La compétition continue de passionner les foules de films en films entre déception et sursaut, l’émotion est partout et surtout où on ne l’attend pas !
NOUVELLE VAGUE
Richard Liklater (US) Compétition
On est clairement en présence d’un exercice fabuleux, une entreprise amoureuse sans égale dans l’industrie du cinéma d’aujourd’hui. Être un réal américain reconnu et apprécié par tous et se lancer à corps perdu dans l’aventure d’une reconstitution à Paris, en français avec tout un cast de quasi inconnus, du tournage du premier tournage de Godard derrière la caméra bien après les débuts de ses copains Truffaut, Rivette, Chabrol et autre Rohmer. C’est donc l’histoire d’une époque, celle de Paris centre du monde et berceau de la création libérée de tous les carcans. Difficile c’est vrai de ne pas être séduit par ce travail titanesque de grande nostalgie cinématographique mais lui pardonnera-t-on de porter les stigmates du film le plus classique et consensuel de la compétition quand on s’appelle Nouvelle Vague ? Mention toute particulière à Guillaume Marbeck en Godard réincarné à la seule place qui faille celle de l’audace. Moteur Raoul. Ça tourne Jean-Luc.
cannes 2025 // compétition // arp sélection // le 8 octobre au cinéma
BAISE-EN-VILLE
Martin Jauvat (Fra) Semaine de la critique
Nouvelle version longue et bi-fluorée signée Martin Jauvat, l’upgrade est général avec le passage dans la grande maison Le Pacte. Mieux construit et allégé des circonvolutions de Graand Paris, ce nouveau titré Baise-en-ville gagne pour l’occasion quelques guests au pédigrée confirmé (Géraldine Palhas et Michel Hazanavicius) mais y perd une candeur des débuts avec les fragilités qu’on accepte encore. Un pitch « jauvatien » : Sprite, 25 ans, doit absolument trouver un job. Mais pour travailler , il faut le permis et pour se payer le permis, il faut un emploi… Finalement, il se fait engager par une start-up spécialisée dans le nettoyage d’appartements après des fêtes ; mais comment aller travailler tard la nuit sans moyen de transport dans une banlieue mal desservie ? Sur les conseils de sa monitrice d’auto-école , il s’inscrit alors sur une application pour séduire des jeunes femmes habitant près de ses lieux de travail. Un seul problème : Sprite n’est pas vraiment un séducteur. Alors il y a certainement une excellente BD à tirer de tout cela, mais un bon film abouti ? Mention toute spéciale pour Emmanuelle Bercot dont il faudra se rappeler de la perf dans le momentum César.
cannes 2025 // semaine de la critique // le pacte // prochainement en salle
LA DANSE DES RENARDS
Valéry Carnoy (Bel) Quinzaine des Cinéastes
La boxe sport ultime du cinéma, nouvelle preuve avec La Danse des renards, solide évocation de la santé mentale dans les écuries de haut niveau dans le premier film du Belge Valéry Carnoy. Dans un internat sportif, Camille, un jeune boxeur virtuose, est sauvé in extremis d’un accident mortel par son meilleur ami Matteo. Alors que les médecins le pensent guéri, une douleur inexpliquée l’envahit peu à peu, jusqu’à remettre en question ses rêves de grandeur. Un pas de côté salutaire après une foultitude de projets sur les Violences Sexistes et Sexuels (VSS) dans le sport plus ou moins réussies. Ne comptez pas ravir la ceinture poids coqs de Samuel Kircher, impressionnant de justesse et de puissance dans le rôle du nouveau grand boxeur de demain.
cannes 2025 // quinzaine des cinéastes // jour2fête // prochainement en salle
EDDINGTON
Ari Aster (US) Compétition
Mai 2020 à Eddington, petite ville du Nouveau-Mexique, la confrontation entre le shérif et le maire met le feu aux poudres en montant les habitants les uns contre les autres, alors que la crise Covid bat son plein, l’affaire George Floyd gronde et qu’une élection municipale pointe le bout de son nez entre les deux rivaux… La projection d’Eddington, l’un des événements attendus de Cannes cette année, la première fois pour Ari Aster sur la Croisette, avec son casting quatre étoiles Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Austin Butler et Emma Stone, a donné lieu ce que l’on n’avait pas encore eu droit. Celle d’une Croisette coupée en deux entre les pros et les anti Eddington, avec ses fans déçus et ses sceptiques revigorés. Ari Aster continue de brûler à petits feux les derniers espoirs d’une société américaine à terre. C’est covidé, acide, puéril, étouffant, grotesque et électrisant à souhait. Et donc tout à sa place en compétition du plus grand festival de cinéma du monde. Cerise sur le gâteau, une scène détonatrice avec la plus belle utilisation de « Fireworks » depuis De rouille et d’os d’Audiard.
cannes 2025 // compétition // metropolitan // le 16 juillet au cinéma






