2ème volet de la liste Wask des 100 films pour Cannes 2026
80
IN WAVES
Phuong Mai Nguyen (vietnam, france) — 1er film
potentiel // un certain regard
Adapter le chef-d’œuvre graphique d’AJ Dungo, l’un des ouvrages les plus importants de ces dix dernières années (Prix Fnac-France Inter et en compétition à Angoulême) était un défi de taille, mais le pedigrée de cette production (Silex, Charades, Diaphana) et le talent de Phuong Mai Nguyen garantissent une confiance tranquille. Ce premier long-métrage d’animation nous transporte sous le soleil de Los Angeles, où la romance lycéenne entre AJ et Kristen, scellée par leur passion commune pour le surf, se transforme en un combat digne et déchirant contre la maladie. Porté par les voix de Lyna Khoudri et Paul Kircher (un duo idéal pour incarner cette jeunesse incandescente et pour promouvoir sur la Croisette cet événement animé), le film a déjà une date de sortie calée au 1er juillet 2026. Le timing est millimétré pour un lancement en Sélection Officielle avant pourquoi pas de rafler des prix à Annecy dans la foulée. On sait l’Officielle frileuse pour placer les films d’animation sur le haut de l’étagère. Gageons que « In Waves » saura percer le plafond de verre en s’octroyant une place de choix à Debussy.
79 ex-aequo
RACCOON
Michael Basta (états-unis) — 1er film
potentiel // quinzaine des cinéastes
Le gang d’Omnes Film continue de cartographier la mélancolie et l’absurdité des suburbs américaines. Après avoir cosigné le scénario de « Eephus » (Carson Lund) et officié comme premier assistant sur le film de Tyler Taormina « Christmas Eve in Miller’s Point », Michael Basta passe à son tour à la réalisation avec une proposition qui excite déjà les amateurs des pas de côté. Dans le rôle principal, l’inénarrable Tim Heidecker en commercial en publicité dont la vie bascule lors d’un banal congrès dentaire en Nouvelle-Angleterre. Écrit par Basta et mis en image par Carson Lund (qui troque ici sa casquette de réalisateur pour celle de chef opérateur), « Raccoon » est annoncée comme une odyssée nocturne à la structure proche du « After Hours » de Scorsese. Entre bars poisseux, zones commerciales désertes et quête de plaisirs interdits, le film promet de transformer un week-end professionnel en un cauchemar urbain inattendu et totalement unique. Si la Quinzaine des Cinéastes cherche son nouveau chouchou indie US, elle tient ici le candidat idéal.
79 ex-aequo
LOVE IS NOT THE ANSWER
Michael Cera (états-unis) — 1er film
potentiel // un certain regard
Michael Cera, figure de proue de la comédie indé et du mumblecore (« Superbad », « Juno »), franchit enfin le pas de la mise en scène. Produit par 2AM (le studio qui a le vent en poupe après les succès de « Past Lives » et « Babygirl »), le premier long-métrage de Michael Cera s’annonce comme une exploration douce-amère de la solitude moderne. Vendu par mk2, le projet promet d’osciller entre absurde et désespoir, une zone de confort que Cera l’acteur connaît par cœur, mais qu’il tentera ici de sublimer en tant qu’auteur. Le casting est un véritable aimant à flashs pour la Croisette : Jamie Dornan, Steve Coogan, Lucas Hedges et surtout Pamela Anderson. Après son retour fracassant et acclamé à Venise en 2024 dans « The Last Showgirl », la voir monter les marches pour un premier film aussi singulier serait à coup sûr l’un des grands moments de cette édition 2026.
78
JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE
Radu Jude (roumanie)
potentiel // quinzaine des cinéastes — film d’ouverture
S’il y a un bien projet de Radu Jude qui peut lui permettre de revenir à Cannes par la grande porte c’est bien celui-là. Pour sa première collaboration avec Saïd Ben Saïd, le Roumain, qui vient de clore une année 2025 marathon (entre sa rétrospective au Centre Pompidou et les sorties de « Kontinental ’25 » et « Dracula »), et grand habitué des joutes berlino-locarniennes, s’empare de l’œuvre d’Octave Mirbeau. Le film suit Gianina (Ana Dumitrascu), une jeune immigrée roumaine travaillant pour une famille bourgeoise à Bordeaux, qui monte « Journal d’une femme de chambre » avec une troupe d’amateurs pendant son temps libre. Entre le drame social et la comédie grinçante, le cinéaste tisse un dialogue entre le texte classique et la réalité contemporaine de l’aliénation au travail et du racisme systémique accompagnée de Vincent Macaigne, Mélanie Thierry et Marie Rivière. Habitué des bancs de la Quinzaine pour y présenter certains de ses courts, on imagine bien Julien Rejl et son équipe de fins limiers sensibles à ce type de projet.

77
UN DÉTOUR PAR DIANE
Ann Sirot & Raphaël Balboni (belgique)
potentiel // quinzaine des cinéastes — film de clôture
Après avoir enchanté la Croisette avec leur dernière fantaisie « Le Syndrome des amours passées », d’aucuns penseront que le tandem belge Sirot/Balboni semble en passe de changer de registre. Jugez plutôt. Pour « Un détour par Diane », ils s’emparent des codes du western et du revenge movie pour traiter un sujet d’une gravité sourde : le viol subi par une mère dans sa jeunesse, découvert par sa fille des années plus tard. L’intrigue suit Diane (Ninon Borséi, fidèle du duo qui trouve ici son premier grand rôle), habitée par un désir de vengeance féroce, qui se heurte à la volonté de sa mère (Sandrine Blancke) de mettre ce sentiment sous silence. Entre celle qui veut exacerber la mémoire et celle qui veut s’en libérer, le film promet d’explorer le traumatisme intergénérationnel sous un angle inédit. Sous l’aile des Films du Fleuve (les frères Dardenne), et avec aussi Lucas Meister et Naidra Ayadi pour compléter le casting, le duo semble prêt à amender sa légèreté habituelle pour une tension dramatique plus brute, idéale pour une clôture de la Quinzaine.
76
IMPERIUM
Sergei Loznitsa (ukraine)
potentiel // quinzaine des cinéastes
Sergei Loznitsa est sans doute l’un des cinéastes vivants les plus « cannois ». Des grandes oeuvres fictionnelles en compétition jusqu’à ses témoignages documentaires le plus souvent consacrés à son Ukraine meurtrie, l’immense Loznitsa a son rond de serviette attitré. Avec « Imperium », il poursuit son travail d’archéologue du XXe siècle et s’appuie sur un trésor visuel inédit : des archives filmées entre 1970 et 1973 par un groupe de cinéastes italiens à travers toute l’Union soviétique. Le film s’annonce comme un voyage sensoriel et politique qui traverse l’immensité de l’URSS, des campements nomades d’Asie centrale à la Place Rouge, en passant par les villages isolés du Caucase et les confins de l’Extrême-Orient. À une époque où les velléités impériales ressurgissent tous azimuts, ce regard sur le passé « normalisé » de l’empire soviétique sonne comme une leçon de cinéma et d’histoire indispensable.
75
BENIMANA
Marie Clémentine Dusabejambo (rwanda) — 1er film
potentiel // un certain regard
Un projet dont vous n’avez pas fini d’entendre parler. Vous pourrez vous targuer de l’avoir découvert dans les 100 films Wask. Le travail sur « Benimana » démarre vraiment en 2020 avec le soutien du Doha Film Institute. À partir de ce moment-là, tous les interlocuteurs qui auront face à eux la cinéaste Marie Clémentine Dusabejambo témoigneront de sa détermination plusieurs années durant. Passé par les Ateliers de l’Atlas à Marrakech, la Fabrique des Cinémas du Monde à Cannes et récemment primé au Red Sea Souk en phase de post-production, « Benimana » prépare son arrivée sur la Croisette avec un élan impressionnant. Au-delà de la réconciliation et du traumatisme intergénérationnel, le film s’attache à montrer le « coût émotionnel » lié aux séquelles du génocide rwandais. Le récit s’ancre des décennies après le génocide des Tutsi. On y suit Veneranda, une survivante dévouée aux processus de réconciliation nationale, dont les certitudes volent en éclats lorsque sa fille lui annonce une grossesse inattendue. L’Officielle couve le film sans savoir encore si elle pourra lui octroyer une meilleure place qu’en sélection Un Certain Regard. Pour finir, tout un pays espère en faire un totem d’exemplarité. 90% de l’équipe technique est Rwandais. Une première pour un projet de cette envergure dans le pays.
74
LA BOLA NEGRA
Javier Calvo & Javier Ambrossi (espagne)
potentiel // compétition
Au numéro 74, un premier gros morceau qui tape à la porte de la compétition. Parmi la florissante colonie espagnole, j’ai nommé « Los Javis » le duo prodige composé de Javier Calvo et Javier Ambrossi, et adoubé par la critique internationale pour leur série « La Mesías ». Inspiré par l’une des pièces inachevées de Federico García Lorca, « La bola negra » tisse les destinées de trois hommes à trois époques charnières de l’histoire espagnole : 1932 (la naissance de la République), 1937 (le fracas de la Guerre Civile) et 2017 (l’Espagne contemporaine). Un récit de rois destins liés, soutenu par le tandem de feu Goodfellas/Le Pacte et qui réunira un casting stratosphérique : l’icône Penélope Cruz, la légende Glenn Close, la muse Lola Dueñas et la révélation musicale Guitarricadelafuente.

73
15/18
Cédric Kahn (france)
potentiel // compétition
Pour son 14e film, Cédric Kahn s’immerge dans une unité de pédopsychiatrie d’un hôpital public. À travers le quotidien de cette structure spécialisée dans l’adolescence, le cinéaste compte dresser un état des lieux sans concession de la prise en charge de la santé mentale de notre jeunesse en y explorant les maux contemporains : addictions, éco-anxiété, séquelles d’agressions sexuelles ou isolement. Après avoir commis l’un des actes fondateurs de la mandature Rejl à la tête de la Quinzaine (« Le Procès Goldman » avait ouvert sa première sélection en 2023), Cédric Kahn donnera lui-même la réplique dans « 15/18 » à Sophie Guillemin et à une jeune garde prometteuse menée par la révélation de « Diamant Brut » la Marseillaise Malou Khebizi. « 15/18 » inaugure la petite dizaine de films français listée cette année dans les « 100 » qui postulent sérieusement à la compète.
72
NOTRE SALUT
Emmanuel Marre (france)
potentiel // quinzaine des cinéastes
Après le succès de « Rien à foutre » (coréalisé avec Julie Lecoustre), Emmanuel Marre revient en solo avec un projet radicalement différent. Quittant l’ultra-contemporain des hôtesses de l’air low-cost, il plonge dans les archives sombres de l’histoire de France et de sa propre lignée. Septembre 1940. Henri Marre débarque à Vichy avec un manuscrit sous le bras : Notre salut. Inspiré par le parcours réel de l’aïeul du cinéaste, le film suit cet homme ordinaire, sans réseaux, qui tente de se faire une place dans les rouages du nouveau régime. Mais derrière l’ambition de « sauver la France » se cache surtout la nécessité de se sauver lui-même de sa propre débâcle personnelle. Pour incarner cet anti-héros tragique et complexe, le précieux Swann Arlaud pour habiter un récit qui choisit de regarder l’Histoire par le petit bout de la lorgnette : celui des subalternes et des silhouettes en arrière-plan sur les photos officielles. Avec Olivier Boonjing à la photographie (déjà remarqué pour son travail sur « Les Fantômes »), gageons que le film ne souffrira pas de la proximité thématique avec le récent succès de Xavier Giannoli « Les Rayons et les Ombres ».
71
MYSTIK
Azedine Kasri & Raphaël Quenard (algérie/france) — 1er film
potentiel // semaine de la critique — film d’ouverture
Débarrassé de ses essais de costume à franges pour « Johnny le biopic » de Cédric Jimenez, c’est un Raphaël Quenard libéré délivré prêt à dégainer son énergie gonzo dans « Mystik » son premier film de fiction coréalisé avec Azedine Kasri (issu de la famille Kourtrajmé). Raphaël Quenard, devenu en un temps record l’électron libre le plus convoité du cinéma français, repasse derrière la caméra (en tandem avec Azedine Kasri, dernier né de l’école Kourtrajmé). Coécrit avec Guillaume Scaillet, le film suit Lionel (Quenard lui-même), un policier municipal doux et un peu décalé, moqué par son village de Haute-Garonne. Quand son amour de jeunesse, Angèle, devenue une journaliste vedette, revient au pays, Lionel croit à une seconde chance. Pour ne pas la voir repartir, il commet l’irréparable : il kidnappe Mystik, le chat star de sa bien-aimée. Chez Le Pacte, l’équipe de Jean Labadie le promet « complètement barré et très libre » porté par un casting très identifié « grand public » (Cluzet, Bercot, Jemili) auquel on peut ajouter Magalie Lépine-Blondeau et Ragnar Le Breton. Passée la sélection – dirons-nous – iconoclaste en rubrique Cannes Classics l’an dernier pour son « I Love Peru », une ouverture en parallèles semble plus convenir à cette comédie animalière.
70
CHERCHEURS
Aurélien Peilloux (france) — 1er film
potentiel // semaine de la critique
Dix ans après un premier court présenté à la Cinef, Aurélien Peilloux vise un retour avec son premier long mis en boîte. Annoncé par Memento lors du dernier Marché du Film avec « un « regard inédit au cinéma sur le monde de la recherche », « Chercheurs » nous plonge dans l’arène impitoyable d’un laboratoire parisien de neurosciences. On y suit Agathe, une thésarde brillante dont l’ascension est freinée par une directrice de thèse toxique et un collègue aux desseins les plus troubles. Avec la photo de Jeanne Lapoirie et une distribution excitante, Galatéa Bellugi, Emmanuelle Devos et Stefan Crépon, le film de cet ancien de la Fémis garde une considération certaine chez les parallèles.
69
CLIFFHANGER
Jaume Collet-Serra (espagne)
potentiel // sélection officielle — séance de minuit
Voilà le genre de projet que l’on liste comme une incantation chamanique. Les inconnues sont encore nombreuses mais si le reboot d’une des grandes réussites mésestimées de Stallone en est une, c’est le shot d’adrénaline pure dont les séances de minuit doivent avoir droit. Trente-trois ans plus tard, la montagne gronde à nouveau. Ce nouveau « Cliffhanger » réalisé par l’Espagnol Jaume Collet-Serra s’appuie sur une histoire de la très « arty » Ana Lily Amirpour (« A Girl Walks Home Alone at Night ») pour bousculer les codes du genre. Le film déplace son action dans les Dolomites italiennes, où Ray Cooper (Pierce Brosnan) et sa fille sont pris en otages par une bande de ravisseurs. C’est à Naomi (Lily James la « Cendrillon » du Disney en live action et que l’on attend dans le prochain Takashi Miike), l’autre fille hantée par un drame passé, que revient la mission de les sauver dans un décor vertical vertigineux. Avec Franz Rogowski au casting (sans doute dans un rôle de vilain parfait), le film promet un mélange détonant entre action brute et tension psychologique.
68
LA BATAILLE DE GAULLE — PARTIE 1 : L’ÂGE DE FER
Antonin Baudry (france)
potentiel // hors compétition
Mes plus fidèles lecteurs se souviennent que j’ai fait partie des premiers à douter de la livraison du film en 2025 alors que de nombreuses listes de rumeurs et infos « vérifiées » continuaient d’en faire état. Après le succès foudroyant de son premier film « Le Chant du Loup », Antonin Baudry s’attaque au monument national avec une ambition que seul Pathé pouvait porter. Ce n’est pas seulement un biopic, c’est une fresque épique en deux volets qui entend redonner au « mythe » sa dimension de thriller politique et de récit d’aventure humaine. Le lancement en salles est déjà précisé. Le premier volet le 3 juin. Le second (« J’écris ton nom ») sortira quatre semaines plus tard début juillet. Adapté de la biographie de référence de Julian T. Jackson, ce premier volet (dont mon éminent confrère Yannick Vely de Paris Match l’annonce déjà avec une projection hors compétition salle Lumière pendant la deuxième semaine du festival) se concentre sur l’année zéro : juin 1940. On y suit l’ascension d’un général alors inconnu (incarné par Simon Abkarian) qui s’envole pour Londres sans troupes ni mandat, porté par la seule conviction d’une France Libre. Alors que l’on nous rassure depuis des semaines « pas d’hagiographie figée », Baudry a déployé un casting triple XXXL que demande ce type d’épopée (Niels Schneider, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, Karim Leklou, Mathieu Kassovitz, Loïc Corbery, Félix Kysyl, Kacey Mottet Klein, Thierry Lhermitte, Grégoire Colin) pour incarner non seulement l’entourage du Général, mais aussi l’éveil d’une résistance de l’ombre à Paris et Lyon.
67
LES SURVIVANTS DU CHE
Christophe Réveille (france) — 1er film
potentiel // sélection officielle — séance spéciale
L’histoire est digne d’un scénario de fiction. Après l’exécution de Che Guevara en Bolivie en 1967, trois de ses fidèles guérilleros entament une cavale désespérée de 2400 km à travers les Andes pour rejoindre le Chili. Pourchassés par 4000 soldats, ces « hommes de l’ombre » racontent pour la première fois cette incroyable chasse à l’homme au cœur de la Guerre Froide. Ce qui transforme ce documentaire en un véritable événement cannois, c’est son casting vocal. Vincent Lindon (pour la version française) et Benicio Del Toro (pour la version internationale) prêtent leur voix à ce récit de résilience. Quand on connaît l’attachement de Del Toro au personnage du Che (Prix d’interprétation en 2008) et la complicité de Lindon avec Thierry Frémaux, on imagine sans peine une séance spéciale en salle Agnès Varda.
66
OBJET A
Ann Oren (israël, allemagne)
potentiel // quinzaine des cinéastes
Après l’audacieux « Piaffe » (à Locarno en 2022), l’artiste visuelle Ann Oren confirme son statut de cinéaste du corps et du fétichisme avec un projet qui s’annonce comme l’un des plus sensoriels cette année. Passé par le FidLab, ce deuxième long-métrage poursuit son exploration d’une « nouvelle chair » à la croisée du surréalisme et de la mutation organique. Ingeborg est kleptomane, Adam est son complice. Après un vol qui tourne mal, Ingeborg se blesse et doit utiliser une béquille en acier et cuir de daim qui devient l’objet d’une obsession affective dévorante. L’arrivée de Mélanie, une jeune femme aux rituels mystérieux, va faire basculer le couple dans une dérive végétale et magique. Bientôt, le mobilier, les murs et les corps commencent à muter. Avec un casting européen pointu (Simone Bucio, Louis Hofmann, Aenne Schwarz, Georg Friedrich), « Objet A » promet une des expériences cinématographiques les plus étranges de l’année.
65
EVERYTIME
Sandra Wollner (autriche)
potentiel // un certain regard
Son nom commence à fleurir sur les listes de certains insiders plus ou moins biens informés. Me voilà en mesure de le confirmer à mon tour (depuis plusieurs jours déjà). « Everytime » le troisième film de l’Autrichienne Sandra Wollner a plus qu’impressionner les comités de sélection A-list. Le pitch ? Un an après la disparition de Jessie, sa mère et sa petite sœur accueillent chez elles son ex-petit ami — celui que tout le monde, dans le secret des regards, tient pour responsable de sa mort. Ce trio improbable s’envole pour Tenerife, pour ces vacances en famille qui n’ont jamais eu lieu, là où les frontières entre le passé et le présent s’effacent sous le soleil des Canaries. Pour ce récit, Sandra Wollner a choisi l’œil de Gregory Oke, à qui l’on doit la photo du chef-d’œuvre « Aftersun ». Il se murmure d’ailleurs que le film en partagerait la mélancolie vaporeuse et la puissance sensorielle. Dernière source d’excitation générale – et pas des moindres – le casting leadé par (la trop rare) Birgit Minichmayr (fidèle de Maren Ade et Haneke) dont on loue « une prestation qui fera date », promesse de nombreux prix et d’une renommée internationale enfin reconnue.
64
DU FIOUL DANS LES ARTÈRES
Pierre Le Gall (france) — 1er film
potentiel // quinzaine des cinéastes
Parmi les premiers films français convoités, un titre étonnamment absent de la plupart des listes de rumeurs : « Du fioul dans les artères » de Pierre Le Gall, lauréat du Prix du Scénario en 2024. Un mélo queer et charnel sur le bitume des aires d’autoroutes. Au milieu des 33 tonnes, la rencontre de deux routiers dont la solitude et la routine sont percutées par le destin, avec Alexis Manenti et le Polonais Julian Swiezewski.

63
GABIN
Maxence Voiseux (france) — 1er film
potentiel // acid
C’est le genre de projet au long cours qui rappelle la démarche d’un Richard Linklater ou d’un Sébastien Lifshitz. En suivant son « héros » pendant dix ans, Maxence Voiseux compte capter bien plus qu’une simple crise d’adolescence. Filmer l’érosion des rêves face au déterminisme social : dans le Nord rural, l’avenir de Gabin semble tout tracé. Il sera boucher, comme son père et ses frères avant lui. Mais derrière le tablier et les métiers de la viande, le jeune garçon cultive un désir d’ailleurs. Remarqué dans le très sélectif work-in-progress Les Arcs, ce premier long documentaire s’aventurera dans les salles françaises grâce au soutien de Bénédicte Thomas et de son équipe Arizona.
62
GIRL BEAST
Selma Sunniva (danemark) — 1er film
potentiel // un certain regard
Adapté du roman de Cecilie Lind, « Girl Beast » réinvente le mythe de Lolita en adoptant, cette fois, le regard de la proie. Sara est une « fille-animal », à la fois objet et sujet de désirs dévorants. À travers son éveil sexuel marqué par des traumatismes d’enfance et des relations dysfonctionnelles, le film va pouvoir explorer les zones grises du pouvoir, de l’obsession et de l’autodestruction. Comme son patronyme ne l’indique pas, l’une des figures les plus prometteuses du cinéma scandinave Selma Sunniva n’est autre que la fille de… Lars Von Trier. Côté casting la grande Trine Dyrholm (récemment consacrée dans la série « La Voisine Danoise » de l’Islandais Benedikt Erlingsson) donnera la réplique à Christian Tafdrup et Thure Lindhardt.
61
SHANA
Lila Pinell (france) — 1er film
potentiel // semaine de la critique — séance spéciale
Auréolé du prestigieux Prix Jean Vigo pour son formidable moyen métrage « Le Roi David », Lila Pinell retrouve sa muse Eva Huault pour donner une envergure de long-métrage à son héroïne fétiche, Shana. Bombe de vitalité indispensable à Cannes 2026 pour que ce soit un grand cru, « Shana » a la trentaine et une vie en forme de montagnes russes entre jobs précaires, deals et une passion toxique pour Moïse, son voyou de petit ami en cellule. Un dispositif comme parfait terrain de jeu pour donner libre jeu à la cinéaste adepte de la confrotation du naturalisme et du surnaturel. Soutenue depuis ses débuts par Emmanuel Chaumet via Ecce Films, le projet coécrit avec Catherine Paillé et Elie Wajeman a reçu un soutien de poids en la personne de Charles Gillibert et rejoindra les autres pépites du Losange au moment de sortir en salles.




« mon éminent confrère Yannick Vely de Paris Match l’annonce déjà avec une projection hors compétition salle Lumière pendant la deuxième semaine du festival »
Les avants-premières scolaires démarrent le mardi 26 mai, je mets donc un billet sur une projection cannoise en grande pompe du film d’Antoin Baudry le lundi 25 : https://pedagogie.ac-lille.fr/histoire-geographie/2026/03/31/la-bataille-de-gaulle-organisation-davant-premieres/
Par contre le film ne se focalise pas sur l’année 40, il va de 40 à 42.
Le Festival se terminant samedi 23 mai, votre hypothèse me paraît… compliqué. Mais merci pour votre lecture attentive !
Ah j’ai dit une grosse bêtise j’avais pas les dates du festival en tête 😀