteur remarquable des BD « Portugal » et « L’Âge d’or ») à la direction artistique avec l’appui du trait d’Eléa Gobbé-Mévellec (« Les Hirondelles de Kaboul ») pour les personnages et l’interprétation de Camélia Jordana pour le personnage principal (accompagné par Milo Machado-Graner). À Séville, au XIXe siècle, une bande d’enfants des rues menée par l’adolescent Salvador et son amie Belén reçoit un sombre présage : Carmen va être assassinée par Don José. Refusant la fatalité de ce féminicide annoncé, Salvador et ses compagnons de la « Garde Montante » décident de déjouer le destin. En adoptant le point de vue de l’enfance, Laudenbach va y confronter les deux modèles de masculinité l’une toxique et possessive, et l’autre inventive et solidaire. Ce projet d’animation, placé le plus haut dans la hiérarchie des « 100 films », est soutenu par Carole Scotta et les équipes de Haut et Court tant à la prod (avec le studio Folivari) qu’à la distribution.

11
FULL PHIL
Quentin Dupieux (france)

potentiel // hors compétition

Au rythme où vont les choses, Quentin Dupieux va avoir réalisé plus de films qu’Olivier Giroud a marqué de buts en équipe de France avant que Mbappé ne le dépasse ! Infatigable stakhanoviste du surréalisme, le cinéaste en est déjà son 17e long-métrage si l’on a bien tout compté. Pour ce nouveau tour de piste, il retrouve la langue anglaise de ses débuts (« Wrong » et « Wrong Cops ») et s’offre un casting hollywoodien à faire pâlir n’importe quel blockbuster : Woody Harrelson et Kristen Stewart avec Emma Mackey, Tim Heidecker et Charlotte Le Bon pour leur donner le change. Un richissime et excentrique industriel américain, débarque à Paris avec une mission sacrée : renouer avec sa fille Madeleine, dont il est séparé depuis des années. Mais dans l’univers de Dupieux, la réconciliation familiale est un parcours d’obstacles absurdes. Entre les pièges de la gastronomie française, l’irruption inexpliquée d’un film d’horreur des années 50 et un employé d’hôtel envahissant, le séjour de « Full Phil » vire au cauchemar burlesque.

10
SHEEP IN THE BOX
Hirokazu Kore-eda (japon)

potentiel // compétition

Celui-là, nul doute qu’il fera le voyage sur la Croisette. Avec une sortie japonaise aux derniers jours de mai, les faisceaux sont au vert clignotant pour le retour du maître Hirokazu Kore-eda. Pour son 20e long-métrage, l’ancien lauréat de la Palme d’Or s’aventure sur un terrain qu’il n’avait plus exploré depuis « Air Doll », la confrontation entre l’humain et l’artificiel. Dans un futur proche, Otone (Haruka Ayase de retour chez le cinéaste après « Notre petite sœur ») mène une vie paisible d’architecte aux côtés de son mari Kensuke, patron d’une entreprise de construction. Incapables d’avoir un enfant ou désireux de combler un vide, ils décident d’accueillir sous leur toit un humanoïde à la pointe de la technologie. Très vite, le couple adopte le robot au point de le considérer comme leur propre fils. Mais cette intrusion technologique au cœur de la cellule familiale va violemment percuter leurs valeurs humaines et redéfinir leur conception de l’amour et de la parentalité.

09
J’OUBLIERAI TON NOM
Yann Gonzalez (france)

potentiel // cannes première

Yann Gonzalez retrouve sa muse Vanessa Paradis dans un rôle taillé sur mesure. Irène est une institutrice respectée dans un petit village de montagne. La nuit, elle change de visage : elle traverse une frontière invisible pour séduire des hommes tristes qu’elle ne revoit jamais. Cette routine nocturne vole en éclats lorsqu’elle rencontre Terence, un jeune homme en fuite. Vanessa Paradis n’est pas la seule retrouvaille pour Yann Gonzalez. Ses fidèles compagnons artistiques sont encore de la partie. Porté par la musique planante et épique de M83, « J’oublierai ton nom », dont on parle comme d’un geste court et d’une grande intensité émotionnelle, aura la chance de profiter du « grain » inimitable de Simon Beaufils déjà à l’oeuvre sur « Les Rencontres d’après minuit » et « Un couteau dans le cœur ».

08
LES ROCHES ROUGES
Bruno Dumont (france)

potentiel // compétition

Voilà le genre de film qui souffre d’une annonce « médiatique » bien trop précoce. Entrer dans la lumière à la faveur d’un premier gros guichet d’investissement – celui d’Arte début 2024 – d’aucuns l’ont rangé trop tôt dans la catégorie des « Arlésiennes ». Il n’en est rien. Même si on connaît les turpitudes mouvementées entre Dumont et Cannes, « Les Roches rouges » joue des coudes pour intégrer la délégation française. Oubliez la Côte d’Opale : c’est sur la Côte d’Azur, au cœur d’un décor de roches déchiquetées et rougeâtres de l’Estérel, que Dumont transpose sa vision de l’humanité en collaborant pour la première fois avec le grand Carlos Corral chef of de Minervini sur « Les Damnès » et un casting intégralement composé d’enfants de moins de 10 ans. Gèo, sept ans, règne en petit chef sur sa bande de gamins locaux, multipliant les raids et les défis périlleux au-dessus des falaises. L’équilibre bascule avec l’arrivée d’un groupe rival venu de la capitale. Au milieu de ce duel impitoyable, la rencontre avec la mystérieuse Eve va déclencher une passion extrême. Entre innocence et cruauté, cette relecture de Roméo et Juliette à hauteur d’enfants promet une tragédie solaire où les cœurs s’embrasent sous un ciel d’été définitif.

07 ex-aequo
1949
Pawel Pawlikowski (pologne)

potentiel // compétition

Encore incertain jusqu’à quelques heures à peine avant de boucler le classement, confirmation m’a été faite qu’il faudrait bien compter avec « 1949 », premier film de Pawel Pawel Pawlikowski depuis « Cold War » avec le retour attendu à Cannes de Sandra Hüller après « Anatomie d’une chute ». Une fresque historique à l’ambition folle, celle d’adapter « Le Magicien » roman de Colm Tóibin. Le film retrace la trajectoire crépusculaire de Thomas Mann (l’immense et icônique Hanns Zischler à l’écran) dans une Europe en pleine décomposition. En 1949, entre les ruines de l’Allemagne de l’Ouest et celles de l’Est, Mann navigue dans un paysage hanté par les spectres du nazisme et les prémices de la Guerre froide. Le récit se focalise particulièrement sur sa relation complexe avec sa fille Erika. Si l’on ajoute d’August Diehl dans ce panorama déjà rempli. La coupe et pleine.

07 ex-aequo
HER PRIVATE HELL
Nicolas Winding Refn (danemark)

potentiel // compétition

Les bagages sont prêts aussi pour le come-back dix ans plus tard du chenapan du cinéma danois. Dix ans c’est le temps qu’il aura fallu attendre pour revoir Nicolas Winding Refn revenir au format cinéma après ses escapades cathodiques et lucratives. Tourné en 2025 dans les néons électriques de Tokyo, « Her Private Hell » reste, comme à l’accoutumée chez Refn, drapé dans un épais mystère. Coécrit avec Esti Giordani, le film est décrit comme un thriller hypnotique et débridé explorant les obsessions fétichistes du cinéaste : le glamour, le sexe et la violence. Ah oui j’oubliais. Difficile de faire plus hype en terme de cast : Sophie Thatcher (« Yellowjackets », « MaXXXine », « Companion ») et la révélation de « May December », Charles Melton.

HISTOIRES DE LA NUIT © Le Pacte

06
HISTOIRES DE LA NUIT
Léa Mysius (france)

potentiel // compétition

Placé très haut dans le classement, l’un des deux films français dont on parlait le plus quand les investigations ont vraiment débuté. Après deux passages à la Semaine de la Critique (« Ava ») puis à la Quinzaine des Cinéastes (« Les Cinq Diables »), Léa Mysius s’empare du roman choral de Laurent Mauvignier pour sculpter un thriller rural aux confins de l’épouvante. Dans un hameau isolé de la France profonde, à La Bassée, on s’apprête à fêter les quarante ans de Nora. Son mari Bergogne et leur fille Ida s’activent, tandis que leur voisine artiste, Cristina, observe l’agitation. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent. À la tombée de la nuit, ce qui devait être une célébration bascule dans un cauchemar de séquestration. Ce huis clos sous tension, avec Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci et Paul Hamy, va exhumer le passé trouble de Nora, révélant une violence enfouie que personne n’aurait pu soupçonner.

05
PAPER TIGER
James Gray (états-unis)

potentiel // compétition

Comme l’impression que la plupart des insiders cannois s’amusaient en début de saison au jeu du « Qui va donc être notre Jarmusch 2026 » ? Comprendre une maladie contagieuse qui consiste à déceler dans les « gros » noms en lice pour Cannes lequel va recevoir sa missive « Cette année je te vois plutôt à Cannes Première qu’en compétition. C’est plus feutré et confort moins exposé… [Silence]… Allô ? ». Un jeu qui n’amuse ni moi ni personne. Donc quand a commencé à se répandre la rumeur comme quoi « Paper Tiger » le nouveau James Gray ne ferait pas partie de l’Officielle, je n’y ai d’abord pas cru avant de démarrer le gros des investigations. Nous voilà remis sur pied, avec l’Eglise au milieu du village, à l’orée d’une nouvelle sélection en compétition pour notre immense James. Après l’intimiste et autobiographique « Armageddon Time », il opère un retour aux sources électrique et délaisse la mélancolie des souvenirs pour renouer avec la sève de ses premiers chefs-d’œuvre, « Little Odessa » et « La Nuit nous appartient ». Un polar poisseux, tragique et familial, tourné dans la jungle urbaine du New Jersey. Deux frères, portés par l’énergie de l’espoir, tentent de s’extirper de leur condition en poursuivant un « Rêve Américain » qui semble enfin à portée de main. Mais l’opportunité qui s’offre à eux est un miroir aux alouettes : ils se retrouvent piégés dans l’engrenage d’une affaire trop belle pour être vraie, sous l’œil glacial de la mafia russe. Alors que la corruption et la violence se resserrent sur leur famille, le lien fraternel s’effiloche. Dans ce monde de terreur brute, la trahison, autrefois impensable, devient l’unique porte de sortie. Avec un parterre de stars : Adam Driver, Miles Teller et Scarlett Johansson.

04
FJORD
Cristian Mungiu (roumanie)

potentiel // compétition

Après la claque sociétale « R.M.N. », le grand maître de l’école roumaine, Cristian Mungiu (Palme d’Or 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ») s’exile pour la première fois loin de ses terres natales. Pour son premier film en langue anglaise, il pose sa caméra dans la minéralité glacée des fjords norvégiens pour disséquer, avec la précision chirurgicale qu’on lui connaît, les mécanismes de la suspicion et du choc culturel. Dans un village norvégien reculé, deux familles aux trajectoires différentes finissent par se lier d’amitié. L’une est suédo-norvégienne, l’autre est menée par Mihai, un expatrié roumain revenu s’installer dans le village natal de sa femme. Leurs enfants partagent la même école et, au départ, c’est la parentalité qui rapproche les adultes. Mais l’harmonie vole en éclats lorsque des divergences culturelles profondes sur l’éducation et les valeurs éclatent. La tension vire à la paranoïa quand des soupçons émergent au sein de la communauté. Un terrain de jeu idéal pour laisser Mungiu dissèquer avec sa précision habituelle les frontières de la vie privée et le poids du qu’en-dira-t-on dans les groupes de communautés. Le film s’appuie sur un duo d’acteurs exceptionnel et magnétique : Sebastian Stan (l’Américain est d’origine roumaine) et Renate Reinsve.

SOUDAIN © Diaphana

03
SOUDAIN
Ryusuke Hamaguchi (japon)

potentiel // compétition

Lui aussi aura un accent français. Après le triomphe de « Drive My Car » et son détour vénitien pour « Le mal n’existe pas », Ryusuke Hamaguchi s’est installé à Paris pour tourner son 10e long-métrage avec Virginie Efira dans le rôle-titre. Marie-Lou, directrice d’un EHPAD en banlieue parisienne, se bat pour imposer l’Humanitude, une méthode de soins révolutionnaire basée sur le regard et la tendresse, face à une administration rigide. Sa vie bascule lors de sa rencontre avec Mari Morisaki, une metteuse en scène de théâtre japonaise atteinte d’un cancer incurable. Entre ces deux femmes liées par un amour mutuel pour la langue de l’autre, naît une amitié bouleversante. Ensemble, elles vont transformer le quotidien de l’établissement et leur propre rapport à la finitude. Coécrit avec la franco-japonaise Léa Le Dimna, le film a déjà vu sa sortie française calée au 19 août 2026 par Diaphana. Coucou la Croisette.

02
MINOTAUR
Andrei Zviaguintsev (russie)

potentiel // compétition

Le retour aux affaires de l’un des réalisateurs en activité les plus respectés est un miracle cinématographique en soi, après avoir frôlé la mort suite à des complications liées au Covid et s’être exilé de Russie suite à l’invasion de l’Ukraine. Le second miracle qui se profile et qu’il n’ait rien perdu de son niveau puisqu’on l’annonce à son meilleur avec « Minotaur » son 6e long métrage tourné en Lettonie pour filmer les névroses de l’âme slave en exil. Gleb, un directeur d’entreprise russe dont l’autorité vacille, est sur le point de licencier massivement ses employés. Alors que son empire professionnel s’effondre, sa vie privée implose lorsqu’il découvre que sa femme entretient une liaison. Le film tiendra pour sûr le haut du panier (bien) garni de la puissante délégation du Losange qui vient d’apprendre que « Out of this World » d’Albert Serra ne pourrait pas être soumis à Thierry Frémaux et Christian Jeune cette année.

01
L’INCONNUE
Arthur Harari (france)

potentiel // compétition

Tout en haut. Forcément. Après l’épopée métaphysique « Onoda », l’un des plus grands films français du premier quart de siècle, puis revenu du sacre planétaire de « Anatomie d’une chute », Arthur Harari revient à la réalisation avec ce qui s’annonce comme le choc plastique et intellectuel de l’année. Un thriller fantastique et mental, né d’une collaboration fraternelle et d’une fascination pour l’actrice Léa Seydoux. Il s’en est encore récemment épanché. L’histoire remonte à septembre 2021. Arthur Harari et son producteur, Nicolas Anthomé (Bathysphère), se sont retrouvés par hasard au cinéma pour découvrir « France » de Bruno Dumont. En sortant de la projection, Harari confie avoir été « profondément désarmé » et fasciné par la performance de l’actrice. Il a immédiatement eu la conviction que le rôle principal de son prochain projet, devait être écrit spécifiquement pour elle. Librement adapté du roman graphique « Le Cas David Zimmerman » (qu’il a co-écrit avec son frère Lucas Harari), le film suit la trajectoire kafkaïenne de David (ce sera Niels Schneider), un photographe solitaire. Après une nuit de fête et une rencontre charnelle avec une femme mystérieuse, David se réveille le lendemain enfermé dans un corps qui n’est plus le sien : celui de cette inconnue. L’histoire de famille ne s’arrête pas là puisque Tom Harari s’occupera lui de la photo quand Laurent Sénéchal (presque de la famille sic) s’occupera lui du montage comme il l’a déjà sur tous les deux premiers films et ceux de Justine Triet.

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