100 films pour Cannes 2026 : Prologue

LES MISÉRABLES © Studiocanal

Le compte à rebours commence ici. Vous en avez pris l’habitude. L’excitation démarre avec le prologue des 100 films pour Cannes. Nous y voilà.

À cette date l’année dernière, qui aurait pu anticiper la trajectoire des futurs lauréats ? Qui aurait misé un kopeck sur le retour à ce niveau de Kleber Mendonça Filho, sur la présence d’Olivier Laxe en mode Mad Max Fury Rave ou sur l’éclosion de « Nino », le premier film de Pauline Loquès, qui lancerait un parcours sans faute depuis la Semaine de la Critique jusqu’aux César en passant par un plébiscite presse/public ? Et surtout, qui aurait pu prévoir le sacre de Jafar Panahi dont « Un simple accident », encore sans titre à l’époque, était gardé sous cloche dans le secret de la quasi-totalité des observateurs (à l’exception des lecteurs de cette liste).

Les 100 films comme miroir amoureux d’un « cannes addict »

Petit rappel des règles de cet exercice obsessionnel. Loin d’une simple course au chiffre ou d’une volonté d’afficher le meilleur taux de réussite lors des annonces de sélection, cette liste se veut une cartographie de la production du cinéma d’auteur français et international, sourcée à l’appui d’un réseau solide, construit année après après, dans à peu près tous les secteurs de notre chère industrie cinéma.

Mon ambition ? Vous proposer – pour la 15ème année déjà – un panorama qui respecte l’équilibre interne du festival. Il ne s’agit pas de lister 100 potentielles palmes. Aucun intérêt. Mais de refléter la réalité d’une sélection cannoise, toutes sections confondues (Officielle, Quinzaine, Semaine, ACID).

Pour comprendre la structure de la liste des 100, il faut analyser les contingents cannois de ces dernières années. Pour ne prendre exemple que sur 2025, les sections rassemblées totalisaient 114 longs métrages. Derrière ce chiffre, une alchimie précise que ma liste tente de reproduire.

Quelques stats de Cannes 2025 :

  • 32 premiers films,
  • 34 productions françaises,
  • Une place toute relative pour le documentaire (9) et l’animation (5),
  • Et une parité encore lointaine avec 35 réalisatrices mises à l’honneur.

C’est cette géopolitique des festivals, entre rapports de force industriels et irruption de newcomers, que je vous invite à vulgariser chaque début de printemps.

Kleber Mendonça Filho — Prix de la Mise en Scène 2025 © Pascal Le Segretain / Getty Images

Si ma liste est un inventaire du possible, elle commence souvent par un inventaire du renoncement. Thierry Frémaux a commencé par doucher quelques espoirs dans Variety cette semaine : ni « L’Odyssée » de Christopher Nolan ni « Digger » de Alejandro González Iñárritu (avec Tom Cruise) ne passeront par la case Croisette. On peut y ajouter l’éternelle arlésienne « The Way of the Wind » de Terrence Malick à qui on l’espère qu’il ne lorgne pas tout simplement sur la première palme post-mortem de l’histoire, et « Mimesis » de Kaouther Ben Hania qui n’en reprendra la production qu’après avoir achevé son impressionnant marathon médiatique autour de « La Voix de Hind Rajab ». Un calendrier qui rend sa présence cannoise impossible cette année.

Les nouveaux Claire Denis et Mia Hansen-Løve pas avant 2027

Plus frustrant, malgré les circonvolutions habituelles du boss cannois pour noyer le poisson, le « Disclosure Day » de Steven Spielberg ne sera pas de la fête. Pas plus que « Look Back » de Hirokazu Kore-eda attendu pour l’automne, ou le troisième volet de « Dune » de Denis Villeneuve qui confirme sa stratégie de se passer des festivals pour ses lancements planétaires. Quant à « Toy Story 5 », il restera bien au chaud chez Pixar jusqu’en juin.

Cette période de l’Avent cannois c’est aussi l’occasion de voir fleurir certains projets sur des listes de rumeurs qui ne sont même pas au début du commencement d’un tournage. Citons-en deux parmi tant d’autres : « The Soap Maker » de Claire Denis et « If Love Should Die » de Mia Hansen-Løve.

Même si une dizaine de titres sont d’ores et bloqués et confirmés en compétition, la date précoce de la conférence de presse a fini de mettre en ébullition un microcosme vendeurs, distribs et prods en burn-out quand encore plusieurs centaines de films rêvent de sélection à moins de deux semaines du début des annonces.

France/Bénélux : entre stratégie et contretemps

S’il est bien un territoire malmené c’est bien celui du paradis domestique. Même si les plus grands cinéastes internationaux – exilés ou en mal de deniers – se tournent vers nos dispositifs de production, les confirmations des titres français qui composeront la compétition s’arrachent souvent dans la nuit à quelques heures de la grand-messe frémaldienne.

Pour essayer de reprendre la main, certains studios montrent les muscles. Côté tricolore, le tableau est tout aussi mouvant. Studiocanal semble pour exemple bien décider à vouloir garder deux de ses (grosses) cartouches loin du Sud de la France, bloquant aussi bien « Les Misérables » de Fred Cavayé dont le casting donne le tournis (Vincent Lindon dans le rôle de Jean Valjean, Tahar Rahim celui de Javert, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe pour le couple Thénardier, Noémie Merlant en Fantine, Megan Northam en Cosette ou encore Vassili Schneider dans le rôle de Marius) que le très attendu « Changer l’eau des fleurs » de Jean-Pierre Jeunet avec Leïla Bekhti.

Un dernier pour la route dont il ne sera pas question dans les 100 films. « Coward » le nouveau film de Lukas Dhont, film d’époque très ambitieux ancré pendant la Première Guerre Mondiale, est passé tout récemment dans la catégorie « pas prêt à temps », ou pour les plus optimistes « encore plus en retard que Bi Gan à la même date l’an dernier ».

Une exergue pour le cas Ruben Östlund.

Alors qu’il a lui-même fait savoir dès les premiers jours 2026 que les délais seraient trop courts pour dévoiler en mai « The Entertainment System Is Down », une folle rumeur a couru en coulisses ces derniers jours avec un coup de théâtre dans les tuyaux.

Il n’en est rien. Il faudra bien attendre 2027 pour que le Suédois brigue une incroyable troisième palme de rang.

Transition toute trouvée. Même s’il n’est pas ici question de se projeter plus loin que nécessaire, mais si l’on parle des absents, autorisons-nous à saliver d’avance sur Cannes 2027. Imaginez un tapis rouge où se croiseraient Ruben Östlund et les nouveaux opus des palmés Justine Triet, Nuri Bilge Ceylan, Sean Baker ou Apichatpong Weerasethakul.

Sans oublier MHL et Tata Claire sus-citées, Emmanuelle Bercot, Bertrand Bonello, Arnaud Desplechin, Emmanuel Mouret, Vincent Le Port, Todd Haynes et les retours annoncés de Dolan et Carax.

Les 100 films pour Cannes 2026, comment que ça marche ?
Du 30 mars au 3 avril, retrouvez sur (le tout nouveau tout beau) Wask un nouvel épisode chaque jour avec 20 nouveaux films dévoilés.
Mais ça, vous en avez l’habitude.
À lundi.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Précédent

Les Étoiles Wask 2025

Suivant

100 films pour Cannes 2026 : classement de 81 à 100

Don't Miss

100 films pour Cannes 2026 : Epilogue

Veillée d’armes #cannes2026 : les toutes dernières infos

100 films pour Cannes 2026 : classement de 1 à 20

Dernier volet de la liste Wask des 100 films pour